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An Empress And The Warriors

La critique d'Excessif

0/5
anempressandthewarrior_vign L'HISTOIRE : Racontant la destinée de Yen Feier, une princesse guerrière orpheline qui fera tout pour conserver son royaume perdu et lui redonner son lustre, An Empress and a Warrior respecte au plus prêt son titre. Cette dernière a effectivement besoin d’un bras armé qui ne sera autre dans un premier temps que celui de Muyong Xuehu (Donnie Yen), avant que Duan Lan-Quan (Leon Laï), un combattant mystérieux ne reprenne le relais…et affronte aux côtés de son loyal compagnon, les bassesses et les tueurs du cousin avide des terres de son enrichissement.
Dans la foulée du très commun The Warlords et du très bon Battle of Wits, le cinéma chinois nous offre un nouvel exemple de ce que le cinéma épique peut produire avec An Empress and The Warriors. Réunissant le tonitruant Donnie Yen et la belle Kelly Chen, ce nouvel avatar du métrage chevaleresque à mi chemin entre le film d’apprentissage et le wu xia pan traditionnel apporte-t-il néanmoins son lot de contentement ? Fera-t-il plus que plaire aux amateurs du genre ?

AN EMPRESS AND THE WARRIORS
Un film de Ching Siu-Tung
Avec Donnie Yen, Kelly Chen, Leon Lai, Guo Xiao Dong, Kou Zhen Hai, Yee Chung Man
Durée : 1h38
Sortie le 19 mars 2008 à Hong Kong
Sortie inconnue en France

Sous la férule de Ching Siu-Tung à qui l’on doit pêle-mêle les deux meilleurs épisodes de la trilogie The Swordsman, mais aussi Heroïc Trio, coréalisé avec un certain Johnnie To, An Empress and The Warriors promet déjà beaucoup. Et ce n’est pas rien non plus de penser que le compère de Tsui Hark sur Dr Waï et les Histoires de Fantômes Chinois s’est approprié avec gourmandise les séquences chorégraphiques, lui à qui l’on doit les danses martiales - parfois exaspérantes - de La Cité Interdite, celles du Secret des poignards volants ou encore de Hero. Et l’on ne rechignera pas non plus à être enthousiaste si l’on retrouve dans la liste de ses dernières collaborations, la coordination des cascades de Shaolin Basket, Shaolin Soccer et The Warlords. Si l’on ajoute à cela que Donnie Yen, présent au casting, a définitivement enterré le vieillissant Jet Li en signant avec Flashpoint un film qui renvoie l’acteur du navrant Forbidden Kingdom aux oubliettes de l’histoire du cinéma hongkongais, alors ce n’est plus de l’impatience mais une irrépressible envie qui doit conduire à voir à tous prix, An Empress and The Warriors. Surtout qu’il faut ajouter à cette prestigieuse et enthousiaste litanie de promesses, la présence au générique de la sculpturale Kelly Chen, elle que l’on a pu dévorer des yeux dans Breaking News, Infernal Affairs ou encore Tokyo Raiders. En somme, à la simple considération du projet, on en salive déjà à l’avance d’autant plus que Ching Siu-Tung n’avait pas tourné pour le cinéma depuis 2003 et que Kelly Chen livre ici sa première prestation en costume d’époque.

Racontant la destinée de Yen Feier, une princesse guerrière orpheline qui fera tout pour conserver son royaume perdu et lui redonner son lustre, An Empress and The Warriors respecte au plus prêt son titre. Cette dernière a effectivement besoin d’un bras armé qui ne sera autre dans un premier temps que celui de Muyong Xuehu (Donnie Yen), avant que Duan Lan-Quan (Leon Laï), un combattant mystérieux ne reprenne le relais…et affronte aux côtés de son loyal compagnon, les bassesses et les tueurs du cousin avide des terres de son enrichissement. De fait, de trahison en maladresses, la situation du film ne va pas cesser d’évoluer vers une radicalisation de la violence certes mais surtout vers un choix : celui qui l’obligera à trancher entre obligation et passion, devoir, rêves et amour. Dès lors, même sans une franche ni profonde originalité, ce film satisfait au minimum : divertir sans trop lasser. Hélas, malgré la réalité du casting et sa possible « dreamteam », An Empress and a Warrior nous fait vite déchanter.
Tout d’abord, par une réalisation éculée et démonstratrice, Chiu Siu-Tung peine à enlever le récit et à lui donner sa pleine mesure. Au point où le récit est d’une lenteur coupable et d’un dynamisme mal dosé. Ensuite, au niveau de l’incarnation, si Kelly Chen a du talent pour certains rôles de femme forte, dans celui-ci, elle s’égare. Notamment parce l’armure ne lui sied guère et que les costumes font davantage penser à des pitreries grossières qu’à des batailles se déroulant en plein cœur de la Chine d’avant la fabuleuse époque de l’unification. C’est en somme presque comme si tous étaient attifés avec des costumes semblables à ceux des Tortues Ninja, pour situer la difficulté d’une appréciation honnête. Ensuite, la présence de Donnie Yen avec son visage mono-expressif et celle du trop rare Leon Laï (City Hunter, Seven Swords …) contrebalancent l’absence certaine de crédit apporté dans ce rôle-ci à la pourtant très belle Kelly Chen. De fait, An Empress and The Warriors prend d’autant plus l’eau qu’en acceptant son statut possible de film bankable.

En effet, ce film est assez proche dans ses évolutions et progressions mêmes scénaristiques, de ce qui se fait de plus large et commercial en Asie. Pour plaire et vendre. Hélas, potentiel financier et réussite artistique ne sont pas toujours compatibles. Ainsi, s’il jouit d’une belle photographie et d’un casting haut de gamme en plus de quelques clins d’œil aux Histoires de Fantômes Chinois, An Empress and The Warriors manque la marche de ses ambitions et peine à convaincre.

Regrettable pour les aficionados du Wu Xia Pan version nouveau millénaire et pour les amateurs de la Shaw et consorts, le dernier film de Chiu Siu-Tung n’étonne pas et ne donne en réalité aucune envie de s’enflammer réellement déployant alors sans peine le sabre à défaut d'autrement impressionner. Film de flux et de très moyenne qualité, ce métrage qui fit tout de même un beau parcours dans les salles asiatiques, ne résiste même pas aux souvenirs des glorieux films anciens. C’est donc avec de l’envie mais aussi de la résignation et de l’appréhension face à une possible perte de temps que l’on pourra ranger An Empress and The Warriors pour mieux l’oublier ou alors consentir à le visionner pour peut-être le réhabiliter avec plus de sérénité. En attendant mieux ou en patientant pour que Chiu Siu-Tung laisse la place aux jeunes et qu’il les conseille?

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