Par Florent Kretz - publié le 27 novembre 2008 à 18h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 19h58 - 0 commentaire(s)
Après un petit trip dans les festivals crasseux de l’Amérique profonde qu’il aime tant, le premier film du mélomane Steven Goldmann vient de débarquer directement dans les bacs et autres vidéoclubs aux Etats-Unis, où il fait actuellement un joli carton! Présentation d’un direct-to-DVD pas désagréable que l’on souhaite bientôt découvrir chez nous.



Tandis que beaucoup se demandent encore où se trouve le génie de la réalisation de Rob Zombie, la réponse devrait bientôt leur être amenée sur un plateau en argent puisque les essais de l’ancien métaleux aura fait des émules. En effet, le réalisateur aura remis au goût du jour non pas l’horreur cradingue à la patine 70’s, mais bel et bien le bon Hellbilly movie ! C’est tout du moins ce que laisse supposer cet étrange Trailer Park of Terror qui penche plus vers la déconnade bouseuse que vers le frisson pur et dur. Une étrange histoire tirant son inspiration d’une série d’anthologie fantastique éditée chez Imperium et qui, au lieu de se prendre au jeu du film à sketchs, se lance dans une intrigue complète. Aussi, si l’action générale se déroule dans un parc de caravanes et autres mobil-homes, l’histoire se découpera en deux temps : prenant pour base le massacre de l’intégralité du campement -majoritairement composé de dégénérés- par une jeune femme revancharde, les événements vacilleront suite au suicide de celle-ci. Plusieurs années plus tard, l’endroit est infréquenté suite aux multiples disparitions et on murmure même que, la nuit, toute la troupe réapparaît d’entre les morts pour se faire un petit casse-dalle !




Revenants putréfiés, rock’n’roll, gore, sexe débridé, les ingrédients choisis par Steven Goldmann semblent être parfaits pour une petite soirée pop-corn entre amateurs de bière ! Ancien clipeur pour Metallica et Bruce Springsteen, amateur de country dont il filme des tournées entières, le réalisateur s’est fait la main narrativement grâce à quelques épisodes de la série Missing Porté disparu entre 2004 et 2006. Redneck dans l’âme, il s’atèle aussitôt à cette adaptation que les succès, outre Atlantique, de la Maison des mille morts, The Devil’s Rejects ou encore de 2001 maniacs ont rendu possible. Reprenant tout ce qui pour lui résume le « real american horror movie », il s’attarde à décrire un microcosme puant dans lequel tous s’extasient de leurs propres psychoses et où les sévices sont légitimes et salvateurs. Prônant une attitude « born to be wild » découlant tout droit d’années dévouées à un mouvement hippie en pleine décrépitude, la clique monstrueuse se compose autant de freaks tous plus horribles les uns que les autres que de gens en quête d’une potentielle rédemption : à commencer par la mère de Norma, baptisée logiquement Jean, qui pense trouver son salut dans les performances de porno hardcore ! Interprétée par Priscilla Barnes, ce court rôle permet à l’ancienne James Bond Girl de se reconvertir dans les performances de victime des 70’s après ses apparitions dans The Devil’s Rejects et Ed Gein… Preuve de la filiation de Trailer Park of Terror avec les films de Rob Zombie, la donzelle extravertie s’amourache vaguement de l’un des fidèles du rocker : Lew Temple est lui aussi présent ! Logique lorsque l’on sait que l’acteur est devenu l’une des gueules les plus reconnaissables des amateurs de cinoche sanglant : suite à un arrachage de face par la famille Firefly, il enchaîna avec une apparition dans Massacre à la tronçonneuse : au commencement, une scène alternative de viol dans la version director’s cut de Halloween, se l’est joué autostoppeur unijambiste dans Reeker 2, a participé à House de Robby Henson et continue actuellement sa petite carrière de type à abattre !



Ici, il incarne Marv, sorte de tyran beauf du camping, grande gueule que seules craignent les minettes du camp : que ce soient Norma, Jean, la vieille obèse ou la masseuse asiatique, elles sont toutes terrifiées par ses excès de violence qui se terminent généralement par une collaboration avec le boucher cannibale du coin ! Tout ça sur quelques riffs de guitare, un junkie mariachi se chargeant personnellement de faire la bande son de ce jeu de massacre du haut de sa caravane ! Quant à la seconde partie ? Un car de délinquants menés par un jeune pasteur s’égare dans la région et se voit bientôt totalement immobilisé près des épaves… Charmés par l’apparition d’une Norma Jean sensuelle et amicale, ils accepteront de passer la nuit dans le motel de fortune ! Et la nuit s’annonce chargée puisque nos jeunes aux vices multiples (nymphomanes, toxicomanes, cleptomanes…) vont devoir se débarrasser de ces macchabés bien affamés ! Avec un thème pareil difficile de faire la fine bouche, tant le sujet semble s’adresser directement aux geeks et autre amateurs de chair fraiche. D’ailleurs, le film s’ouvre directement avec une discussion autour des plus grands films d’horreur de tous les temps. Les titres en jeu ? Massacre à la tronçonneuse, 2000 maniacs et Blackula ! Déjanté, franchement de mauvais goût, tendancieux et délibérément abruti, Trailer Park of Terror ne tend en aucun cas à renouveler le genre mais tout simplement à offrir le divertissement le plus gras possible ! Entre les blagues salaces, les organes arrachés et la bande son saturée, le film pourrait bien être un sérieux prétendant pouvant déloger Zombie Strippers de sa place de galette propice aux fins de soirées bien arrosées. Et vues les premières images, tout cela semble être en bonne voie !



Florent Kretz
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