L'HISTOIRE : Lasse de son actuel mode de vie, une jeune femme décide de tout quitter. Elle fait alors des rencontres qui l'amèneront vers de nouveaux plaisirs, mais aussi au seuil du fantastique ...
Jean-Claude Brisseau continue de prendre des risques


Certes, on peut partager sa conception poétique d’un cinéma extrême (capter l’essence du désir féminin comme d’autres filment la montée de l’angoisse) et il est toujours beau de voir un réalisateur se perdre dans les méandres d’un univers qu’il a lui-même construit. Mais, malgré la mansuétude qu’inspire son courage en ces temps de retour à la pudibonderie, la mise en scène ne transcende pas le vertige des scènes de cul (du triolisme, encore, toujours), où Brisseau veut traverser le miroir pour un au-delà de la transgression. Il y a aussi ce discours sur la loi et la pulsion, le physique et la métaphysique, la libération par le sexe et l’aliénation de la société, uniquement construit sur des oppositions binaires et régulièrement psalmodié par Etienne Chicot. Le discours est moins important que la rhétorique et la logorrhée qui servent d’aphrodisiaques (provoquer l’excitation par la parole, avec des restes de Sade et de Bataille). On aimerait que Brisseau, à deux doigts de tomber dans une impasse, retrouve l’inspiration de l’époque de Noce blanche et de De Bruit et de fureur.