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Angel-a

La critique d'Excessif

2/5
angel_a_z2coll L'HISTOIRE :
Tourné en secret, le neuvième film de Luc Besson se dévoile enfin. Le mystère le plus complet l'entourait jusqu'à présent, une coutume récurrente autour des films de Besson laissant parfois un sentiment d'amère déception après la découverte. Angel-A suit-il la coutume ? Oui, forcément, mais les bande-annonces jusque là dévoilées laissaient tellement craindre le pire que le mauvais film pressenti s'avère (un peu) mieux que prévu.

ANGEL-A
Un film de Luc Besson
Avec Jamel Debbouze, Rie Rasmussen, Gilbert Melki, Serge Riaboukine
Durée : 1h30
Sortie : 21 Décembre 2005

André vit à Paris. Grande gueule, pas très débrouillard, il a emprunté de l'argent aux mauvaises personnes et ne peut les rembourser. La journée commence et on le menace déjà de le tuer après minuit s'il ne rend pas des sommes faramineuses. Au bout du rouleau, sans plus aucune confiance en lui-même, il s'apprête à se jeter dans la Seine depuis le pont Alexandre III. Là, il rencontre une jeune fille blonde prête à commettre le même geste : Angela. Elle lui dit qu'elle va l'aider...


Selon les dires de Besson, son but avec Angel-A était de proposer une fable sur le thème de l'acceptation de soi-même, le réalisateur du Grand Bleu étant arrivé au constat que "les gens y parviennent difficilement". Choisissant le cadre de Paris pour raconter son histoire, et tournant son film en noir et blanc, on aurait pu craindre de plonger dans le cliché le plus total. Les premières images laissaient en effet cette amère impression. Certes le parti-pris artistique et les cadrages de Angel-A semblaient un peu prétentieux, mais la fluidité du montage du film les amènent finalement à servir de simple décor de fond à l'histoire. Un décor montrant non pas un Paris pour touristes, mais plutôt le Paris que l'on voit en y habitant, en s'y baladant et en l'observant. C'est à dire tout le contraire de ce qu'une photo fixe du film pourrait faire croire. En ça, Besson a plutôt bien réussi son pari même si on reste loin d'une merveille esthétique, l'ensemble restant finalement assez discret, presque quelconque, remplissant son travail de petite ambiance servant juste de background à l'histoire. L'utilisation du noir et blanc demeure en tout cas à justifier tellement elle n'apporte en elle-même rien du tout.


On connaît l'éternelle naïveté des scripts de Besson : des filles souffrant le martyre (Nikita, Natalie Portman dans Léon, Le Cinquième Element, et - l'apothéose - Jeanne D'Arc), des méchants très méchants, des gentils très courageux et des policiers très stupides sur qui il ne faut surtout pas compter. Une recette d'un simplisme atterrant, collant donc plus ou moins bien à un univers en fonction de l'histoire du film. Pour les adultes, ça marche lorsqu'il s'agit de raconter les aventures d'un tueur bêta et d'une petite fille amoureuse de lui, et ça rate lorsqu'il s'agit de sauver la galaxie habillé en Jean-Paul Gaultier. Mais pour les plus jeunes, ça a l'avantage de marcher tout le temps.

Angel-A est basé sur la même naïveté "bessonnienne" appliquée cette fois-ci à un récit très simple qui ne s'étalera même pas sur 1h30. C'est peut-être de là que le film tire sa (seule) force. La première demi-heure se contente de présenter les deux personnages principaux et l'intrigue. Jamel incarne un monsieur tout le monde avec un sens de l'humour assez bien dosé pour ne pas sombrer dans la comédie pure, et un sens de la dramatique peu appuyé pour parvenir à ce qu'il faut de crédibilité. L'ensemble reste assez épuré, et à part un rapide petit mouvement nerveux autour de la Tour Eiffel, Besson a la caméra calme, comme pour laisser les personnages étoffer d'eux-mêmes les bases de son récit. C'est simple, ça marche pas mal, et seules quelques répliques de la danoise Rie Rasmussen énervent par leur robotisme. Mais rien de déplaisant.


Vient ensuite le moment que l'on craignait tous à la lecture du titre du film : le twist (que l'on ne révèlera pas au cas où vous ne l'auriez pas deviné). Heureusement, il ne s'agit pas d'un twist final mais d'une manière pour Besson d'entamer le second tiers du film... Et si ce genre de retournement de situation commence à sérieusement énerver ces derniers temps au cinéma, celui de Angel-A passe bien à notre grande surprise, n'étant là encore que peu appuyé, et au contraire compensé par la réaction assez naturelle de André (Jamel). Le récit se consacre alors au thème principal : l'acceptation de soi-même. Passé quelques dialogues, vient enfin la clé de voûte du film, prouvant que Besson maîtrise jusque là son récit : Angela oblige Jamel à se regarder seul dans un miroir et à se dire "je t'aime" à lui-même. Un aveu très dur pour un personnage au bout du rouleau, créant un moment vraiment touchant pour qui s'imagine à sa place. Là encore le minimalisme est de mise, même si la caméra se permet un effet avec le miroir, techniquement poussé, restant toutefois discret et axé autour de l'acteur et son jeu convaincant.


Mais la simplicité a ses pièges : Angel-A reste jusque là efficace sans jamais se montrer une seule fois transcendant, et il aurait fallu rebondir à ce moment pour approfondir considérablement l'histoire et la rendre enfin attachante. Et c'est malheureusement tout le contraire qui se produit. La dernière demi-heure de Angel-A vire dans le mélo niais, et même la réalisation jusque là correcte s'affaiblit considérablement comme si certains techniciens avaient quitté le plateau. Pleurs, larmes, bravoure expédiée, effets spéciaux peu convaincants, rebondissements sans saveur, musique bontempi caricaturant Eric Serra, morale torchée, et plan final prétentieux au possible viennent conclure un film qui malgré ses défauts possédait quelques bases prometteuses.

Il ne reste donc pas grand chose à tirer de Angel-A. Aussi simple qu'ambitieux, le scénario se prend les pieds dans la facilité pour aboutir à un résultat qui s'oubliera rapidement après avoir quitté la salle. Mais ce neuvième film prouve aussi que le cinéma de Luc Besson a encore besoin de mûrir, et qu'au lieu de s'arrêter à dix réalisations comme il l'annonce depuis des années, il devrait continuer à travailler et affiner considérablement son univers naïf. C'est presque encourageant pour l'avenir (s'il y en a un), mais pour le moment ça ne rend pas Angel-A plus intéressant ou réussi.

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Le verdict des internautes

Total des votes : 3

Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
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    Acteurs
  •  
    Musique

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