La critique d'Excessif

2/5
Affiche du film 12 Rounds L'HISTOIRE :

Lorsque Danny Fisher réussit à appréhender Miles, un redoutable voleur, celui-ci est sur le point de s'enfuir avec un butin de plusieurs millions de dollars. Au cours de l'opération, la fiancée du braqueur est tuée accidentellement.
Après s'être échappé de prison, le génie criminel décide de se venger en obligeant Danny à réussir douze épreuves, douze rounds pour sauver la vie de sa propre fiancée.
Torturant son intelligence autant que ses capacités physiques, Miles n'épargne aucun piège à Danny. Chaque nouveau round oblige le policier à traverser la ville à un rythme infernal, mettant en danger la vie d'innocents, transformant voitures et bateaux en véritables armes de destruction massive... A chaque round, les risques augmentent et le moindre faux pas peut s'avérer mortel. La course contre la montre commence...

Un spectacle efficace, sans grande âme.
Dans les années 90 Renny Harlin était l’un des réalisateurs d’action les plus demandés : Die Hard 2, Cliffhanger... Mais le plantage au Box Office de L’Ile aux Pirates en 1995 et le score décevant de son meilleur film l’année suivante (Au Revoir à Jamais) altérèrent pour toujours le pouvoir du réalisateur Finlandais dans l’industrie Hollywoodienne. Les années 2000 témoignent de cette longue descente aux enfers avec une accumulation d’échecs publics comme critiques (Driven, Mindhunters, L’Exorciste au commencement, Cleaner). Son nouvel opus, 12 Rounds inversera t-il la tendance ? Pas si sûr...





John Cena, star du catch américain, aperçu dans The Marine, interprète le flic Danny Fisher. Homme physiquement impressionnant, Fisher va devoir courir en suivant des indices posés ici et là pour sauver sa dulcinée des griffes du dangereux Miles. On peut déjà voir que le script écrit par Daniel Kunka, dont ce sont les débuts, n’offre aucune originalité. On pense à Speed, Die Hard 3… La liste est longue ! Malheureusement pour 12 Rounds, on se dit qu’il aurait dû être réalisé dix ans auparavant. La véritable place d’Harlin se trouve dans cette époque où l’on pouvait réaliser des films d’action avec dextérité et être adulé pour. Désormais, le cinéma d’action s’auteurise, se solidifie pour nous offrir des spectacles qui arrivent à convaincre le cinéphile à la dent dure et le spectateur lambda, amateur de scènes de destruction massive. Christopher Nolan ou Bryan Singer en sont les figures de proue. Sur ce terrain là, 12 Rounds apparaît très démodé. Acteur impressionnant pour ses biscotos et non pour ses talents de comédiens, scènes de destruction… Tout est en place pour vous faire passer un moment délicieusement nineties. Mais est-ce que ça tente encore quelqu’un ?

 


Voilà le gros défaut de Harlin : ne jamais arriver à être dans son époque. Il reste sur ses acquis. Bien sûr, il lui reste une certaine faculté à torcher des séquences bourrines mais convaincantes (la scène du camion de pompiers, celle de l’ascenseur ou encore celle du tramway…) mais est-ce suffisant pour éviter le direct to dvd ? Pas sûr ! Tout comme son Cleaner avait dix ans de retard, 12 Rounds se prend les pieds dans le tapis dès qu’il s’agit de construire un suspense pesant tant sa direction d’acteurs reste en surface. On ne peut faire jouer à un catcheur des émotions profondes tout en lui faisant grimper un immeuble de vingt étages. Pour cela il aurait fallu approfondir ses scènes introductives entre le policier et sa femme par exemple. Le réalisateur finlandais n’est pas aidé en cela par le scénario malheureusement peu fouillé. Et c’est aussi cela le problème de Harlin ces dernières années : il n’a plus accès aux scénarii dits "hot". A la traîne d’un business qui n’autorise pas les échecs, Harlin ne peut ainsi se renouveler.

Il lui reste néanmoins de beaux restes issus de ses précédents longs métrages mais depuis quelques années il a pris la mauvaise habitude d’utiliser des effets de montage visuellement monstrueux (flashs et décadrages dans tous les sens). Dans ce domaine là, Uwe Boll n’est pas loin ! Que reste t-il donc à se mettre sous la dent ? Un spectacle efficace, sans grande âme, qui vous fait passer d’une étape à l’autre sans s’embarrasser de vraisemblance qui vaut essentiellement pour la carrure impressionnante de John Cena et certaines scènes paroxystiques sympathiques. 12 Rounds aurait plus sa place sur les étalages des magasins DVD mais si vous voulez profiter de la climatisation d’une salle de ciné cet été, pourquoi pas ? En revanche à 50 ans il serait temps pour Mr Harlin de faire une introspection afin de changer quelques mauvais tics acquis au fil des années. Cela lui permettrait peut-être d’avoir accès à de meilleurs projets à Hollywood. Qui sait ?

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