Par - publié le 27 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 27 octobre 2009 à 11h46 - 0 commentaire(s)
The Cove (La Baie de la honte) est le premier film de Louie Psihoyos, réalisateur américain d'origine grecque. Considéré comme l'un des plus grands photographes du monde, il a signé des centaines de couvertures de revues comme Smithsonian, Discover, Time, Newsweek, The New York Times Magazine... Le cinéaste a tourné plusieurs documentaires pour la télévision avant d'entendre parler de Richard O'Barry et de s'engager avec lui pour une aventure hors du commun à Taijin, au Japon.


Comment le projet est né ?
En 2005, j'ai fondé l'Ocean Preservation Society et j'ai commencé à participer à plusieurs conférences scientifiques sur le monde marin, dont certaines qui étaient vraiment ennuyeuses. Un jour, j'ai remarqué que les organisateurs avaient refusé l'entrée à Richard O'Barry et je suis allé lui parler pour savoir pourquoi tout le monde avait l'air en colère après lui. Il m'a répondu qu'il entendait dénoncer le massacre des dauphins au Japon et le marché de la captivité. J'étais au courant pour les baleines mais pas pour les dauphins et surtout pas au Japon. C'est la deuxième économie mondiale. Comment était-ce possible ? Il m'a dit qu'il y retournait la semaine suivante et je l'ai suivi. Mon arrivée à Taijin était très étrange. Tout dans cette ville indique qu'il aime les dauphins et les baleines. Lorsque vous arrivez à l'entrée de la cité, il y a un panneau où il est écrit en anglais : "We love dolphins".

Il y a un contraste horrible...
Tout à fait. La baie de Taijin est située dans un parc national au centre de la ville. Les Japonais passent tous les jours à côté sans pouvoir s'y rendre à cause des agents de surveillance, des barbelés, des alarmes. On dirait un camp militaire, une forteresse. C'est la genèse de The Cove.



Qu'avez-vous dit aux autorités japonaises pour qu'elles vous laissent rentrer sur leur territoire ?
Nous avons fait rentrer beaucoup de choses illégalement. Nous devions cacher toutes les caméras et les accessoires. Ils se sont plus intéressés à nos autorisations administratives. Nous avions un hélicoptère miniature. Je crois que nous l'avons démonté pour le mettre dans 25 valises différentes ! Le fuselage par ci, les hélices par là...


Quel a été le moment le plus dangereux pendant la mission ?
Pour moi, c'est lorsque la police est arrivée dans le lagon. Mes pieds étaient dans l'eau et il y a eu un flash de lumière. En fait, les agents faisaient des allers-retours et leur surveillance était loin de nous. Mais à un moment, je me suis dit : "nous sommes pris !"



Que répondez-vous aux gens qui viennent vous voir pour vous demander pourquoi vous ne vous battez pas autant pour les poulets, les cochons et les poissons que nous consommons chaque jour ?
Premièrement, les dauphins sont des animaux sauvages. Mais surtout, leur chair est atteinte d'une dose de mercure très élevée, plus de 500 fois ce que préconise la loi ! Si ma nourriture est toxique, je ne devrais pas la manger. Lorsque nous tuons des cochons dans nos fermes, nous ne les torturons pas avant. Évidemment, c'est cruel. Je ne le nie pas. Mais la façon dont les dauphins sont traités avant d'être tués est inhumaine. Ils les terrorisent avant de les abattre.

Propos recueillis par Nicolas Schiavi
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