Reparti injustement bredouille du dernier festival de Cannes,
Where the Truth Lies, d’Atom Egoyan, plonge les arcanes d’une Amérique propre en apparence, torturée à l’intérieur. Sensuel et brûlante, une œuvre impressionnante dont la bande-annonce est désormais disponible. Il sort dans nos salles le 30 novembre prochain. Joie.
Récapitulatif pour ceux qui auraient perdus le fil. On est en 1959. Lanny Morris et Vince Collins sont les comiques les plus célèbres des États-Unis. Ils savent aussi bien faire hurler de rire le public que l'émouvoir aux larmes lors d'un de leurs mémorables shows. Riches, puissants, populaires, ils sont à l'apogée de leur carrière, quand un événement terrible vient tout remettre en question. Un jour, une femme est mystérieusement trouvée morte dans leur suite…

Where the truth lies. Grosso modo, quand la vérité ment ou plus précisément lorsque les apparences sont trompeuses. Voilà ce que sous-tend le titre. Et le film, comminatoire et pourtant très doux (un peu comme tous les films du réalisateur), répond au rébus d'une intrigue policière, menée par une jeune journaliste intriguée, dont la résolution n'est pas le principal attrait. On le sait, le réalisateur n'est jamais aussi brillant que lorsqu'il s'aventure dans les ambiances bizarres et torves avec des personnages aux névroses sérieuses. Ici, il laisse exploser sa puissance créatrice au meilleur et rappelle sa déconcertante faculté à brasser un univers régressif, enfantin (voir le personnage d'
Alice aux pays des merveilles) et un monde pourri de l'intérieur (avec des zones d'ombre et des choses secrètes).
En sondant le charivari qui bouscule le mental de personnages coincés dans la spirale du mensonge et de la trahison, le cinéaste canadien livre présentement un grand petit thriller ténébreux, singulièrement classique dans sa structure mais bizarrement stimulant dans sa forme. Les acteurs, formidables (Alison Lohman, Kevin Bacon et Colin Firth) sont les gouttes d’eau qui font déborder le vase de superlatifs. Tout plein de qualités qui font qu’on en reparlera très prochainement. Régalez-vous.
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