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A l'aventure

La critique d'Excessif

2/5
alaventure135 L'HISTOIRE : Lasse de son actuel mode de vie, une jeune femme décide de tout quitter. Elle fait alors des rencontres qui l'amèneront vers de nouveaux plaisirs, mais aussi au seuil du fantastique ...
Jean-Claude Brisseau continue de prendre des risques
Jean-Claude Brisseau continue de prendre des risques, envers et contre tous. A l’aventure, film irréductible sur lequel souffle une liberté absolue, doit être vu comme la fin d’une trilogie initiée avec Choses secrètes (sa satire féroce du monde de l’entreprise) et Les anges exterminateurs (son plaidoyer pro domo).


 

 

Une jeune femme, fatiguée du monde moderne et avide de liberté intellectuelle, décide de suivre les conseils de son chauffeur de taxi philosophe pour partir à la découverte de soi-même, de son corps et de ses désirs. Dans son nouveau long-métrage, Brisseau poursuit les obsessions érotiques de Choses secrètes et Les anges exterminateurs avec le même mélange de raideur théorique, de crise métafilmique, de fantastique paranoïaque et d’ondulation onaniste. La liberté avec laquelle il s’exprime, histrionnant tout azimut, en faisant le pari d’une audace de tous les instants sans pour autant sombrer dans la provocation, en dit long sur son potentiel de cinéaste. Comme toujours, cet auteur à qui on ne brise pas les ailes, damne les seins, fouille les fantasmes les plus archaïques, cherche la beauté de l'extase mystique sur des visages avec une lumière qui sculpte et étreint. Surtout, il touche à quelque chose de l’ordre de l’intime, plus encore que dans Les anges exterminateurs (les scènes finales idéalisées par le souffle d'une foi sans borne pour le cinéma sont tournées chez lui, en Provence).

 

 

 

 

Certes, on peut partager sa conception poétique d’un cinéma extrême (capter l’essence du désir féminin comme d’autres filment la montée de l’angoisse) et il est toujours beau de voir un réalisateur se perdre dans les méandres d’un univers qu’il a lui-même construit. Mais, malgré la mansuétude qu’inspire son courage en ces temps de retour à la pudibonderie, la mise en scène ne transcende pas le vertige des scènes de cul (du triolisme, encore, toujours), où Brisseau veut traverser le miroir pour un au-delà de la transgression. Il y a aussi ce discours sur la loi et la pulsion, le physique et la métaphysique, la libération par le sexe et l’aliénation de la société, uniquement construit sur des oppositions binaires et régulièrement psalmodié par Etienne Chicot. Le discours est moins important que la rhétorique et la logorrhée qui servent d’aphrodisiaques (provoquer l’excitation par la parole, avec des restes de Sade et de Bataille). On aimerait que Brisseau, à deux doigts de tomber dans une impasse, retrouve l’inspiration de l’époque de Noce blanche et de De Bruit et de fureur.

Le verdict des internautes

Total des votes : 6

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
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    Réalisation
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    Acteurs
  •  
    Musique

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