La critique d'Excessif

2/5
20thcenturyboys2_135 L'HISTOIRE : 2015. Quinze ans se sont écoulés depuis le Nouvel An Sanglant qu'Ami a fait subir au monde en suivant le cahier des prédictions de la Bande à Kenji. L'histoire officielle raconte que Kenji et sa bande sont les terroristes à l'origine de cette apocalypse, tandis qu'Ami est vénéré dans le monde entier comme un sauveur. Il prédit la fin de l'humanité et annonce que ne seront sauvés que ceux qui croient en lui.
Depuis la disparition de son oncle Kenji, Kanna mène une vie d'adolescente rebelle sous la tutelle de Yukiji qui peine à honorer sa promesse de veiller sur elle.
Après des années de recherches, l'un des membres de la bande découvre l'existence d'un « Nouveau Cahier des Prédictions », qui décrit entre autres cet événement : « En 2015, dans une église de Shinjuku, un sauveur se dressera pour défendre la justice et sera abattu par un assassin. ».

Qui est ce sauveur ?
À nouveau, le jugement dernier s'approche ...
Une déception qui possède encore d'aléatoires fulgurances.

Le projet 20th Century Boys, dont le premier film était sorti le 14 janvier 2009, était prévu sous forme de trilogie. C'est dans ce contexte qu'arrive sur nos écrans le second film de la saga toujours réalisé par Yukihiko Tsutsumi. Nous avions apprécié l'intrigue complexe du film précédent tout autant que son atmosphère rock et nostalgique si particulière issue des mangas de Naoki Urasawa.
20th Century Boys - Chapitre 2 : Le Dernier Espoir arrive ainsi après une attente logique de la part de tous les fans ; nous espérons tous une montée en puissance de la saga ainsi qu'une construction filmique plus aboutie que son inégal et passionnant grand-frère. L'exercice du second opus est un art ô combien difficile. La bande à Kenji triomphera-t-elle du redoutable Ami ? Pari réussi ?


Pour ce deuxième film d'un manga dorénavant culte (au moins au pays du soleil levant), nous gardons la même équipe. Yukihiko Tsutsumi est toujours à la réalisation, alors que nous retrouvons les survivants du nouvel an sanglant. C'est ainsi un plaisir de voir les acteurs vieillis et profondément changés après la tragédie d'il y a quinze ans. Otcho "Shogun" (Etsushi Toyokawa) prépare sa revanche du fond de la prison d'Umihotaru, tandis que Yukiji (Takako Tokiwa presque méconnaissable) veille sur la nièce du regretté Kenji, Kanna (Airi Taira). Comme l'annonçait les ultimes séquences de 20th Century Boys épisode 1, Kanna sera le personnage-clé de ces nouvelles aventures. Le teasing jouait son rôle à merveille, alors que le nouveau cahier des prédictions vient encore brouiller un peu plus le destin du monde.

Las, au moment du générique final, force est de reconnaître que les bonnes impressions ressenties lors du premier opus sont mises à mal par sa suite. Globalement, cette nouvelle adaptation cinématographique se poursuit sur les bases fortes déjà évoquées. Pourtant, à l'heure du bilan, les défauts se montrent étrangement plus visibles que les qualités.
Au niveau du montage image, on garde toujours une structure très cut, ce qui se traduit par une succession de séquences rapides, trop rapides parfois pour un récit qui a besoin de se déployer sur un temps étriqué (2h20 tout de même) en réduisant la caractérisation des nombreux personnages en présence. L'adaptation cinématographique d'une oeuvre est un exercice compliqué, et la compression des péripéties ne rend pas honneur à l'écriture complexe de Naoki Urasawa. Le style précis de l'auteur laisse ici place à une schématisation des personnages bien hésitante, alors que la mise en scène des séquences fortes (l'église du père Nitani, la visite de Ami à Kabuki-chô ...) fait preuve d'errances et de partis-pris déstabilisants (ralentis, accélérations dénaturant la puissance émotionnelle, passage d'une intrigue une autre à la logique trouble), surtout en comparaison du Nouvel An Sanglant et la propagation du virus de 20th Century Boys partie 1. Le phénomène est d'autant plus étonnant qu'on aurait pu penser que, le prologue passé, les films allaient s'élever en s'appuyant sur une diégèse plus fluide.

 


Dans ces circonstances, un non-lecteur du manga devra veiller à bien suivre un film relativement dense (tout comme le précédent) même si la psychologie des protagonistes est limitée, alors qu'un passionné du manga pourra pester contre une volonté de trop vouloir coller au matériau initial (le syndrome Sin City) sans avoir les moyens de rivaliser avec la richesse de trait de Urasawa. Peut-être fallait-il s'échapper bien plus ouvertement de l'histoire initiale pour trouver une autre identité plus cinématographique ? Certaines errances de casting n'aidant pas un film compliqué (Airi Taira au jeu bien trop limite pour Kanna, en passant par Eiko Koike une Takasu bien ridicule). Du semi-échec, il reste des représentations réussies. Ami-Land et ses gardiens allumés sont parfaitement dans le ton que nous attendions, certains acteurs sont physiquement proches de leurs homologues dessinés (père Nitani, Otcho, Yoshitsune, Sadakiyo ...), et les acteurs du premier film habitent leurs personnages avec une ferveur communicative.
A la vue du magnifique teaser du troisième film après le générique de ce chapitre 2, on se prend à espérer vibrer lors d'une conclusion excitante, sachant se montrer au niveau de toutes les qualités déjà entrevues. Le rendez-vous est pris dans quelques mois.

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Les notes des internautes

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    Réalisation
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    Acteurs
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