Adapté de la série de romans de Anthony Horowitz, dont le premier tome arrivait dans les librairies anglaises en 2000 pour remporter un succès à l'échelle mondiale,
Alex Rider : Stormbreaker se définit comme un film d'espionnage rafraîchissant le genre à travers des aventures destinées à un public jeune, voire très jeune. Un pari dans l'ensemble réussi, soutenu par un cocktail de stars inattendu. On a passé l'âge mais on s'amuse.
ALEX RIDER : STORMBREAKERUn film de Geoffrey Sax
Avec Alex Pettyfer, Alicia Silverstone, Mickey Rourke, Missy Pyle, Sophie Okonedo, Damian Lewis, Bill Nighy, Andy Serkis, Sarah Bolger, Ewan McGregor…
Durée : 1h34
Sortie le 25 octobre 2006A 14 ans, Alex Rider mène une vie normale lorsqu'il apprend subitement l'assassinat de son oncle qui l'élevait seul. Soupçonnant qu'on ne lui dit pas la vérité, Alex décide d'enquêter et découvre que le travail de directeur de banque du défunt n'était qu'un leurre : son oncle était en réalité un agent secret. A peine a-t-il encaissé le choc que le MI6 le contacte pour lui demander rien moins que de prendre la suite de son parent pour une mission urgente : infiltrer l'entourage d'un puissant homme d'affaires du nom de Darius Sayle. Le bonhomme s'apprête en effet à distribuer à toutes les écoles de mystérieux ordinateurs de son invention…La franchise
Harry Potter fait des émules : d'autres cherchent à reproduire la recette miracle en puisant dans la littérature à succès ciblée jeunes. Reprenant la trame du premier tome des romans,
Alex Rider : Stormbreaker pourrait bien être le début d'une longue aventure misant sur un cocktail d'action et d'humour dans un esprit de pur divertissement. Tout comme la série consacrée à notre sorcier préféré, le projet se trouve être appuyé par des comédiens réputés, soit confirmés depuis longtemps, soit fraîchement découverts dans des films souvent indépendants, tous se prêtant au jeu dans la joie et la bonne humeur. On retrouve ainsi dans ce
Alex Rider des noms tels que Ewan McGregor, Robbie Coltrane et Stephen Fry, lesquels apparaissent chacun en tout et pour tout quelques minutes. Répondent par ailleurs présents des comédiens tels que Andy Serkis (
Le Seigneur des Anneaux), défiguré mais physiquement bien là, Damian Lewis, récemment salué pour son incroyable prestation dans
Keane, Bill Nighy, qui met déjà ses mimiques inimitables au service des franchises
Pirates des Caraïbes et
Underworld, ou encore Sophie Okonedo, nominée à l'oscar 2005 du meilleur second rôle féminin pour
Hotel Rwanda… Un casting béton qui apporte une véritable caution à l'entreprise. Au milieu de tout cela, le jeune Alex Pettyfer prête ses traits juvéniles à l'espion en herbe tout juste sorti des jupes de son oncle.
Alex Rider synthétise tous les fantasmes du public adolescent : il est surdoué, il est beau, il connaît du kung-fu (et se paie le luxe des services d'un Donnie Yen pour le chorégraphier, s'il vous plait !), parle plusieurs langues dont le japonais (depuis
Kill Bill, c'est à la mode), et surtout il se retrouve amené à effectuer un entraînement militaire au cours duquel il se révèle bien entendu meilleur que tous les adultes réunis, avant de se voir confier le sort du monde entre ses mains… Où est le problème ?
S'appuyant sur un scénario rocambolesque mais convenablement développé – en tout cas pas moins bien que celui d'un
James Bond, le réalisateur Geoffrey Sax s'en donne à cœur joie à travers une succession de péripéties explosives qu'il filme non sans une certaine aisance. En dépit d'une légère baisse de rythme dans le second tiers, l'action se révèle plutôt bien dosée. Le scénario de
Alex Rider s'autorise toutes les fantaisies, sans pour autant que le film ne verse dans la surenchère d'effets spéciaux inutiles. En termes d'action pure, on ne retiendra pas vraiment les combats de Donnie Yen qui se résument à deux scènes oubliables, mais davantage les sympathiques courses-poursuites revenant de manière récurrente, ce qui ne signifie pas que les séquences se répètent les unes par rapport aux autres. Geoffrey Sax a en effet le bon goût de varier les plaisirs en matière de véhicule : après les motos et les bagnoles, la course-poursuite à cheval dans les quartiers huppés de Londres, il fallait le faire.

Pour un premier rôle au cinéma, Alex Pettyfer s'en tire à merveille au milieu de toutes ces stars. Malgré son jeune âge et non content d'avoir une belle gueule, il possède déjà le charisme nécessaire pour porter un film sur ses épaules. Sans pécher par excès d'assurance, il fait vaillamment face à un Mickey Rourke véritablement déchaîné voire cabotin – en plus de porter de l'eyeliner –, à une Missy Pyle (
Charlie et la Chocolaterie) aussi démente qu'hilarante, tout en entretenant une bonne complicité avec une Alicia Silverstone (
Batman et Robin) sur le retour. Bien évidemment, la psychologie des personnages reste pour le moins sommaire, quand elle ne se résume pas au traitement que chacun a subi quand il était au lycée. Cet aspect puéril constitue à la fois la force et la faiblesse de
Alex Rider : tout est construit de manière à parler aux lycéens et à tout ramener à leur univers, quitte à friser le ridicule, les adultes se sentant à plusieurs reprises subitement bien vieux.
Les mêmes adultes pourront toutefois profiter de l'aventure au second degré, voire se rappeler qu'ils en sont eux aussi, après tout, passés par la période lycée.
Alex Rider devrait charmer ceux qui ont alors secrètement rêvé de se voir projetés dans une histoire folle à grand renforts de gadgets rivalisant avec ceux de James Bond. C'est mignon et si tout se passe bien, on entendra certainement à nouveau parler de
Alex Rider sur les écrans dans un avenir proche.