L'HISTOIRE : 1961, Angleterre. Jenny a 16 ans. Elève brillante, elle se prépare à intégrer Oxford. Sa rencontre avec un homme deux fois plus âgé qu'elle va tout remettre en cause. Dans un monde qui se prépare à vivre la folie des années 60, dans un pays qui passe de Lady Chatterley aux Beatles, Jenny va découvrir la vie, l'amour, Paris, et devoir choisir son existence.
Une leçon sans grand relief.
Présenté en avant-première durant la dernière édition du Festival de Dinard, Une éducation fut l’un des coups de cœur du public, conquis par la sobriété du film mais également par son discours... Fine écriture et jeu impeccable sont en effet les deux points forts de ce film charmant mais néanmoins complètement inoffensif. Il faut le dire. Déployant sans grande originalité un discours sur l’importance de l’éducation et les erreurs de parcours d’une jeune adolescente émerveillée par les fastes d’une vie dissolue, la morale du film tient en quelques mots « si tu ne vas pas à l’école, tu n’arriveras à rien ». Appliquée à la lettre, la doctrine trouve ici son écho cinématographique dans sa version la plus simple et carrée. C’est clair, concis, quasi-mathématique...
Une éducation ne va pas chercher bien loin pour illustrer son propos : plus encore que l’école de la vie, l’enseignement est la clé de la réussite. La jeune Jenny va en faire l’expérience... Interprétée par la comédienne de vingt-deux ans Carey Mulligan, épatante de bout en bout, le personnage est un petit génie de seize ans aux allures de femme en devenir qui va rencontrer un homme d’une génération son aîné. Son éducation, stricte, anglaise mais prolétaire, est à l’image de ce que les jeunes femmes des années 1960 vivent quotidiennement. Engoncées dans leurs uniformes, déployant ruses et intelligence pour s’élever face au diktat masculin, les femmes apprennent néanmoins l’indépendance, tout comme la frivolité, le plaisir de se faire plaisir... Les années 1960 annoncent une nouvelle ère. Et c’est par cette petite femme que nous allons suivre cette évolution des mœurs, des pensées et de la société britannique.
L’histoire d’amour de Jenny avec David est avant tout charmante... Lui est d’un tact évident, malin, poli, sincère et amoureux. Il cache quelque chose. Elle est aveuglée par son sourire, la douceur de ses yeux et la vie qui lui propose de mener. Lone Scherfig oppose alors très rapidement le mode de vie initiale à un mode de vie plus enclin à suivre le carpe diem. Rien ne transparaît dans la mise en scène, classique, sobre mais quelque peu anonyme... L’ensemble est d’une fluidité exemplaire, sachant constamment capter notre intérêt, même dans les instants les plus creux, mais le tout reste trop lisse quand on aurait aimé s’affranchir de temps en temps de conventions trop voyantes. Mais cet emballage parfait, dont rien ne dépasse, est à l’image d’un scénario sans grandes ambitions, qui suit une mécanique bien huilée. On le doit pourtant à Nick Hornby, l’auteur génial d’ouvrages comme A long way down, About a boy ou High Fidelity. Sa verve comique, qui transparaît à quelques rares occasions est malheureusement étouffée par l’académisme du film et la platitude du propos.
Avant la cérémonie des Oscars qui aura lieu dimanche soir, la Rédaction d'Excessif.com vous livre son palmarès !