Par - publié le 29 mai 2006 à 10h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h56 - 7 commentaire(s)
Non content d'avoir réalisé les remakes de ses propres remakes, Takashi Shimizu fortifie la franchise The Grudge avec une suite attendue dans laquelle on retrouvera Sarah Michelle Gellar.



Souvent qualifié - à tort - d'opportuniste, Takashi Shimizu est un petit malin doublé d'un expérimentateur qui aime se mettre en danger. Avant de réaliser Marebito, expérience bizarre en DV qui revisite le mythe de l'enfant sauvage, Takashi Shimizu s'est ingénié à réaliser plusieurs versions de The Grudge, un thriller horrifique trop rapidement rangé dans les avatars post-Ringu alors qu'il n'est pas aussi simple et lisse que prévu. Tout commence en 1999. Takashi Shimizu signe un petit film destiné au marché vidéo (Ju-On) puis, l’année d’après, décide de sortir une suite (Ju-On 2). Deux succès qui donnent envie à Shimizu de réaliser un remake pour les salles de cinéma nipponnes: Ju-On : the grudge. En 2003, il fait également un remake de la sequel pour le marché vidéo (Ju-On : The grudge 2). Puis, enfin, le remake du remake avec The grudge US.
Proposé par Sam Raimi, le remake américain de The grudge se situe un cran au-dessus du film homonyme dont il s’inspire. C’est l’occasion pour les cinéphiles de découvrir la copie améliorée du film par le même réalisateur (Takashi Shimizu) avec les éléments du premier (structure narrative filandreuse, intrigues parallèles, distorsion de temps) en mieux. La version Soleil Levant (Ju-on) raconte presque la même histoire que celle de son remake US. Outre le plaisir immédiat provoqué par le frisson, la relecture est digne d'intérêt parce que Shimizu propose une histoire plus limpide mais pas pour autant moins alambiquée. Dans le remake, des acteurs américains (Sarah Michelle Gellar, Clea DuVall, Bill Pullman...) sont cordialement invités à venir se perdre au Japon. Dans l’original, il n’y a pas cette dimension corrosive où des étrangers sont perdus faute de repère et de communication. En revanche, dans les deux cas, l’angoisse naît de la répétition et de l’impression que quelqu’un les observe. Shimizu exploite des artifices plus ou moins inédits et les recycle avec une certaine efficacité.



En plongeant des personnages américains dans un environnement nippon auquel ils n’arrivent pas à s’acclimater, Shimizu s’amuse malignement à mettre en scène une sorte de Lost in translation à la sauce horrifique et agrémente son intrigue originelle d’une réflexion sur la solitude et la peur de l’étranger. La combinaison des deux pays est astucieuse : elle confère de fait une dimension subversive derrière ce remake bâtard qui ne se laisse pas avoir par les sirènes hollywoodiennes et tente d’imposer sa singularité dans un circuit aseptisé. Prisonnière d'un système qui peut lasser (on finit par trop bien les connaître, ces fantômes aux cheveux longs et au regard maléfique), cette relecture demeurait l’occasion pour Shimizu de se faire un passeport, non seulement pour lui mais également ses acteurs japonais, dont l’excellent Ryo Ishibashi (Audition, Suicide club).

Avec The Grudge 2 version US, Shimizu continue d'expérimenter comme un fou furieux puisque cette suite ne sera pas être conforme au Ju-On 2, mais se présentera comme une version alternative. On retrouvera Sarah Michelle Gellar, Amber Tamblyn et Jennifer Beals. Les premières photos sont disponibles et ne révèlent rien des intentions du réalisateur qui devrait surprendre de nouveau. Le résultat sera visible sur les écrans US le 20 octobre et en France le 27 décembre.

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