A défaut de rivaliser avec les films de Sergio Leone, ce qui serait une perte de temps et d’argent, autant miser sur la carte de l’humour et de la séduction. Comme toutes les autres productions de Besson, ce long-métrage ne vise pas les Oscars et se veut être divertissant sans trop se prendre au sérieux, ce qui donne au final un bon film mené par un duo qui pour certains ne faisait office que de fantasme.
BANDIDASUn film de Joachim Roenning et Espen Sandberg
Avec : Salma Hayek, Penelope Cruz, Steve Zahn, Dwight Yoakam, Sam Shepard
Durée : 1h35
Sortie le 18 janvier 2006Sara et Maria, issues de milieux différents, décident de s’associer afin de braquer des banques pour remettre l’argent aux paysans Mexicains que les Américains s’étaient illégalement appropriés. Ces deux hors-la-loi vont devenir au fil du temps les plus recherchées par les autorités américaines.Quel plus beau rêve que celui de réunir les deux plus belles actrices latines de notre temps, montant des chevaux en bottes et chapeaux de cow-boy ! Merci (pour une fois) à Luc Besson pour cette brillante idée. D’autant que le scénario, issu de l’imagination de Besson, s’avère plutôt efficace. En effet, cela fait bien longtemps que les productions d’Europa ne sont pas des modèles du genre pour ce qui est de livrer des histoires plus que légères pour alimenter l’action. Mais au bout d’un moment il faut savoir arrêter de dénigrer à tout va comme si à chaque fois on nous avait promis le scénar’ du siècle, et au contraire l’accepter comme il vient en essayant d’oublier les clichés et autres incohérences. Mais où se situe donc la force du film ? Mais dans le duo principal évidemment, celui qui porte tout le film sur ses épaules ! Car oui, Pénélope Cruz et Salma Hayek portent le film à merveille, si bien qu’on ne peut s’empêcher de tomber amoureux. Lors des projections de presse, certains journalistes ont fait des crises d’épilepsie en voyant le personnage de Pénélope Cruz faisant des pompes dans l’eau alors qu’elle porte un magnifique décolleté, d’autres ont eu des bouffés de chaleur lors de la scène où Salma Hayek, vêtue d’une tenue de danseuse de cabaret s’entraîne à embrasser un homme attaché au lit en guise de cobaye. Cet homme n’est autre que Steve Zahn, vu dernièrement dans
Sahara, toujours aux cotés de Pénélope Cruz, ici sous les traits d’un détective qui finira par faire équipe avec le duo féminin pour aider le peuple mexicain. Un acteur qui verra sa tête mise à prix sur les affiches pour être l’acteur à avoir tourné la scène la plus enviée par la gente masculine.
Entraînement, braquages de banques et autres scènes de poursuites à cheval ne parviennent pas à innover le genre mais savent susciter l’intérêt par leur côté second degré. Contrairement à d’autres films de la même trempe (production Europa, film d’action) comme le
Transporteur 2 par exemple, qui au final n’avait plus aucun charme à cause de son héros qui aurait quand même pu rater un créneau pour paraître plus vulnérable et crédible. On a l’impression que le méchant de l’histoire a lui aussi été imaginé pour ne pas paraître crédible visuellement, même si ses actes le définissent comme étant le pourri du film, donnant ainsi à l’oeuvre un aspect plus léger. Pour vous donner une idée de ce à quoi il peut ressembler, imaginez un peu Jonathan Davis, le chanteur du groupe Korn en tenue noire de cow-boy, bref un méchant aussi effrayant que sa coupe de cheveux.

Pour aider à la qualité du film, qui est un premier film il faut le souligner, les deux réalisateurs ont eu droit à deux autres génies de leur domaine : Thierry Arbogast à la photo et Eric Serra à la musique qui s’essaye ici à un nouveau genre avec les très classiques trompettes et guitares de mariachis mais ô combien efficaces. Cela devient une habitude apparemment dans les productions Besson de s’entourer d’une équipe de qualité,
Danny the Dog étant le dernier exemple en date qui avait eu droit au groupe Massive Attack pour la musique et Yuen Woo-Ping pour les chorégraphies.
En conclusion,
Bandidas parvient à être un excellent film dans son genre, un film qui gagne en efficacité par son manque de sérieux sans vouloir être trop prétentieux, porté par un duo d’actrices dans le même état d’esprit que l’œuvre, et qui n’ont rien à prouver à personne lorsqu’on regarde de plus près leur carrière respective. Bref on sent le film tourné dans la bonne ambiance générale et ce n’est pas pour nous déplaire si on peut en profiter.