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Be Happy

La critique d'Excessif

3/5
happygolucky135ok L'HISTOIRE : Institutrice, Poppy est une jeune femme aussi drôle et fantaisiste que rationnelle et déterminée. A l'écoute des autres, elle séduit tous ceux qui l'approchent, adore ses élèves et s'investit complètement dans son travail. Poppy vit en colocation avec une copine, Zoe. Elle sort beaucoup avec ses soeurs cadettes, et s'éclate en prenant des cours de flamenco et de trampoline. Quand elle se décide à apprendre à conduire, sa gentillesse et son sens de l'humour semblent même amadouer son moniteur d'auto-école pourtant peu aimable et très cyclothymique. Tout va donc plutôt bien dans la vie de la positive Poppy, surtout quand elle rencontre, dans le cadre de son travail, Tim avec lequel elle se sent aussitôt sur la même longueur d'ondes.
Il fallait oser ! Réaliser un film sur une jeune femme jolie, intelligente, drôle et heureuse, entourée d’excellents amis, heureux eux aussi, amoureuse et aimée en retour, à qui il arrive des choses heureuses, est en effet le pari que se lance Mike Leigh dans son dernier ouvrage : Be Happy. Ca ne s’invente pas comme qui dirait... On en viendrait presque à se demander si le réalisateur de All or Nothing et Secrets et Mensonges n’aurait pas pris quelques petites pillules du bonheur avant de se lancer derrière la caméra pour cette comédie pêchue, diamétralement opposée aux précédentes oeuvres du cinéaste anglais. Après le larmoyant et pathétique Vera Drake, Leigh se tourne vers un rire de bon coeur. Partagé par tous...

BE HAPPY
Happy Go-Lucky
Un film de Mike Leigh
Avec Sally Hawkins, Eddie Marsan, Alexis Zegerman
Durée : 1h58
Date de sortie : 27 Août 2008

Poppy est une institutrice qui sourit à la vie et à qui la vie sourit en retour... Heureuse, décompléxée, profitant du quotidien avec sa coloc Zoé et sa jeune soeur délurée, Poppy séduit tous ceux qui l’approchent et s’investit toujours plus dans son travail. Elle prend des cours de flamenco et de trampoline, doit se mettre à la conduite parce qu’on lui a volé son vélo et semble bien décidée à être heureuse. Quoiqu’il arrive...

Lorsqu’on lit le synopsis du dernier Mike Leigh, une grimace instantanée vient se dessiner sur les visages... Une femme heureuse à qui il arrive uniquement des choses géniales, qui garde le sourire en toutes circonstances et qui semble aimée de tous, on se croirait presque au pays des Teletubbies. Notre cynisme de premier ordre, dont le premier réflexe est de rejeter en bloc ce potentiel épisode de Candy en direct-live, se fait rapidement rabattre le caquet dès les premières minutes du film. Grâce à la prestation de l’actrice principale, Sally Hawkins, déjà aperçue dans Layer Cake ou Le rêve de Cassandre, Be Happy se targue d’un capital sympathie immédiat... Tendre et colorée comme une chanson pop aussi essentielle que superficielle, cette oeuvre de Leigh déploie des caisses d’énergie pour nous rendre le sourire et nous faire apprécier, tout simplement, une histoire aussi bienveillante dans ses intentions que teintée d’un joli message sur la vie... Profondément optimiste, comme un vieil homme de 70 ans prêt à se réconcilier avec la vie pour ses dernières décennies, Mike Leigh entame ici un nouveau morceau de carrière plus tourné vers un cinéma lumineux, bien plus proche d’un Life is Sweet que d’un Secrets et Mensonges. Et c’est tant mieux.


On se surprend à littéralement adorer ce personnage de Poppy dont le seul prénom pourrait hérisser nos poils et on se met à aimer ses aventures, son quotidien... Au trampoline, en cours de danse, avec son prof de conduite ou pendant ses virées en boîte, le personnage devient une figure quasi mythique, surréaliste, dont le rire communicatif soigne toutes les blessures. Son charme dévastateur et sa joie de vivre viennent alors nous tirer les zygomatiques et nous émouvoir à certains instants... En ces temps de morosité ambiante, Mike Leigh se donne le privilège de sublimer le bonheur et d’en faire un art de vivre accessible à tous. La recette est simple, enfantine et consiste à prendre le bon côté des choses. Point ! Et en cas de conflit, un zeste d’ironie et de bon sens permet de se sortir de toute mauvaise situation. Quitte parfois à laisser de côté certaines intentions de scénario...

Car si Be Happy réussit pleinement le pari de nous faire redecouvrir l’existence avec l’insousciance d’un gosse, le film trouve ses limites dans ses tentatives de dramatiser le récit. Si la confrontation avec le moniteur d’auto-école est tout à fait réussie et monte crescendo dans un terrifiant face à face en parfaite opposition avec le reste du métrage, l’aspect social du film (l’intervention de l’enfant battu) semble montrer un manque d’approfondissement de la part de Leigh et une certaine maldresse qui nous font tout simplement oublier cette facette du récit. Etonnant d’emprunter une voie pour ne pas la suivre au final. Mais ne serait-ce pas là une façon de montrer que pour être heureux il faut parfois ignorer le malheur des autres ? La question pourrait bien être posée par Mike Leigh, qui a su se montrer grave et profondément pessimiste à plusieurs reprises au cours de sa carrière...

Au final, on retiendra le gigantesque sourire accroché à nos lèvres du début à la fin du métrage et la verve comique d’une comédienne habitée, faisant de ce personnage amusant une déesse du rire et de la joie jamais vue au cinéma. Les personnages secondaires, entourant le naturel dévastateur de Sally Hawkins, sont alors comme de multiples étoiles venues graviter autour d’un soleil d’une rare clareté. Foncièrement séduisant et d’une jolie délicatesse, le film vient mettre en image un vieil adage : don’t worry, be happy... On a bien compris la leçon.

Kevin Dutot









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jujulcactus 09/04/2010 à 10h34
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