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2ème sous-sol

La critique d'Excessif

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2eme_soussol_cinefr L'HISTOIRE : Le français Alexandre Aja s'est récemment imposé aux Etats-Unis comme le nouveau maître du suspense et de l'horreur avec le très remarqué "La colline a des yeux". Il revient aujourd'hui pour nous présenter son nouveau cauchemar !

Le soir de Noël, Angela reste tard au bureau pour finaliser un contrat. Elle descend au parking pour prendre sa voiture qui ne démarre plus. Le gardien du parking lui vient en aide et lui propose de venir prendre un verre. Après lui avoir ri au nez, elle perd connaissance pour se réveiller ligotée dans la loge du gardien, bien décidé à la garder pour le réveillon.
Annoncée comme le premier film d’Alexandre Aja en tant que producteur, 2eme sous-sol (anciennement P2) se présentait comme une série B certes conventionnelle qu’aurait cependant boosté le duo Aja/Levasseur. Les deux compères, restant à des postes décisifs, laissent une liberté quasi-totale à leur comparse de toujours, Franck Khalfoun déjà présent dans Haute tension comme acteur et dans La colline a des yeux comme monteur. Il s’agit donc les premières armes de celui-ci et autant le reconnaître dès le départ : à notre grande déception, le résultat reste plus que mitigé…. De là à préférer le téléfilm Throttle avec Adrian Paul (qui possède exactement à quelques points près la même substance narrative), il n’y a qu’un pas…

2EME SOUS-SOL
Un film de Franck Khalfoun
Avec Wes Bentley, Rachel Nichols, Simon Reynolds, Grace Lynn Kung, Paul Sun-Hyung Lee
Durée : 1h38
Date de sortie : 05 mars 2008


Pas la peine de chercher bien loin pour comprendre d’où viennent les failles dans cette histoire à laquelle personne ne croira une seule seconde tellement les ficelles narratives sont grosses : une jeune femme, après être restée boucler un dossier le soir de Noël, se fait séquestrer par le gardien de parking qui sous ses petits airs de névrosé timide, déjà visibles depuis sa première apparition, se révélera bientôt être en fait un véritable sociopathe. Rien de bien nouveau donc pour le cinéma de genre, la demoiselle devant se redécouvrir et s’essayer au joyeux jeu de la survie, le tout dans un espace / temps clos (un parking, une nuit) et le tout sur les maintenant traditionnelles chansons rétros si chères à Aja. Dis comme ça, ce 2eme sous-sol pourrait sembler être un ouvrage honnête du cinéma bis, l’esprit assurément de seconde zone étant le plus appréciable dans le film, cependant, certaines erreurs achèvent notre plaisir coupable et poussent petit à petit le spectateur vers une somnolence certaine. Ce n’est donc absolument pas le manque d’originalité qui fait défaut mais bel et bien le manque d’implication total des deux protagonistes, dévoués à la cause d’un scénario (signé parait-il à six mains !) qui ne fera que répéter les poncifs du Survival voire à s’auto-citer dans certaines séquences.


Troublant donc de devoir suivre Angela (Rachel Nichols qui semble avoir été plus choisie pour son décolleté imposant que pour son réel talent de comédienne, malgré les dires du réalisateur soutenant corps et âme que c’est l’intelligence de l’actrice qui l’intéressait), personnage qui nous est antipathique dès le départ par son sens moral quelque peu douteux et le sens de ses priorités : victime d’une agression sexuelle, elle acceptera les excuses de son collègue comme elle ne bronchera guère plus lorsqu’elle apprendra de son futur bourreau que celui-ci l’a habillée pendant sa perte de connaissance. Et c’est cette même minette, dont la pudeur semble radicalement absente, qui préfère terminer de bosser que de retrouver sa famille et qui méprise quasi ouvertement le petit personnel. Bref un personnage principal surprenant que le spectateur a tendance à considérer comme l’archétype de la pouffiasse… D’autant plus surprenant lorsque apparaît le bad-guy, jeune homme séduisant ayant certes quelques problèmes émotionnels certains, mais qui semble surtout être profondément et sincèrement amoureux de notre héroïne par obligation. Et comme celle-ci refuse de passer un petit moment culinaire avec lui, il décide de l’obliger à rester et de profiter un petit peu de la soirée en tout bien tout honneur… La Working girl prétentieuse étant prévenue à la dernière minute poussera le bouchon rapidement un peu trop loin (dès le départ en lui plantant une fourchette dans le dos – drôle de façon de remercier la fée du logis) et entraînera le malheureux psychopathe vers un point de non retour, celui de la haine et de la violence gratuite et rancunière.


Car s’il y a bien une petite chose à sauver dans cette œuvre garage, c’est sans doute la complaisance dans une certaine forme de gore où la barbaque et les tripes sont exp(l)osées sans concession. Aussi, tout ce qui peut y passer y passe joyeusement, le réalisateur étant trop heureux d’avoir un peu de sang à ajouter à son moulin de n’importe quoi. Et comme l’univers clos et hermétique est de rigueur dès le départ et que la belle est seule avec son gardien d’amour, les rebondissements charnus s’annoncent très rares ! Heureusement pour nous, lorsqu’un malheureux à la malchance de se présenter dans les sous-sols, celui-ci est usé jusqu’à l’os sur l’autel du gore et de la tripaille, rappelant la grande époque d’un certain cinéma bis transalpin… Mais ce ne sont pas les quelques séquences bourrines qui soulageront le spectateur de cette longue accumulation de clichés et de procédés, procédés qui seront réutilisés jusqu’à plus soif, nos scénaristes n’hésitant pas à réutiliser deux voire trois fois les mêmes astuces flippantes (à ce titre le coup du chien est à citer comme étant le grand moment du film !).


Pas grand-chose de passionnant donc dans ce P2, ni à voir, ni à dire ce qui enfonce encore un peu plus le clou de notre déception. Difficile d’admettre aussi que le duo Aja/Levasseur n’est vraiment efficace que lorsqu’il est derrière les manettes de l’ouvrage même si l’ambition d’offrir à la vraie série B une nouvelle jeunesse est plus que louable… Et rien que pour le petit plaisir coupable de voir une bimbo se faire courser par un tordu comme à la bonne époque, le déplacement vaut le coup.

Florent Kretz



Le verdict des internautes

Total des votes : 3

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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