La critique d'Excessif

3/5
adieu_garyok135 L'HISTOIRE : Dans une cité ouvrière improbable, Samir, enfin de retour chez lui, retrouve les siens. Et c'est dans un joyeux désordre que ce dernier va tenter de reprendre en main le cours de sa vie, entre un père, ancien ouvrier au chômage, un frère déguisé en souris dans un supermarché et des amis insensés. Ainsi, le retrouvera-t-on séduisant la soeur d'un de ses meilleurs amis, zonant et refusant d'accepter le sort que la vie lui a promis...
Adieu Gary est l’une des belles surprises françaises du Festival.

Un vent de folie souffle sur le jeune cinéma français et c’est à Nassim Amaouche qu’on le doit ! En compétition pour la Caméra d’Or et sélectionné dans le cadre de la Semaine internationale de la Critique, Adieu Gary rassemble tout ce que l’on n’attend plus de nos cinéastes. En effet, audacieux, épris de liberté et des moins conformistes, le second long du cinéaste après Quelques miettes pour les oiseaux impressionne et ravit par sa truculence et l’effervescente richesse de son récit.

 

Entre folie et absurde


Après De l’autre côté, court-métrage entrevu en 2003, Nassim Amaouche revient à Cannes avec un film plein de fraîcheur et de spontanéité, le surprenant Adieu Gary. Exposant avec folie et sans pathos, le quotidien d’un ex-taulard dans une cité recluse et refermée sur elle-même, ce dernier nous conte une histoire forte mêlant considération sociale, appartenance religieuse, intégration, différence et diversité. Mais là où habituellement, les grandes orgues pontifiantes du cinéma social ou mélodramatique sont employées sans vergogne, le jeune cinéaste choisit d’expérimenter une autre voie. Celle de la lumière, de la mesure et d’une représentation tout en ruptures de ton, de narration et de références. Ainsi, Adieu Gary à ses débuts lorgne vers l’absurde à la Kusturica, puis foisonnant mais toujours crédible, s’emploie à dépeindre avec tendresse, un monde semblant sortir de chez Jodorowski. Mais là où le métrage pourrait courir le risque de se perdre, Nassim Amaouche sait tenir les rênes avec brio, maîtrisant sa narration et ramenant son propos à un réalisme poétique qui émeut autant qu’il interroge. Une vraie réussite, rehaussée de surcroît par le franc succès de certaines scènes comme celle où Francis (Jean-Pierre Bacri) déguisé en cow-boy, singe Gary Cooper pour rappeler à José, le fils de son amie, qu’il ne faut pas désespérer.

 

Virevoltant et imprévisible

Cependant, sous ses dehors fantaisistes et picaresques, Adieu Gary s’emploie également à creuser d’autres voies, plus politiques. Ainsi, subtilement et comme en contrebande, se déploient sous l’histoire même, d’autres questionnements qui font voisiner le film avec l’excellent Dernier Maquis de Rabah Ameur-Zaïmeche, en creusant notamment la place des idéologies, des religions et des logiques de communauté dans nos sociétés.

De fait, si l’on considère la très belle écriture des dialogues, leur drôlerie et que l’on y ajoute la formidable interprétation des prometteurs Yasmine Belmadi et Sabrina Ouazani, aux côtés d’un Jean-Pierre Bacri exceptionnel, une certitude s’impose allègrement : Adieu Gary est l’une des belles surprises françaises du Festival et il se positionne franchement pour la Caméra d’Or aux côtés de Huacho et Ordinary People.

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Le verdict des internautes

Total des votes : 3

Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
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    Acteurs
  •  
    Musique

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