La critique d'Excessif

3/5
Visuel du film Achille et la tortue L'HISTOIRE : Le troisième film de réflexion de Kitano sur sa condition d'artiste. Machisu, un peintre sans talent, persiste à vouloir exercer son art.
Un exemple de la versatilité de Kitano qui, en jouant les mêmes notes, est capable d'obtenir des effets très différents.

Sans que l’on sache réellement pourquoi, Kitano a traversé une mauvaise passe artistique juste après Zatoichi. Ses deux derniers longs-métrages ressemblaient à des entreprises de destruction qui, sous couvert de rendre hommage à Fellini, ridiculisaient son image d’artiste schizophrène, à la fois comique bouffon – Beat Takeshi dans Takeshi's – et réalisateur ovationné – Kitano dans Glory to the filmmaker!. De toute évidence, le cinéaste avait besoin de se mettre en danger pour retrouver l’inspiration et il a gagné en cohérence avec Achille et la tortue qui marque son retour à une narration plus classique.


Loin de prendre une posture autodestructrice, masochiste ou punk, Beat Takeshi apparaît dans le dernier tiers du récit dans la peau d’un peintre autiste. A partir de là, il est confronté aux critiques sur son travail. Avant, on l'aura vu enfant et adolescent construire les prémisses de son œuvre, avançant au rythme d’une tortue, tout en restant imperméable aux tragédies qui l’entourent. Kitano adhère à cette vision de l’artiste ascétique. Selon lui, on ne peut ressentir le plaisir de vivre si l'on ne pense pas simultanément que la mort est toujours présente. Dans sa vie personnelle, les risques ont été fréquents (une crise d’asthme a failli le tuer à l'âge de six ans et des accidents de moto l’ont blessé à répétition).

 

A l’arrivée, Achille ne trouvera jamais son style – il se contentera de plagier de grands auteurs – mais la récompense, c’est l’amour d’une femme qui le comprend. Achille et la tortue est marqué par cette capacité de rêver, un motif qui revient comme un leitmotiv tout au long de la filmographie de Kitano. On pense à Hana bi qui exploitait la confusion d'un homme entre son but et le moyen d’y parvenir en faisant passer l’accessoire avant l’essentiel. Le flic paralytique pensait que peindre pourrait l'aider à accepter sa nouvelle vie. Pour devenir peintre, il lui fallait un chapeau d'artiste. Un plan du béret basque emporté par les vagues résumait la tragédie de sa situation. Sans en avoir l’air, Kitano retrouve le mélange de réalisme et de poésie de ses premières productions comme A Scene at the sea. On peut même voir une réunion apaisée des deux facettes de l’artiste. Le réalisateur Kitano rappelle qu’il peut faire preuve d'une sensibilité surprenante sans rien perdre du sens des réalités, ni verser dans le sentimentalisme. L’acteur Beat Takeshi, lui, n’est jamais aussi intense et expressif que lorsqu’il donne l’illusion de ne rien faire.

 

Romain LE VERN

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Le verdict des internautes

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Les notes des internautes

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    Réalisation
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    Musique

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