L'agent secret le plus chaud et ''groovy'' de la planète est de retour pour une troisième aventure plus hilarante que jamais, qui nous rattrape du précédent opus, dont la surenchère de mauvais goût et de provocation éclipsait l'aura de l'œuvre originale. Car il est vrai qu'à la base,
Austin Powers, 1er du nom, était avant tout un hommage à une époque et à un genre autant qu'une parodie déjantée. Dans
Goldmember, Mike Myers retrouve à la fois l'esprit du premier film sans pour autant freiner ses délires crados. Cerise sur la gâteau : la présence de Michael Caine dans le rôle de Nigel Powers, le père d'Austin. Que demande le peuple?
Fooxy Cleopatra (Beyoncé Knowles) et Austin Powers (Mike Myers) dans GOLDMEMBER (2002) AUSTIN POWERS DANS GOLDMEMBER2002 - USA - 1h34
Réalisateur : Jay Roach
Interprètes : Mike Myers, Beyoncé Knowles, Michel Caine, Michael York, Seth Green, Heather Graham, Robert Wagner, Verne Troyer
Sortie française : le 23 Octobre 2002
Austin Powers (Mike Myers) doit retrouver son père, le séducteur Nigel Powers (Michael Caine) qui a été kidnappé par le mystérieux Goldmember (Mike Myers), un fou-furieux voulant détruire la Terre avec un météorite en or massif. Dans le cadre de son enquête, il est obligé de demander conseil à son ennemi juré, le Dr.Evil (Mike Myers), prisonnier dans un quartier de haute sécurité. Notre héros va devoir à nouveau voyager dans le temps et retourner en 1975 où il retrouve une ancienne connaissance, l'affolante Foxxy Cleopatra (Béyoncé Knowles) qui l'accompagnera dans ses aventures délirantes...
Goldmember (toujours Mike Myers) dans GOLDMEMBER (2002)Malgré le succès public de
Austin Powers : L'espion qui m'a Tiré, il faut reconnaître que cette séquelle nous laissait vraiment sur notre faim, surtout à cause d'un humour trop auto-référentiel. Le film masquait son manque d'idées neuves par un déluge de gags provocateurs (situés en majorité en dessous de la ceinture) qui ne faisaient pas vraiment illusion auprès des fans de la première heure. Avec
Goldmember, on oublie tout et on recommence. Plus question de sourire, ou de ricaner gentiment. C'est l'hilarité non-stop qui résulte de ce troisième film qui semble être un mot d'excuse par rapport au second. Non content de nous offrir un
pré-générique qui tue (où interviennent une pléiade de guest-stars dont nous tairons le nom pour conserver l'effet de surprise) autant en terme de comédie que d’action,
Goldmember réutilise les gags foireux du précédent film, et les améliore (la parodie du clip de Rap entre autres) pour en faire quelque chose de vraiment drôle, cette fois.

Nous ne saurions trop vous conseiller de voir ce film en version originale, tout d'abord pour apprécier pleinement la performance incroyable de Mike Myers, qui cette fois se déquadruple pour le meilleur et pour le rire en interprétant Austin Powers, Dr. Evil, Goldmember, et bien sur Fat Bastard, qui est - heureusement pour certains - un peu moins présent que dans le précédent opus. Mais Mike Myers n'a pas délaissé les fans de ce personnage qui étale son humour scato en quelques tirades tellement crades qu'on en sentirait presque l'odeur. Comment apprécier également, autrement qu'en VO les jeux de mots typiquement anglais (ex : les sœurs jumelles japonaises prénommées Fook Mi et Fook Yu) qui sont légions dans ce film qui objectivement, surpasse les deux précédents sur bien des points.
La nouvelle trouvaille de l'ex-comique de Saturday Night Live (rappelons que Mike Myers est le créateur d'Austin Powers et le scénariste des trois films), est donc Goldmember, un personnage à l'accent allemand fort prononcé, subissant régulièrement des pertes de petites peaux (qu'il conserve ou mange, au choix), fort habile en rollers et qui fait le grand écart de façon assez spectaculaire. Mike Myers en fait des tonnes, mais cette fois-ci ça marche, car le rythme effréné du film ne nous laisse pas le temps de nous reposer. Une des idées particulièrement savoureuses de Myers, c'est d'avoir inclus dans cette histoire loufoque des séquences en flash-back sur la jeunesse des personnages. Dans les rôles respectifs d'Austin Powers et Dr. Evil jeunes, Aaron Himelstein et Josh Zukerman sont tout simplement excellents. Il en va de même pour les seconds rôles qui sévissaient dans les films précédents comme Michael York (Basil Exposition), Robert Wagner (Le borgne Numéro Deux), Mindy Sterling (Frau Farbissina) et Seth Green (Scott le fils de Dr. Evil).

Beyoncé Knowles est Foxxy Cleopatra / Verne Troyer est Mini-Me Notons également la présence de Beyoncé Knowles, chanteuse du groupe de R'n'B
Destiny's Chils, dans son premier grand rôle en tant qu'actrice. Son personnage possède beaucoup plus de présence et de charisme que celui de la précédente ''Austin Powers Girl'' (Heather Graham pourtant) puisqu'il s'inspire d'une icône de la ''Blaxpoitation'' : Pam Grier. Dotée d'une coiffure afro du plus bel effet, Béyoncé nous refait donc du Pam Grier avec une telle conviction, qu'on la confondrait presque avec l'originale (ah ! ces répliques sauvages ponctués par des ''Sugar'' sur fond de musique parodiant le thème de
Shaft).

Micheal Caine est Nigel Powers dans GOLDMEMBER (2002)D'ailleurs le nom de son personnage, Foxxy Cleopatra, n'est autre qu'un mélange entre
Foxy Brown (avec Pam Grier justement) et
Cleopatra Jones (avec la non moins sexy Tamara Dobson). Les clins d’œil cinéphiliques, qu'il soient appuyés (Dr.Evil parodiant Hannibal Lecter dans
Le Silence des Agneaux) ou plus discrets (le flingue caché dans les cheveux de
Foxy Brown) font également la force du film. Quant à l'impérial Michael Caine, sa présence dans
Goldmember justifie à elle seule la vision du film, qui rend hommage à plusieurs personnages cultes qu'il interpréta, de
Alfie Le Dragueur à Harry Palmer, l'espion de
Ipcress File : Danger Immédiat. Son temps limité à l'écran n'est qu’une sécurité pour le reste du casting qui risque à tout moment de se faire voler la vedette par l’inoubliable interprète de
La Loi Du Milieu. On ne pouvait rêver d’un choix plus parfait. Rien que pour ça,
Goldmember est un film grandiose !