La critique d'Excessif

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10_000_cinefr L'HISTOIRE : 10 000 ans avant notre ère, au coeur des montagnes... Le jeune chasseur D'Leh aime d'amour tendre la belle Evolet, une orpheline que sa tribu recueillit quelques années plus tôt. Lorsque celle-ci est enlevée par une bande de pillards, D'Leh se lance à sa rescousse à la tête d'une poignée de chasseurs de mammouths. Le groupe, franchissant pour la première fois les limites de son territoire, entame un long périple à travers des terres infestées de monstres, et découvre des civilisations dont il ne soupçonnait pas l'existence. Au fil de ces rencontres, d'autres tribus, spoliées et asservies, se joignent à D'Leh et ses hommes, finissant par constituer une petite armée.
Au terme de leur voyage, D'Leh et les siens découvrent un empire inconnu, hérissé d'immenses pyramides dédiées à un dieu vivant, tyrannique et sanguinaire. Le jeune chasseur comprend alors que sa mission n'est pas seulement de sauver Evolet, mais la civilisation tout entière...
Avec Le Jour d’Après, et les énormes blockbusters que furent Stargate et Independence Day, on l’attendait de pied ferme ce nouveau 10 000 de Roland Emmerich. Dans la catégorie énorme film préhistorique gorgé d’effets spéciaux hallucinants, l’œuvre se devait d’être monumentale. Le constat est malheureusement en demi-teinte entre vrais moments forts et des plaines creuses d’ennui. Retour sur un film imparfait au souffle inégal mais au capital sympathie bien présent.

10 000
Un film de Roland Emmerich
Avec Steven Strait, Camilla Belle, Cliff Curtis, Nathanael Baring, Tim Barlow, Joel Fry, Mona Hammond, Marco Khan, Reece Ritchie, Omar Sharif, Joel Virgel, Mo Zinal, Affif Ben Badra
Date de sortie : 12 mars 2008



10 000 ans avant notre ère, au coeur des montagnes... Le jeune chasseur D'Leh aime d'amour tendre la belle Evolet, une orpheline que sa tribu recueillit quelques années plus tôt. Lorsque celle-ci est enlevée par une bande de pillards, D'Leh se lance à sa rescousse à la tête d'une poignée de chasseurs de mammouths. Le groupe, franchissant pour la première fois les limites de son territoire, entame un long périple à travers des terres infestées de monstres, et découvre des civilisations dont il ne soupçonnait pas l'existence. Au fil de ces rencontres, d'autres tribus, spoliées et asservies, se joignent à D'Leh et ses hommes, finissant par constituer une petite armée. Au terme de leur voyage, D'Leh et les siens découvrent un empire inconnu, hérissé d'immenses pyramides dédiées à un dieu vivant, tyrannique et sanguinaire. Le jeune chasseur comprend alors que sa mission n'est pas seulement de sauver Evolet, mais la civilisation tout entière...

10 000 de Emmerich, c’est un peu le blockbuster que nous attendions pour s’en prendre plein la vue en ce début d’année un peu sage en la matière. Rappelons les faits, Roland Emmerich (Independence Day, Godzilla) veut nous faire sa Guerre du Feu à la sauce « bigger than life ». Pourquoi pas ?
La tribu de notre héros, D’Leh (Steven Strait) parle ainsi un anglais un peu cheap mais parfaitement compréhensible pour tous. Cette entorse à la grande histoire de l’homme n’est pas en soi rédhibitoire, il suffit de prendre 10 000 pour ce qu’il est, un grand divertissement, une super-BD ne cherchant pas à singer notre passé collectif. Outre la langue, on passera aussi sur cette gentille tribu aux dreadlocks fascinantes. Rappelons à nouveau que le film ne cherche pas à toucher la moindre vraisemblance historique, il propose une aventure à grand spectacle grand-public et ne s’adresse donc pas aux anthropologues purs et durs.



Les vrais problèmes sont ailleurs. Et on se demande bien pourquoi 10 000 n’arrive pas à atteindre le souffle épique qu’il devait clairement avoir. La réponse se situe sans doute en partie dans le scénario. Nous avons tous en tête des exemples comme 300, voire même Conan le Barbare, l’énergie de ce type de film tient à la puissance qu’ils ont à donner une ode à la force, à magnifier l’homme dans son environnement quel que soit la moralité de leurs actes. La beauté vient non seulement des effets spéciaux, mais bien entendu des jeux d’acteurs et de la mise en scène obligatoire du scénario.
Petit rappel, pour bien installer un héros et ses compagnons, il faut disposer d’une némésis, d’un "méchant" au moins aussi fort et imposant. Et c’est avec étonnement que nous devons bien avouer là l’une des faiblesses du dernier Roland Emmerich.
L’intrigue n’arrive pas à captiver l’attention au niveau du moindre ennemi en présence. Si les mercenaires, opposants à D’Leh, savent s’imposer avec un quota de « gueules » sympathiques. Que dire de leurs commanditaires ? Sans chercher à en révéler trop d’une intrigue un peu limitée, les « gros méchants » du film sont malheureusement sans charisme particulier. Ces fortes entités apparaissent assez tard dans le film, et en étouffent même la tribu des mercenaires qui auraient mérité un bien meilleur traitement – quand on voit Affif Ben Badra (une gueule du cinéma français) dans son rôle de meneur des cavaliers de la mort, on se dit que le traitement aurait pu être bien meilleur -.



Reste tout de même différentes générations d’acteurs qui pourraient bien plaire à une large palette de spectateurs, on pense au jeune Reece Ritchie jusqu’à la narration inspirée de Omar Sharif. Dans le rôle D’Leh, le jeune Steven Strait s’en sort plutôt bien avec un rôle à priori compliqué sur le papier. A ses côtés, nous trouvons la splendide Camilla Belle dans le rôle de Evolet. Sa présence à l’écran permet d’avoir un personnage de femme forte, pièce maîtresse vers un nouvel âge pour la tribu de nos héros. Sa complicité à l’écran avec D’Leh donnent un couple neuf et assez bien senti.
Pour clôturer cet avis, on rappellera que ce 10 000 m’aura fait pas mal pensé à un autre film des années 60, One Million Years B.C. avec Raquel Welch, le film de Emmerich rappelle beaucoup cette époque où Hollywood semblait captivé par les films mettant en scène monstres, dinosaures, et autres indigènes héroïques.



Aujourd’hui, on regrette que le tant attendu film épique ne soit finalement qu’un film à grand spectacle de plus, sans arriver à la cheville des meilleurs représentants récents du genre. Il reste néanmoins une œuvre massive avec son lot de séquences fortes (on pense à l’attaque dans la forêt) entre une esthétique de jeu-vidéo et le film tribal, et ses personnages attachants. La morale et le ton donné au film permettra à tout le monde d’apprécier convenablement ce divertissement bon-enfant. On évitera juste de recommander le film aux adeptes d’odyssées sauvages lyrico-poétiques, le dernier Emmerich se plaçant bien plus dans la continuité des œuvres naïves et au délicieux parfum exotique des années 60.

Vincent Martini

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