Suite au succès (surprise) du film de Rob Cohen en 2001, on n’est franchement pas étonné de voir à nouveau débarquer les bolides de
Fast and Furious. Seulement voilà entre les deux films, le principal attrait du premier opus (exception faite des voitures évidemment) à savoir le charismatique Vin Diesel s’est fait la malle et a embarqué son réalisateur et principal instigateur du projet, Rob Cohen, vers de nouveaux (funestes) horizons (
XxX). Pour conduire les rennes de cette suite, on se retrouve donc avec John Singleton. Un choix qui pourrait être étonnant pour un ancien grand espoir au rayon cinéaste engagé et talentueux (la claque
Boyz'N the Hood) mais qui s’avère logique au vu des prétentions artistiques minimalistes du réalisateur depuis pas mal d’années (avec en point de mire son dernier film,
Shaft). A la tête d’un budget des plus confortables (76 millions de dollars, soit le double du premier film), on attendait donc que Singleton fasse au moins honneur à une suite au titre exponentiellement gonflé :
2 Fast 2 Furious. Il n’en est malheureusement rien !
Paul Walker, de retour dans 2 Fast 2 Furious 2 FAST 2 FURIOUSRéalisateur : John Singleton
Acteurs : Paul Walker, Tyrese, Eva Mendes, Cole Hauser, James Remar, Devon Aoki
Durée : 1h 45
Sortie : 18 juin 2003
Devenu le champion incontesté des courses illégales à Miami, l’ex-flic Brian O’Connor (Paul Walker) est arrêté suite à un de ses nombreux exploits. Obligé de coopérer avec la police, il fait appel à un de ses vieux amis avec qui il est resté en froid pour tenter de se faire engager comme pilote attitré de Carter Verone (Cole Hauser), un puissant baron de la drogue.A croire que les réalisateurs se suivent et se ressemblent. Si Rob Cohen avait su magnifiquement massacrer le potentiel de son film en s’éloignant finalement assez vite de l’univers pourtant haut en couleurs des courses à base de voitures bigrement customisées, pour s’appuyer avant tout sur un scénario ersatz du
Point Break de Kathryn Bigelow, John Singleton fait encore plus fort ! Hormis une séquence d’ouverture franchement réjouissante (sans doute la meilleure course – scène d’action des deux films réunis) qui le voit améliorer les tentatives visuelles instaurées dans le premier opus (on ressent encore mieux les sensations grisantes de vitesse grâce à des astucieux mouvements de caméra assistés par ordinateur), le réalisateur se contente de mettre en scène une banale et insipide histoire policière. Loin du concept espéré qui nous aurait ENFIN fait découvrir ce monde de vitesse, de bruit et de fureur, on doit se contenter d’une sorte de pilote de luxe d’une quelconque série américaine qui privilégierait les cascades automobiles.
Cole Hauser dans le rôle du méchant très méchantGaspillant le budget archi confortable que les producteurs lui ont alloué (les 76 millions ne sont visiblement pas sur l’écran), John Singleton tente en vain de trouver l’inspiration dans des univers qui ont fait leurs preuves. Pas étonnant alors que certains passages du film font irrémédiablement penser (en moins excitant hélas) à des parties endiablées de
GTA Vice City, l’air de Miami n’y étant visiblement pas pour rien. Mais ce que le père Singleton a sans doute oublié, c’est que le célèbre jeu vidéo possède un canevas, une ligne directrice solidement établi, ce qui est loin d’être le cas de
2 Fast 2 Furious. Effectivement, difficile d’épater la galerie avec un énième buddy-movie surtout quand les comédiens vedettes ont aussi peu d’envergure et de charisme que Paul « je ne serais jamais une star » Walker et Tyrese (même Vin Diesel dans
Un homme à part en impose plus, c’est dire !) et que leurs dialogues-situations ont été « écrits » par une paire de scénaristes aussi débutants que peu inspirés (une succession hallucinante de clichés).
Alors certes, les bagnoles sont plutôt belles et assez bien mises en évidence (surtout si on compare le résultat avec celui de
60 secondes chrono), les poursuites hautement improbables (le clou du spectacle avec une cascade que même Rob Cohen et Vin Diesel n’ont pas osé faire sur leur
XxX), la musique ou plutôt les tubes musicaux omniprésents ; mais il en faudrait nettement plus pour que
2 Fast 2 Furious échappe à ce qu’il est : un blockbuster estival boursouflé qui sans l’abattage d’un gros studio derrière aurait directement gagné une place de choix dans les rayons des vidéos club.