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Agnus Dei

La critique d'Excessif

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agnusdei135ok L'HISTOIRE : En 2002, en pleine crise économique argentine, Arturo, un vétérinaire de 77 ans est enlevé à Buenos Aires. Guillermina, sa petite-fille de 30 ans, est contactée par les ravisseurs. Pour faire face à la situation et obtenir la libération de son grand-père, elle fait appel à sa mère Teresa, fille d'Arturo. Celle-ci vit toujours en France depuis son exil avec sa fillette en 1978, après la mort de son mari, opposant à la dictature. Ce retour en Argentine pèse à Teresa en constante contradiction avec sa terre natale. Alors que mère et fille cherchent l'argent nécessaire au paiement de la rançon, des faits tragiques survenus dans le passé trouvent, peu à peu, un écho dans le présent.

Deux moments fondamentaux de l’histoire de l’Argentine, à travers le destin tragique d’une même famille.
On aurait cependant préféré moins de maladresse et plus de subtilité
Bienvenue en Argentine, en pleine crise économique. En 2002, un vieux vétérinaire sans histoire est enlevé à Buenos Aires. Sa petite-fille est contactée par les ravisseurs pour une rançon. Pour libérer son grand-père, elle fait appel à sa mère, exilée en France. Cette nouvelle va réveiller des souvenirs que tout le monde aurait préféré oublier. Un salmigondis politique que l'on aurait aimé aimer.

Pas la peine d’en dire davantage : on comprend rapidement où cette histoire alambiquée veut nous mener. Le scénario n’est qu’un prétexte pour revenir sur les maux politiques d’une Argentine meurtrie. Le choix du titre n’a rien d’anodin : Agnus Dei (littéralement Agneau de Dieu) désigne, en latin, Jésus Christ dans une posture de victime sacrificielle, voué à expier les péchés du monde. Ce qui a été sacrifié dans cette sombre histoire où les secrets de famille remontent à la surface, c’est la mémoire d’un patriarche douteux dont les engagements sont responsables de l’éclatement de la cellule.


Incontestablement, Lucia Cedron aborde un sujet qui lui tient à cœur et croit fort en ce qui l’anime. C’est la qualité du film, outre son interprétation correcte : renseigner sur l’état d’un pays malade en essayant de creuser l’intime et l’affect. C’est sincère, mais les bonnes intentions ne suffisent pas : passé quelques minutes intrigantes, le récit est entaché par un recours au symbolisme (l’agneau en peluche façon Music Box, de Costa Gavras) et une tendance à la pédagogie poids lourd (instruire en usant d’artifices triviaux). Par ailleurs, Agnus Dei étaye benoîtement son propos. La plupart du temps, ça se résume à un aller et retour entre l’horreur du passé et les séquelles du présent. La lourdeur est appuyée par un recours démonstratif aux filtres esthétisants (un changement de couleurs pour déterminer ce qui appartient au passé et au présent). S’il est toujours louable de laisser la parole à tous les personnages au-delà du jugement moralisateur et des notions de bien ou de mal, on aurait cependant préféré moins de maladresse et plus de subtilité dans le traitement des informations.



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