La critique d'Excessif

3/5
Visuel du film Anvil L'HISTOIRE : A l'âge de quatorze ans, Steve "Lips" Kudlow et son meilleur ami Robb Reiner font le serment de faire de la musique ensemble toute leur vie. En 1982, les membres du groupe Anvil sont considérés comme «les demi dieux du heavy metal canadien». Mais le triomphe est éphémère. 25 ans plus tard, Lips et Robb continuent de nourrir des espoirs de gloire et de fortune. Entre la famille et les petits boulots, ils multiplient les concerts dans les bars, tentent une tournée en Europe, qui s'avère désastreuse, et enregistrent un treizième album sans le soutien d'une compagnie de disques.
Anvil, the Story of Anvil constitue l’une des plus belles déclarations d’amour pour le metal.

Les documentaires sur le monde du hard rock sont bien trop rares et n'arrivent guère à conquérir le grand écran. Pourtant, les films se révèlent le plus souvent incontournables, mettant en lumière un univers musical extrêmement riche et varié, animé par des musiciens hors pair et entièrement dévoués à leur public. Débordant de passions et d'émotions, ces pépites cinématographiques sont généralement réalisées par des passionnés qui veulent partager leur amour pour le metal et faire tomber les clivages et aprioris qui règnent autour de cette musique.  On pense notamment à Metal : Voyage au cœur de la bête réalisé par Sam Dunn et Scott McFadyen qui dévoilait de manière pertinente l'évolution du genre et sa diversité.
 
Avec Anvil, The Story of Anvil, Sacha Gervasi dresse un portrait touchant et d'une profonde humanité sur l'un des groupes phares du hard rock du début des années 80 ayant contribué aux fondements du speed metal. Or, le succès fut de courte durée, la montée en puissance des Big Four éclipsa irrémédiablement le quatuor canadien. La cinquantaine passée, les deux membres fondateurs du groupe, Steve "Lips" Kudlow et Robb Reiner, sont toujours actifs et cherchent à redorer le blason d'Anvil malgré une longue traversée du désert. Le documentaire revient sur les nombreuses embûches rencontrées durant la carrière du groupe, comme si le destin s'était acharné sans relâche pour qu'Anvil disparaisse définitivement de la planète metal. Mais c'était sans compter sur la pugnacité et la détermination de Steve "Lips" Kudlow et Robb Reiner.

 

Anvil de Sacha Gervasi

 
Forever Headbanging
Anvil, the Story of Anvil s'ouvre sur une prestation impressionnante du groupe datant de 1982 pendant un concert gigantesque au Japon. Des interviews prestigieuses s'en suivent et soulignent l'influence majeure du groupe pour l'époque. On peut y découvrir les témoignages de Slash, ex-guitariste des Guns N Roses, Lemmy Kilmister, chanteur de Motorhead, Lars Ulrich, batteur de Metallica ou encore Scott Ian d'Anthrax. La rapidité et l'énergie des compositions ainsi que l'aspect provocateur d'Anvil ont contribué grandement à forger l'aura du groupe. Steve "Lips" Kudlow jouit d'une gestuelle faciale extravagante, troquant volontiers son médiator pour un godemichet. Les prestations scéniques sont exubérantes et même si, avec le recul, elles peuvent paraître too much, l'énergie qu'elles déploient est communicative au point de se laisser aller à du Headbanging.
25 ans plus tard, le couperet tombe et après cette ode au metal au firmament de la gloire d'Anvil, on retombe dans le quotidien morne et désenchanté du leader du groupe qui travaille dans une entreprise de plats tout préparés. À plus de 50 ans, l'homme n'a rien perdu de son amour immodéré pour la musique, mais il ne vit pas de sa passion. Et malgré un certain parti pris, la caméra de Sacha Gervasi dresse le portrait touchant d'un musicien qui revient sur sa longue errance artistique. Lips aborde de front les nombreuses difficultés rencontrées par le passé et qui continuent d'être aussi tenaces.
 
De la déchéance à la renaissance d'Anvil
Il s'en dégage un aspect presque pathétique tant on se croirait devant une transposition du génial et parodique Spinal Tap. Or, les nombreux déboires qui jalonnent le parcours d'Anvil sont hélas bien réels, le groupe accumulant les malchances et problèmes surréalistes de management indigne d'un groupe professionnel. Malgré tout, Anvil reste soudé, guidé par le charismatique et rêveur Steve "Lips" Kudlow qui croit dur comme fer au renouveau du groupe. Pour preuve, il réussit à amasser assez d'argent pour autoproduire le dernier album en date This is Thirteen qui reste à ce jour le meilleur enregistrement d'Anvil. Malgré le refus des majors de signer le groupe, Anvil sort de cette expérience plus fort et puissant. Ils finissent même par être invités au Japon, pour donner une prestation devant plus de 150 000 personnes. En juin 2008, ACDC invite le groupe à jouer en première partie des deux premières dates de sa tournée internationale. Anvil renaît « enfin » de ses cendres !

 

 

Gwenael TISON

Le verdict des internautes

Total des votes : 42

Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
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    Acteurs
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    Musique

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