Par LT - publié le 13 février 2008 à 09h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h58 - 13 commentaire(s)
Grande nouvelle, Stigmata, sans doute l'un des films les plus pourris de l'Histoire du cinéma, aura sa suite. Car après tout, même les navets ont le droit de surfer sur la vague du "je m'en mets plein les poches".


La suite tant attendue devrait être écrite par Sean Hood, sombre scénariste de seconde zone responsable entre autres méfaits de Halloween résurrection et Cube 2. La production respecte donc à l'évidence le label qualité du premier volet, ce qui ne sera pas pour déplaire aux nanarophiles.

On vous tiendra au courant des avancées du projet, si on y pense...

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Frankie mène une vie sans histoire entre son boulot, son compagnon et ses copines de sorties. Jusqu’au jour où sa mère lui envoie du Brésil un rosaire volé sur la dépouille de l’ancien prêtre de Belo Quinto. L’existence de Frankie sombre alors dans l’horreur. Elle est victime de plusieurs phénomènes dont elle ne peut expliquer les circonstances.


Stigmata est issu du regain d’intérêt des spectateurs pour le film de genre. Doté d’un budget de 32 millions de dollars, le film en a récolté 50 sur le sol américain et près de 90 dans le reste du monde. Un beau succès commercial inattendu.

Les amateurs seront comblés par cette histoire mystico-horrifique. Les autres seront peut-être divertis, certains agacés par la réalisation et les effets du cinéaste Rupert Wainwright tout droit sorti du clip vidéo. D’ailleurs le montage complètement allumé dès les premières séquences tourne la tête (et le ventre) et on espère que ces tics vont stopper assez rapidement. En fait le réalisateur calme ses ardeurs et tente de mettre en images un scénario sympatoche, conventionnel mais relativement riche en sursauts (à défaut de rebondissements) et se repose sur le jeu des comédiens. La divine Patricia Arquette est ici sous l’emprise d’une force qui échappe vraisemblablement à tous sauf à Gabriel Byrne (toujours classe) qui la même année incarnait un prêtre dans Stigmata et Satan dans La Fin des temps. Quant à Jonathan Pryce, il excelle toujours dans les rôles machiavéliques ici en revêtant la robe d’un Cardinal prêt à tout pour défendre sa conception de l’Eglise.


Bon film fantastique, Stigmata remplit le cahier des charges. Bien emballé, le public n’ira pas chercher plus loin. Les frissons sont au rendez-vous-même si la réalisation pêche par trop d’excès et quelques effets tombent souvent à plat. Qu’importe, on se laisse prendre au jeu durant 1h35. Le spectateur plus pointilleux s’intéressera aux dessous du Vatican et à la face cachée de l’église. Le point de vue est plutôt critique envers l’institution religieuse ce qui est en soit une surprise pour un film américain d’habitude respectueux. On sort quelque peu des sentiers battus et du politiquement correct en nous livrant une critique moderne de la religion et de son influence.

Stigmata pose les bases de quelques idées originales mais ne parvient jamais à les développer et donc à les conclure. Le film ressemble à un enchaînement de scènes plus ou moins réussies mais sans atteindre un véritable climax... à part peut-être la scène d’exorcisme finale, techniquement impressionnante. Longs ralentis (Patricia Arquette marchant dans la rue), abus de la musique (David Bowie, Björk, Massive Attack), machine à vent et à pluie artificielle abondante, stroboscope à répétition lors des scènes de crise de Frankie, Wainwright souhaite en mettre plein la vue (et les oreilles) via une esthétique un peu trop poussée heureusement en partie oubliée par le jeu de solides comédiens. Efficace, parfois absurde mais honnête dans ce qu’il vend, Wainwright signe un film qui n’a nulle autre prétention que celle de divertir son public. On ne croule pas sous une abondance d’effets spéciaux inutiles, le cinéaste préférant miser sur l’efficacité brute afin de mieux sensibiliser les spectateurs. On a déjà vu bien pire.


Techniquement soigné, Stigmata est une alternative à La Fin des tempssorti la même année, deux concepts mettant la religion à l’avant-plan avant l’an 2000. L’heure était aux bilans, aux bugs mais surtout à l’Apocalypse.
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