La critique d'Excessif
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L'HISTOIRE : Arthur (Freddie Highmore) est un jeune garçon débrouillard de 10 ans qui passe son temps à rêver des histoires de son grand-père, disparu quelques années auparavant en laissant derrière lui un trésor dont il est le seul à connaître la cachette. L’une de ces histoires relate l’existence de petits êtres, mesurant à peine la taille d’un dixième de pouce, vivant dans la nature et répondant au nom de Minimoys (« Invisibles » en anglais). Un jour, Arthur découvre que s’il ne fait rien, la maison de sa grand-mère va bientôt être démolie. Il décide alors de partir à la recherche du trésor de son grand-père, et pour se faire, il va devenir un Minimoys et se lancer dans une aventure aux côtés de la princesse Sélénia (Mylène Farmer) et de son frère le prince Bétamèche (Cartman) dans laquelle il sera amené à affronter leur ennemi juré : Maltazard (Alain Bashung).
La première chose qui vient à l’esprit en sortant de la projection d’
Arthur et les Minimoys, c’est qu’il s’agissait du dernier film de Luc Besson. Comme il l’a toujours dit (et s’il ne change pas d’avis), ce film sera son dixième et il n'y en aura plus d'autres après. Dix films en 23 ans, c’est peu et énorme à la fois. Peu car il est évident que l’homme a encore des choses à nous dire, énorme car, en l’espace de deux décennies, il aura réussi à devenir l’une des figures emblématiques du cinéma français, grâce à un talent unique qui le classe parmi les grands. Il manquera donc à beaucoup, mais avant de le pleurer, parlons un peu de son dernier métrage :
Arthur et les Minimoys.
ARTHUR ET LES MINIMOYSUn film de Luc Besson
Avec Freddie Highmore, Mylène Farmer, Mia Farrow
Durée : 1h35
Date de sortie : 13 décembre 2006
Arthur (Freddie Highmore) est un jeune garçon débrouillard de 10 ans qui passe son temps à rêver des histoires de son grand-père, disparu quelques années auparavant en laissant derrière lui un trésor dont il est le seul à connaître la cachette. L’une de ces histoires relate l’existence de petits êtres, mesurant à peine la taille d’un dixième de pouce, vivant dans la nature et répondant au nom de Minimoys (« Invisibles » en anglais). Un jour, Arthur découvre que s’il ne fait rien, la maison de sa grand-mère va bientôt être démolie. Il décide alors de partir à la recherche du trésor de son grand-père, et pour se faire, il va devenir un Minimoys et se lancer dans une aventure aux côtés de la princesse Sélénia (Mylène Farmer) et de son frère le prince Bétamèche (Cartman) dans laquelle il sera amené à affronter leur ennemi juré : Maltazard (Alain Bashung).La première (et peut-être la plus importante) précision à faire sur
Arthur et les Minimoys est qu’il s’agit d’un film avant tout pour les plus jeunes, plus proche des deux premiers
Harry Potter que des derniers films d’animation en date comme
Monster House ou
Cars pour ne citer que ceux-là. Dès lors, toutes critiques sur le côté enfantin, voire naïf, du film seraient complètement hors sujet. Il est évident que pour les spectateurs les plus cyniques, le dernier film de Luc Besson aura l’aspect d’une grosse coquille vide, dénuée d’intérêt car totalement inoffensive. Ceux-là donc pourront cracher leur venin tant qu’ils veulent car
Arthur saura trouver son public, tant ses qualités sont nombreuses, la première d’entre elles étant son scénario.

Comme souvent dans les dessins animés, le macguffin de l’histoire (ici le trésor du grand père) n’est qu’un prétexte donné au héros pour vivre une aventure unique. Et sur ce point, Arthur va être gâté car le scénario ne souffre d’aucun temps mort et les rebondissements sont nombreux. En effet, tout au long de son périple, notre héros sera succesivement amené à affronter une armée de moustiques dans un combat aérien, à éviter la noyade dans le torrent d’un ruisseau, puis à se battre au corps à corps sur une platine 33 tours au rythme du son des Bee Gees… ouf ! Tout cela pour finalement se retrouver face au terrible Maltazard, grand méchant très réussi, que ce soit par son design (qui fait fortement penser au rige de Loisel), ou par son background.
L’une des autres forces de ce film tient d’ailleurs sur la présence des personnages que Luc Besson, comme à son habitude, a su rendre très attachants. Arthur en premier lieu, interprété par Freddie Highmore (bien plus impliqué que dans
Charlie et la Chocolaterie), qui prête sa frimousse de galopin à ce jeune garçon intelligent, bricoleur et courageux, mais aussi totalement conscient du monde dans lequel il vit, et qui tient à merveille son double rôle, réel et virtuel. La figure parfaite du héros en quelque sorte. Viennent ensuite les sympathiques Minimoys, sorte de Minipouces habillés façon Mad Max, et surtout Sélénia (doublée par une Mylène Farmer très convaincante pour sa première expérience), la princesse héritière du trône, une tête brûlée comme les aime Luc Besson. Elle et Arthur forment un couple très touchant, car fortement imprégné d’une certaine idéologie de l’enfance. Essayez de vous remémorer vos premières amours et vous comprendrez.

Derniers protagonistes très intéressants : les personnages réels. Au lieu de tomber dans le piège qui aurait consisté à faire des Minimoys des personnages de cartoon, opposés aux humains sérieux et ennuyeux, Besson prend tout le monde à contre-pied et fait le contraire. Ce sont ici les humains qui semblent sortis d’un dessin animé de Tex Avery (ils tombent en remontant les jambes, ils s’évanouissent pour un oui ou pour un non…), alors que les Minimoys sont beaucoup plus « matures » dans le sens où ils semblent concernés par des affaires « d’adultes ». Message plutôt pertinent quand on se rend compte que la seule préoccupation de la plupart des humains est la recherche du trésor du grand-père (donc de l’argent), alors que le but de la quête de Sélénia (donc des Minimoys) est la survie de son peuple, menacée par Maltazard. On n’ira pas jusqu’à dire qu’
Arthur et les Minimoys est une fable humaniste, mais cette thématique a au moins le mérite d’être présente.

Un autre point positif du film réside dans son univers léger, drôle et réaliste à la fois. S’il y a bien une chose qu’on ne pourra enlever à Luc Besson, c’est sa capacité à créer des films à ambiance. Et celui-ci ne déroge pas à la règle. Car qui d’autre que Besson pourrait faire arriver des guerriers Massaï au milieu d’un champ du Connecticut sans que cela ne tombe dans le risible ? Pas grand monde effectivement, et rien que pour ça le film est une réussite. D’ailleurs, sur plusieurs points,
Arthur et les Minimoys nous rappelle grandement
Le Cinquième élément, par son côté « baroque techno punk », ici remanié à la sauce écolo, et par certains détails amusants (la voix d’un des guerriers, la démarche d’une des créatures numériques, et la relation Arthur/Sélénia qui fait fortement penser à celle qui liait Leeloo et Corben). Dès lors, quand on regarde la carrière du réalisateur d’un peu plus prêt, il apparaît évident qu’il était destiné à venir à l’animation un jour ou l’autre car c’est peut-être le medium le plus apte à accueillir son imaginaire et sa vision du monde.
Le seul reproche que l’on pourrait faire au film est qu’il se révèle parfois faible techniquement si on commence à le comparer aux grosses machines citées plus haut. L’animation est peu naturelle, les visages manquent de vie, le texturage n’est pas très détaillé… on était en droit d’attendre plus de la part des magiciens de BUF compagnie (qui ont notamment œuvré sur Fight Club, Matrix 2 et 3 et récemment Le Prestige). Mais cela est-il vraiment grave ?
Azur et Asmar et
La véritable histoire du petit chaperon rouge, bien moins réussis visuellement, se sont révélés de vrais succès et restent très plaisants à regarder. Le film d’ailleurs n’est pas laid, les décors sont bien travaillés (mélange de 3D et de prises de vue réelles de maquette oblige), les lumières sont colorées et le « character design » est vraiment original. De plus, le goût de Luc Besson pour les focales courtes nous permet d’avoir une vision beaucoup plus large du monde qui entoure Arthur et d’admirer le magnifique travail de déco effectué sur ce film, que ce soit dans la réalité comme chez les Minimoys.

contient une belle histoire, des personnages bien caractérisés et une ambiance unique. Ajoutez à cela quelques clins d’oeil amusants, toujours les bienvenus dans ce genre de production, à
notamment (si ça peut pousser les enfants à regarder du Lang, c’est bon à prendre), et vous obtenez le parfait divertissement pour nos chères petites têtes en l’absence d’un Disney digne de ce nom. Bref, une incontestable réussite dans laquelle tous les ingrédients sont réunis pour devenir un incontournable de cette fin d’année. Gageons qu’en cas de succès, Luc Besson comprendra qu’il n’a pas que des détracteurs et qu’il reviendra sur sa décision d’arrêter sa carrière. Dans le cas contraire, so long, et merci pour tout !
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