La critique d'Excessif

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Affiche Black Dynamite L'HISTOIRE :

Les aventures d'un justicier impitoyable qui venge son frère assassiné par un trafiquant d'alcool et de drogue, surnommé "L'Homme". Avant de croiser d'autres communautés et de finir à la Maison Blanche.

Une simple pochade donnant surtout envie de revoir les classiques des années 70.

Black Dynamite s'inscrit dans le sillage des projets Grindhouse, initiés par Tarantino et Rodriguez, basés sur la nostalgie d'une époque révolue.

 


A l'origine, il y a un genre, survenu en pleine révolution des Black Panthers : la blaxploitation, symbolisée par Melvin Van Peebles avec Sweet Sweetback’s Baadasssss Song (1971). Le succès est si retentissant que les majors d’Hollywood découvrent une nouvelle manière de penser le cinéma pour bouleverser les tendances. Progressivement, des déclinaisons font florès dans les drive-in et certains deviennent des standards. Parmi eux, il faut distinguer Foxy Brown qui a révélé Pam Grier, Dolemite, The Black Gestapo, The Human Tornado, Wattstax, Superfly, Black Caesar (avec Fred Williamson et une bande-son signée James Brown) et Shaft. Historiquement, socialement, politiquement, c'est un phénomène considérable. Tous ces films, qui donnaient aux acteurs noirs d'autres rôles que ceux de violeurs ou de dealers, sont parodiés dans Black Dynamite à travers des personnages archétypaux, des références explicites et des défaillances techniques (micros dans le champ, faux-raccords).

 

 


A la base, c'est l’acteur Michael Jai White qui a construit ce personnage de Blaxploitation en louant des vêtements d’époque, en prenant des photos et en contactant le réalisateur Scott Sanders. Peu de temps après, ils ont tourné ensemble une fausse bande-annonce qu’ils ont agrémenté d’extraits de films afin de vendre le projet et d'obtenir le budget nécessaire pour en faire un long. A l'arrivée, ça donne Black Dynamite qui, dans ses meilleurs moments, ressemble à un ZAZ fauché. Peut-être aurait-il fallu reconstituer avec plus de précision la dimension sociale et ne pas omettre que, sous la coolitude clinquante, les films de blaxploitation traitent avant tout des abandonnés du rêve américain et ne se situent pas dans le ghetto grouillant de Harlem par hasard. A défaut de réfléchir sur la récupération de cette contre-culture, déjà à l'épreuve dans Jackie Brown, Black Dynamite se résume à une simple pochade qui n'a aucune autre fonction que de donner envie de revoir les classiques des années 70. Le manque de moyens ne justifie pas l'absence d'idées.

                                                                                                                                                                                     Romain LE VERN

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