Grande nouvelle,
Stigmata, sans doute l'un des films les plus pourris de l'Histoire du cinéma, aura sa suite. Car après tout, même les navets ont le droit de surfer sur la vague du "je m'en mets plein les poches".
La suite tant attendue devrait être écrite par Sean Hood, sombre scénariste de seconde zone responsable entre autres méfaits de
Halloween résurrection et
Cube 2. La production respecte donc à l'évidence le label qualité du premier volet, ce qui ne sera pas pour déplaire aux nanarophiles.
On vous tiendra au courant des avancées du projet, si on y pense...
Retrouvez notre critique de Stigmata pages suivantes...
Frankie mène une vie sans histoire entre son boulot, son compagnon et ses copines
de sorties. Jusqu’au jour où sa mère lui envoie du Brésil un rosaire volé sur la
dépouille de l’ancien prêtre de Belo Quinto. L’existence de Frankie sombre alors
dans l’horreur. Elle est victime de plusieurs phénomènes dont elle ne peut expliquer
les circonstances.
Stigmata est issu du regain d’intérêt des spectateurs pour le film de genre.
Doté d’un budget de 32 millions de dollars, le film en a récolté 50 sur le sol
américain et près de 90 dans le reste du monde. Un beau succès commercial inattendu.
Les amateurs seront comblés par cette histoire mystico-horrifique. Les autres seront
peut-être divertis, certains agacés par la réalisation et les effets du cinéaste
Rupert Wainwright tout droit sorti du clip vidéo. D’ailleurs le montage complètement
allumé dès les premières séquences tourne la tête (et le ventre) et on espère que
ces tics vont stopper assez rapidement. En fait le réalisateur calme ses ardeurs et
tente de mettre en images un scénario sympatoche, conventionnel mais relativement
riche en sursauts (à défaut de rebondissements) et se repose sur le jeu des
comédiens. La divine Patricia Arquette est ici sous l’emprise d’une force qui
échappe vraisemblablement à tous sauf à Gabriel Byrne (toujours classe) qui la même
année incarnait un prêtre dans Stigmata et Satan dans La Fin des
temps. Quant à Jonathan Pryce, il excelle toujours dans les rôles machiavéliques
ici en revêtant la robe d’un Cardinal prêt à tout pour défendre sa conception de
l’Eglise.
Bon film fantastique, Stigmata remplit le cahier des charges. Bien emballé,
le public n’ira pas chercher plus loin. Les frissons sont au rendez-vous-même si la
réalisation pêche par trop d’excès et quelques effets tombent souvent à plat.
Qu’importe, on se laisse prendre au jeu durant 1h35. Le spectateur plus pointilleux
s’intéressera aux dessous du Vatican et à la face cachée de l’église. Le point de
vue est plutôt critique envers l’institution religieuse ce qui est en soit une
surprise pour un film américain d’habitude respectueux. On sort quelque peu des
sentiers battus et du politiquement correct en nous livrant une critique moderne de
la religion et de son influence.
Stigmata pose les bases de quelques idées originales mais ne parvient jamais
à les développer et donc à les conclure. Le film ressemble à un enchaînement de
scènes plus ou moins réussies mais sans atteindre un véritable climax... à part
peut-être la scène d’exorcisme finale, techniquement impressionnante. Longs ralentis
(Patricia Arquette marchant dans la rue), abus de la musique (David Bowie, Björk,
Massive Attack), machine à vent et à pluie artificielle abondante, stroboscope à
répétition lors des scènes de crise de Frankie, Wainwright souhaite en mettre plein
la vue (et les oreilles) via une esthétique un peu trop poussée heureusement en
partie oubliée par le jeu de solides comédiens. Efficace, parfois absurde mais
honnête dans ce qu’il vend, Wainwright signe un film qui n’a nulle autre prétention
que celle de divertir son public. On ne croule pas sous une abondance d’effets
spéciaux inutiles, le cinéaste préférant miser sur l’efficacité brute afin de mieux
sensibiliser les spectateurs. On a déjà vu bien pire.
Techniquement soigné, Stigmata est une alternative à La Fin des tempssorti la même année, deux concepts mettant la religion à l’avant-plan avant l’an
2000. L’heure était aux bilans, aux bugs mais surtout à l’Apocalypse.