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57 000 km entre nous

La critique d'Excessif

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57000_km_nous L'HISTOIRE : Une famille recomposée qui s'expose en permanence sur un site web, les personnages que l'on rencontre à travers eux, des écrans partout pour se voir et se parler... Nos fantasmes actualisés par les moyens de communication moderne, être là en étant loin, être à 57000 km de toi quand le tour de la terre en fait 40000, et que je suis tout près... Des distances, générationnelles, culturelles, sexuelles, sociales... Des idées et des réalités qu'on peut tenter de rapprocher, à travers les images, aujourd'hui, pour révéler nos fractures, nos peurs, de toujours. 57000 km entre nous ou de l'influence de l'Internet sur la famille dysfonctionnelle...
Nat, 14 ans, est une jeune fille dont la mère et le beau-père sont des maniaques du camescope et du blog familial, et dont le beau-père est transexuel. Recroquevillée dans son monde, c'est-à-dire sa chambre, elle se construit son propre univers par la grâce de son ordinateur, en communiquant avec des inconnus, en particulier avec un jeune garçon qui tombe amoureux d'elle par webcan interposée.
Musiques, fringues, rencontres virtuelles avec des gens très bizarres (un homme d'âge mûr qui aime retomber à l'état de nouveau-né notamment), tout est bon pour Nat pour échapper à la pesanteur de cette vie familiale dysfonctionnelle, à l'oeil scrutateur du camescope parental. Derrière son ordinateur, Nat se construit sa propre perception de la réalité, une perception qui ne résistera pas lorsqu'elle rencontrera pour de vrai le jeune garçon qui l'aime...



57 000 KM ENTRE NOUS
Un film de Delphine Kreuter
Avec Florence Thomassin, Pascal Bongard, Marie Burgun, Hadrien Bouvier, Mathieu Almaric
Durée: 1h22
Sortie le 23 janvier 2008

Le film traite de l'influence croissante des nouveaux médias dans nos vies quotidiennes, en particuliers de l'influence qu'ils opèrent sur les liens socieux et familiaux. S'exposer en permanence, c'est risquer de détruire une donnée essentielle de la construction de soi, l'intimité. C'est également le risque de construire sa propre identité uniquement vis-à-vis du regard de l'autre, sans prendre le temps de se regarder soi-même.

Nat use et abuse d'internet, pas seulement parce que c'est fun, ou parce que le web est par nature l'outil de la jeune génération, mais surtout parce que c'est le moyen d'évasion le plus incroyable, un moyen qui abolit l'espace et le temps entre les êtres. Sur la toile, Nat est Natsoky, c'est à dire pas tout à fait elle-même ni tout à fait une autre. Elle est alors un pseudo dans un monde où tout est permis, où rien n'a plus de véritable valeur. En un seul clic, Nat et le jeune garçon marrient leur personnage de jeu virtuel avant de parler avec frivolité de divorcer tout aussi sec. Dans ce monde qui échappe à la physique quantique, tout se passe ici et maintenant. La logique des causes et des effets éclate en mille morceaux, plus personne n'est responsable de rien.



A cause de sujet même, le film manque singulièrement de chaleur humaine. La jeune fille est une adolescente effrontée et sûr d'elle, les parents, omniprésents à l'image sont étrangement absents. Seuls sles personnages du père transexuel et du jeune garçon attisent notre curiosité mais sont sous-exploités dans une histoire qui traîne en longueur, une histoire qui coule lentement sans péripétie ni rebondissement. L'ennui nous gagne d'autant plus vite que le tournage du film au camescope laisse transparaître un manque de rigueur et de réflexion sur le statut même de l'image, pourtant au coeur de la thématique du film. Un sujet à priori riche de possibilités mais décevant par son traitement trop relâché.



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