La critique d'Excessif

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Affiche du film A Deriva L'HISTOIRE : Filipa, 14 ans, passe l’été avec sa famille à Buzios, à côté de Rio de Janeiro. Ces vacances seront le théâtre d’un passage douloureux à l’âge adulte et de sa première initiation à l’amour. Filipa découvre avec peine l’infidélité de son père, un romancier célèbre qui trompe sa mère avec une belle Américaine vivant près du petit village côtier. Mais cet événement n’est que le premier d’une longue série de réalisations à la fois douloureuses et enchanteresses que Filipa va être amenée à faire sur sa famille et sur elle-même.
A Deriva est une extraordinaire histoire d'amour entre un père et sa fille

Le cinéma brésilien se porte bien, merci. De Walter Salles à Fernando Meirelles, il s'expatrie depuis quelques années avec talent et continue de surprendre comme c'est le cas avec A Deriva en compétition dans la section Un Certain Regard. Après le thriller Nina en 2004 et la comédie O Cheiro do Ralo deux ans plus tard, le réalisateur Heitor Dhalia change encore de registre en proposant un drame familial. Bien lui en a pris.

 

 

Plus qu'un film sur un couple qui implose, A Deriva est d'abord une extraordinaire histoire d'amour entre un père et sa fille. Cette oeuvre sensible débute et se termine d'ailleurs avec eux, les accompagnant tendrement dans leur lévitation sentimentale et édénique. C'est ensuite un parcours initiatique, le passage à l'âge adulte d'une adolescente qui jouent aux grandes, imitant les frasques de ses parents, jouant au chat et à la souris avec un prétendant ou offrant ses charmes à un homme plus âgé. Cette rébellion est autant une conséquence du trauma familial en train de se déployer qu'une preuve de l'adoration portée à son père. C'est enfin l'échappée belle d'une mère alcoolique, délaissée par l'homme qu'elle aimait, manipulée par ce romancier dont elle ne comprend pas les personnages. Pourtant, ces personnages, ce sont eux.

 

 

Heitor Dhalia filme ces corps impatients qui mûrissent, se frôlent, s'enlacent et finissent par se perdre. Sa mise en scène est gagnée par une impression de flottement, magnifiée par les mélodies épurées d'Antonio Pinto (le thème principal au piano est une merveille). Des plages de sable fin, finissent par sortir l'infidélité, la méfiance et la haine. Avec sa photographie rétro baignant dans le sépia, son casting impérial et improbable (Vincent Cassel, l'actrice américaine Camilla Belle, l'actrice brésilienne Deborah Bloch et la révélation Laura Neiva dont c'est le premier film), A Deriva capte avec une délicatesse infinie les tourments du coeur. Cette dérive des sentiments ne vous laissera pas insensible.

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