L'HISTOIRE : Alain, cadre dans une banque, souhaite avoir un enfant de sa femme, Anna. Celle-ci se verrait davantage en pianiste reconnue qu'en mère de famille.Un film visiblement fait avec le cœur
2009, année du toutou ? En tout cas à l’écran… De Marley et moi à Wendy et Lucy, en passant par Le Chihuahua de Beverly Hills ou Un homme et son chien, (en attendant le prochain Trésor, dernier film de Claude Berry sur un chien omniprésent au sein d'un couple), le 7e Art fait depuis quelques mois la part belle au « meilleur ami de l’homme » sur pattes. Une tendance à laquelle souscrit pleinement l'ex-Inconnu Didier Bourdon, qui après trois ans d’absence à la réalisation revient derrière et devant la caméra avec son canin Bambou. Une comédie pour laquelle Bourdon s’est entouré des scénaristes Michel Delgado (aussi réalisateur de son précédent film – Bouquet final) et de l’humoriste Albert Algoud. Un travail d’équipe pour un film au thème animalier que Didier Bourdon, également grand ami des bêtes, a eu l’idée de faire « en constatant la place de plus en plus grande des animaux domestiques dans la vie des gens ». Un sujet pour le moins fédérateur et possiblement un bon filon sachant qu’en France, 52 % des foyers possèdent au moins un animal de compagnie. Bambou fera-t-il pour autant la joie de son maître en dévorant tout cru le box office ? Rien n’est moins sûr…
Exit les boules de cristal et la voyance. Loin de Madame Irma, pour sa septième réalisation, Didier Bourdon, en témoin de son époque, s’intéresse cette fois à un univers tout aussi symptomatique : les animaux de compagnie comme phénomène de société. Parmi eux, compagnon inconditionnel pour plus d’un Français sur trois, le chien demeure plus que jamais une valeur sûre. « Ouaf ouaf » fidèle, ami des enfants, gardien et protecteur ou « chien-chien à sa mémère », quelle que soit sa fonction, la cote d’amour du chien demeure sans ombrage. Et ce n’est pas Didier Bourdon qui dira le contraire. Propriétaire canin convaincu, sa nouvelle comédie s’articule autour de la relation entre un chien et son maître. Et des liens affectifs qui, malgré lui, vont progressivement se créer.
Au début du film, la partie semble en effet loin d’être gagnée. Largement opposé à la venue d’un chien dans son quotidien, pour Alain, la cohabitation va s’avérer délicate. Comme l’annonce, la catchline, « le début des emmerdes ». Un euphémisme au regard des catastrophes et autres désagréments en série dont la petite boule de poils se rendra vite responsable. Un fil conducteur, qui à défaut d’être original, passe en revue, avec plus ou moins de bonheur, les joies et les désagréments inhérents au statut de cynophile. Nourriture, déjections, répression canine et même psy pour cabot mal dans ses « papattes », l’apprentissage sera parsemé d’embûches pour notre aspirant maître idéal.
D’autant que, comme on pouvait s’en douter, le chien rejeté deviendra bientôt le seul compagnon de son ingrat de propriétaire. Et quand sa dulcinée sera partie répondre aux sirènes lancinantes d’une carrière prometteuse, un placebo sentimental à la présence indispensable. Bambou joue ainsi la carte de l’ambivalence des sentiments. Avec un attachement progressif (et régressif) à la clé. De calamité sur pattes, l’animal deviendra progressivement bébé puis ciment du couple. Un tuyau en or pour nos amis des bêtes en pleine rupture sentimentale…
Avec Bambou, Didier Bourdon nous offre un film visiblement fait avec le cœur. Une comédie qui tient autant de la farce contemporaine que de la déclaration d’amour à l’attention du « meilleur ami de l’homme ». Mais Bambou est aussi un film qui, malgré les meilleures intentions du monde, souffre principalement d’un scénario pas super inventif auquel s’adjoint une mise en scène parfois poussive. Pire, notre trio de scénaristes semble faire preuve d’un réel manque d’imagination tant le filon animalier n’est pas vraiment exploité. Bambou et ses yeux de cocker ont beau remplir l’affiche du film. Paradoxalement, le chien officie comme simple figurant. Et se contente du statut de faire-valoir. Quitte à remiser, pour le coup, les poncifs canins les plus couramment admis. Au final, Bambou apparaît comme un film sympathique, quoique convenu. Et qui, à l’image de son bouillonnant cocker, aurait gagné à plus de dynamisme.
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