Reprenant le final de l’opus précédent, on retrouve ainsi le vaisseau des Predators alors que le groupe issu de la fameuse race de chasseurs galactiques se fait décimer par un prédalien (un Alien issu du corps d’un Predator) nouveau né. Et le vaisseau de s’écraser sur notre bonne vieille planète prés de la petit ville de Gunnison dans le Colorado. Recevant le signal de détresse de l’épave, un autre Predator va se rendre sur les lieux pour faire le ménage et s’organiser une partie de casse en solo...
Aliens Vs Predator : RequiemUn film de : Colin et Greg Strause
Avec : Steven Pasquale, Reiko Aylesworth, John Ortiz, Johnny Lewis, Ariel Gade, Kristen Hager
Durée : 1h34 minutes
Date de sortie: 2 Janvier 2008Ce serait mentir que de dire qu’on attendait quoique ce soit du second volet de
Alien Versus Predator tant le premier volet de la double licence, mis à part un final qui reprend les grandes lignes du comic-book, s’amusait à piller et saccager les mythologies des deux univers pourtant si soigneusement misent en place. Mais loin d’être une grande surprise,
AVP 2 arrive tout de même à surpasser la catastrophe de Paul Anderson, toutes proportions gardées.

Alors que le premier cross-over prenait place dans d’antiques ruines ayant servit de terrain d’entraînement aux chasseurs extraterrestres (avec à l’appui un flashback magnifique), ce second opus se dirige donc vers un décor plus urbain, les braves citoyens américains (ancien taulard, vétérante d’Irak, livreur de pizza et étudiants en goguette) faisant cette fois les frais de l’affrontement des deux races. Et le moins qu’on puisse dire c’est que le script n’y va pas avec le dos de la cuillère. Tout y passe, du gamin de 10 ans aux serveuses de café en passant par les femmes enceintes sur le point de mettre bas. A ce niveau, le film fait d’ailleurs malheureusement preuve d’un illogisme certain : tandis que le Predator choisi ses victimes en fonction d’une logique toute scriptée (un flic désarmé se fait écorcher vif alors qu’un assaillant vindicatif provoque le désintérêt de la bestiole), la population humaine sert elle aussi simplement de bétail à abattre, avec un temps de réponse tout en retenue (pas de FBI, pas de reporters, et un shérif complètement à la ramasse). Et même si l’urbanisme de l’épisode était une bonne idée (à des lieux toutefois de la jungle toute urbaine désenchantée et jouissive de
Predator 2), elle est desservie par une réalisation adepte du gros plan illisible et du montage sans raccord.

Question bestiaire malheureusement, l’armée d’Aliens, même si elle est conséquente, dispose d’un design tout particulier qui fait plus penser à un montage plastique (ces dents !!) qu’a une armée de créatures féroces. On pourra toujours mettre cela sur l’origine des bestioles, issue d’un Predalien Reine au look ravageur (un Predator à dreadlocks avec une tête et une queue d’Alien), mais les voir se faire décimer par un unique Predator (qui permet d’ailleurs de découvrir un aperçu assez logique de leur planète d’origine, ainsi que quelques nouveaux gadgets de leur panoplie) porte à sourire. Afin de lisser le fan dans le sens du poil, le script reprend d’ailleurs de nombreux gimmick-références aux opus des deux licences (le Predator se soigne, la reine attaque la queue devant, les marines facent aux Aliens…) alors que le score lie tour à tour les thèmes à peine modifiés des deux franchises. Mais il en faudra bien plus pour emporter l’adhésion du fan de survival claustro hardcore tandis que les répliques faussement subversives fusent (« le gouvernement ne ment jamais ») et que l’intrigue se perd en suivant un nombre trop grand de protagonistes.

Niveau distribution, le film fait la part belle aux acteurs télé que les série-maniacs prendront plaisir à retrouver, tandis que d’autres regretteront la frontière désormais inexistante entre les deux formats. Steven Pasquale fera donc office de l’ex-taulard badass de service (ce qui tendra à faire rigoler les fans de
Rescue Me, son personnage de la série étant un faux dur parfaitement nouille), tandis que Reiko Aylesworth campera cette fois la femme icône du film (
24 Heures chrono). On est loin de Schwarzy et de Sigourney, mais on aurait pu tomber sur pire. John Ortiz (
The Job,
Miami Vice) incarnera quand à lui ce shérif désarçonné, ayant toute confiance en un gouvernement égal à lui-même (tous pourris). A ce titre, le final se révèle à la fois jouissif et décevant, car offrant quelques passages dantesques tout en désamorçant en amont tout enjeu dramatique.
Alors que la scène finale replace une nouvelle fois le cross-over dans une logique de licence ouverte définitivement vouée à l’exploitation abusive,
AVP : Requiem force le trait afin de faire plaisir à tout le monde et se pose comme une œuvre bancale, mais qui, en bonne œuvre popcorn, fera la joie des adeptes peu regardants, semblant parfois déceler comme un faible souffle rappelant l’énergie massive des deux licences. Encore quelques efforts dans ce sens et on parviendra sans doute quelque chose de relativement honorable.
note: 5/10