Trois ans après
L'annulaire, la réalisatrice Diane Bertrand revient avec une comédie romantique pure et dure aux accents très européens qui se balade entre romantisme à l’italienne et humour à l’anglaise... Ajoutons à la recette un petit concentré de burlesque à l’américaine et vous obtenez finalement un petit film français plutôt sympathique et qui parvient, contre toute attente, à surprendre son spectateur... Si le couple Viard-Accorsi fait des étincelles, on retiendra également la prestation de Valérie Benguigui en psychanalyste névrosé et paumée. Frais, dynamique, amusant et touchant, ce
Baby Blues est un bon remêde contre la morosité automnale...
BABY BLUESUn film de Diane Bertrand
Avec Karin Viard, Stefano Accorsi, Valérie Benguigui, Jean-Marc Barr
Durée : 1h35
Date de sortie : 26 Novembre 2008
Fabrizio est acousticien, Alex dirige le service marketing d'une grande marque de sous-vêtements. La quarantaine, ils forment un couple heureux, sans enfant, avec leur vieille chienne Esperanza. Mais déstabilisé par les changements d'attitude d'Alex, qui commence à se mettre en tête l’envie d’un bébé, Fabrizio lui cache toutes sortes de douleurs d'origines psychosomatiques qu'il commence à ressentir chaque fois qu'elle évoque le sujet. Sur les conseils de son ami médecin, il finit par se résoudre à aller voir une psychanalyste en le cachant soigneusement à Alex, psy qui s'avère être la même que celle qu'Alex consulte en secret depuis deux ans...On dit toujours que la comédie romantique est avant tout l’apanage des pays anglophones qui se sont forgés une réputation dans le genre au cours des décénnies... Cependant, les années 2000 ont réussi à nous offrir quelques petites perles bien de chez nous assez réussies. De Prête-moi ta main en passant par
Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants, le cinéma français tente de rattraper son retard en la matière et semble parvenir, petit à petit, à ses fins. Ce
Baby Blues confirme la tendance... Réalisée par Diane Bertrand, à qui l’on doit le sympathique Un samedi sur la terre et l’étrange
L'Annulaire, cette comédie sans prétentions réussit sans détour à toucher le vif du sujet et à tirer les zygomatiques de ses spectateurs. Entre vraie tendresse et petites piques bien lancées, le film se balade entre deux tons, à l’affût du moindre moment qui fera pétiller ce scénario somme toute très convenable. Au sens le plus strict... Car si le point de départ ne nous éclaire pas de sa singularité, Diane Bertrand parvient à en tirer le maximum et plutôt que de partir d’une idée géniale pour arriver à un résultat décevant, elle fait le pari de s’attaquer à une histoire très simple pour mieux nous surprendre.

Ainsi, grâce à une écriture franche et efficace, le film ne s’embarasse pas de multiples détours et se concentre au maximum sur ses personnages principaux pour en cerner les failles mais aussi les forces. Construisant le couple Viard-Accorsi sur le modèle du duo antinomique mais complémentaire, la machine est lancée dès les premières minutes et ne s’essoufle que très peu jusqu’à même reprendre une certaine vigueur dans ses derniers instants où tout le dénouement, parfois périlleux, est ici très bien amené. Les figures imposées sont bien présentes : du couple follement amoureux, on passe à la grosse rupture qui fait pleurer puis les non-dits, les situations farfelues ou les quiproquos... Mais la force du film, puisée dans cette capacité des comédiens de s’affranchir d’un jeu trop balisé, est de surprendre et même parfois prendre à contrepied. Alors que nous pensions cette histoire de psy très secondaire, elle va finalement prendre une importance considérable et devenir la pierre angulaire du récit. Un virage maîtrisé grâce à l’intervention de Valérie Benguigui (interprète du psy) qui, derrière ses tocs, recèle en elle toutes les névroses et déséquilibres de ce couple... Une excellente idée de prendre un personnage pour défouloir et éviter de prendre à parti le spectateur. Pauvre Valérie Benguigui qui cependant nous offre quelques franches riogolades...
Au final
Baby Blues vous fait ressortir avec une vraie banane et une volonté d’être une meilleure oreille dans votre couple (c’est déjà pas mal). Intelligent, sans autant tomber dans la leçon de morale, léger comme une fine coupe de champagne et assez rythmé pour ne jamais nous perdre en cours de route, le dernier cru de Diane Bertrand nous satisfait à bien des égards et créé la surprise en cette fin d’année quelque peu tristouille. En ces temps de morosité ambiante, répétons-le, rien de mieux qu’une comédie romantique pour vous redonner l’envie de mettre le petit doigt dehors. C’est votre généraliste ciné qui vous fait l’ordonnance...
Kevin Dutot