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Bienvenue chez les Robinson

La critique d'Excessif

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robinsons_cinefr L'HISTOIRE : « A 12 ans, Lewis est un garçon brillant qui a déjà inventé beaucoup de choses fabuleuses, mais qui font parfois pas mal de dégâts. Sa dernière invention, le Scanner de Mémoire, pourra peut-être lui permettre de raviver ses lointains souvenirs de sa mère. Lewis retrouverait alors sa famille… Malheureusement, sa géniale invention vient d’être volée par l’ignoble Homme au Chapeau melon.

Lewis a presque perdu tout espoir lorsqu’un mystérieux garçon appelé Wilbur Robinson l’entraîne dans sa machine à explorer le temps… Les voilà lancés dans le futur, où Lewis découvre l’excentrique famille de Wilbur. Dans ce monde futuriste et délirant, la plus fabuleuse des aventures les attend. Pour sauver l’avenir, ils doivent retrouver l’Homme au Chapeau melon et déjouer son fascinant complot. Alors, ils découvriront peut-être le fantastique secret du destin de la famille Robinson. »
Dernier film d’animation 3D produit par Walt Disney Animation Studio, qui sous la houlette de John Lasseter, va revenir à l’animation traditionnelle 2D, Bienvenue chez les Robinson poursuit un héritage des derniers animés Disney, tendance Kuzco, que des productions made in Pixar.

BIENVENUE CHEZ LES ROBINSON
Un film de Stephen Anderson
Durée : 1h40
Date de sortie : 17 octobre 2007


Le jeune Lewis est un orphelin qui a un talent énorme pour inventer toute sorte d’objets plus ou moins utiles. Malgré ses capacités hors du commun il a bien du mal à trouver une famille d’accueil. Jusqu’au jour où un jeune garçon débarque du futur et l’emmène déjouer les sombres desseins de l’homme au chapeau melon…

A la vision de Bienvenue chez les Robinson on sent immédiatement le lien de parenté avec Kuzco, l’Empereur mégalo, le réalisateur Stephen Anderson ayant travaillé sur le scénario de ce dernier. Même si les deux histoires sont profondément différentes et les univers très éloignés, les deux films ont un humour débridé avec une accumulation frénétique de gags et des personnages tous plus déjantés les uns que les autres.

Nous plongeant dans un pur récit de science fiction classique, à savoir le voyage dans le temps, le film nous emmène une trentaine d’années plus tard dans un futur idéal où les progrès technologiques permettent aux immeubles de se construire en se gonflant comme des ballons et où les gens se déplacent en bulles de savon géantes (!). La fantaisie est donc à tous les niveaux du film et la qualité visuelle, même si elle n’atteint pas le perfectionnisme de Pixar, se révèle particulièrement flatteuse pour la rétine, avec notamment des textures pour les métaux très réussies. La machine à voyager dans le temps est à ce titre un véritable bijou au design très années 50 et à la carrosserie rutilante reflétant l’intégralité du décor.


Si l’univers du film ressemble à une version policée du Futurama de Matt Groening, l’histoire pose ses principaux ressorts comiques sur une galerie de personnages plutôt bien fournie (voire trop). Ainsi les nombreux membres des Robinsons sont tous des gentils illuminés tombant parfois dans l’hystérie collective lors des repas de famille. Mais c’est le vilain de l’histoire qui vole la vedette à toute cette gentille famille de cinglés. L’homme au chapeau melon (c’est son nom), visiblement inspiré par le Professeur Moriarty et par le Jack Lemon de The Great Race, est le moteur comique le plus efficace du film et à l’origine des ses meilleurs moments. Eloborant des plans tous plus absurdes les uns que les autres, et avec en prime des entrées de scène anthologiques, l’homme au chapeau melon détourne l’attention de l’histoire principale du jeune Lewis, et se révèle au final bien plus intéressant que le traditionnel méchant de dessin animé.


Ainsi le film accumule sur sa courte durée un nombre de personnages impressionnant, la découverte d’un nouvel univers et plusieurs arcs narratifs. Et c’est malheureusement de là que le film pêche un peu. Tout comme dans Kuzco, l’Empereur mégalo tout est mis en œuvre pour un enchaînement ininterrompu de gags et de rebondissements. Le film est un joyeux bazar frénétique amassant des situations et répliques pas toujours drôles, mais qui au final se révèlent noyées dans le flot continu de ce gigantesque délire numérique. On regrette ainsi de ne pas passer plus de temps à découvrir le monde du futur, les villes et la société. Le tout est exposé en une seule séquence et en une petite poignée de plans, avant de se retrouver pour le reste du récit dans la maison des Robinson. D’autant plus frustrant que la mise en image déliant de cet avenir est très réussie. Et sans vouloir trop en révéler, cette frustration de ne pas explorer plus longuement ce monde magnifique et original sera répétée dans le dernier tiers du film.


Sur un thème pas réellement original de la famille et des bases qui la constituent, Bienvenue chez les Robinson ménage humour et spectacle avec réussite mais entraîne par son excitation générale quelques petites frustrations. Mais grâce à un méchant qui est la véritable star du film et une ambiance générale ayant pour seul et unique but de faire rire le spectateur par tous les moyens, le réalisateur réussit un premier long-métrage réjouissant et sympathique.

Stanislas Bernard


N.B. : À noter que 5 salles en France projettent le film avec le procédé Disney Digital 3D qui permet, comme son nom l’indique, de voir le film en relief. On ne saura que trop vous conseiller de le découvrir ainsi car la mise ne scène fût pensée avant tout en relief. Quant au procédé 3D, il se révèle terriblement efficace, permettant d’apprécier le travail des infographistes et du metteur en scène à sa juste valeur. Le spectacle est vraiment réussi et un simple travelling autour d’un muret en met plein les yeux. Depuis, l’attente qui nous sépare du Avatar de James Cameron, qui utilisera le même système de projection, devient plus qu’insupportable ! On patientera comme on peut avec la ressortie de L’étrange Noël de Mr Jack et du Beowulf de Robert Zemeckis, en espérant que les salles françaises rattrapent leur retard d’ici là.



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