Personne ne les attendait. Et pourtant, les voici qui reviennent. Plus insupportables que jamais. Le premier épisode fit son apparition sur nos écrans il y a maintenant deux ans, sous la direction de Tim Hill, véritable spécialiste en la matière puisqu'il signa également Bob l'éponge le film en 2005, puis Garfield 2 en 2006. Et contre toute-attente, Alvin et les Chipmunks rencontra un certain succès, toutefois aléatoire selon les pays (908 784 entrées en France contre 214 434 384 dollars aux Etats-Unis). Ainsi donc, une suite semblait inévitable. Mais la charge en revient désormais à Betty Thomas, ancienne productrice devenue réalisatrice, notamment en 2006 avec John Tucker doit mourir.
Un néant scénaristique, entre Sexy Dance et High School MusicalOn a beau savoir que le film s'adresse principalement aux enfants, on ne peut que pleurer devant tant de médiocrité et de simplicité.
Alvin et les Chipmunks 2 ne raconte rien. Pire encore, il accumule les clichés les plus éhontés généralement propre à une suite indigne de ce nom. Après avoir consacré un long-métrage aux trois petits écureuils dont on se serait bien passé, voici qu'on les affuble de tous nouveaux partenaires, qui plus est de sexe opposé. Déduction : si ce nouvel opus venait à cartonner, il se pourrait que le troisième épisode mette en scène leur progéniture. Et on peut encore aller très loin comme ça. Alors stop ! Car l'histoire ne présente qu'une succession de séquences « musicales », durant lesquelles les Chipmunks et les Chipettes poussent la chansonnette. Difficile de s'en contenter. Bien sûr, les puristes nous rappelleront que ce film pourrait en fait apparaître comme un hommage, puisqu'à l'origine ces personnages ont « véritablement » existé, créés dans les années 50, et qu'une trentaine d'albums sortirent sur leur nom, connaissant alors un immense succès. Leur particularité était d'avoir une voix très aiguë, résultat d'une accélération des enregistrements des comédiens les doublant (aujourd'hui Justin Long, Jesse McCartney, Matthew Gray Gubler, Anna Faris, Christina Applegate et Amy Poehler prennent le relais). Ils s'en servaient alors pour détourner des chansons à succès sur un ton bien évidemment humoristique. Sur ce même principe,
Alvin et les Chipmunks 2 propose une série de tubes plus ou moins récents, de Stayin' Alive à No One, en passant par We are family, Shake your groove thing, Bring it alive, Put your records on ou bien encore Hot'n cold. Le long-métrage se présente alors comme un dérivé, certes plus enfantin, des récents
Sexy Dance et autre
High School Musical, où l'on découvre nos écureuils chanter et danser sous les yeux ébahis de centaines de fans.
Une ambition en demi-teinteAu delà de ce scénario inexistant, on ne peut que saluer le travail des animateurs qui donnent aux Chipmunks et consoeurs un aspect des plus réalistes. Particulièrement expressifs, les six écureuils se révèlent bien souvent attendrissants, les personnages de synthèse se mélangent ainsi parfaitement avec les autres acteurs du film. Mais le jeu de ces derniers est généralement exaspérant. David Cross joue de nouveau le méchant de service avec un manque de conviction et de crédibilité toujours aussi déconcertant. De son côté, Jason Lee, également présent dans le précédent épisode, retrouve son personnage de « Papa des Chipmunks » mais n'offre ici que le minimum syndical (victime d'un accident, il apparaît dans de très rares séquences, bloqué à l'hôpital) tandis que Zachary Levi devient la « star humaine » de ce nouvel opus pour un rôle hélas sans saveur (il incarne un jeune looser traumatisé par l'école). Et si vous comptiez sur l'humour pour passer un agréable moment, vous risquez de faire fausse route. A moins que de voir un Chipmunk coincé sous un drap, agonisant en raison d'une odeur nauséabonde créée par un pet, vous amuse...
Gilles Botineau