1. >
  2. >
  3. >Critique Blanc comme neige

Blanc comme neige

La critique d'Excessif

2/5
Affiche du film Blanc comme neige L'HISTOIRE :

La vie de Maxime est tout simplement réussie. Gérant d'une concession de voitures de luxe, marié à une jolie jeune femme, père d'une ravissante petite fille, il mène dans sa magnifique villa une existence simple et paisible. Seules ombres au tableau : un associé instable porté sur l'alcool et les magouilles, et deux frères qui ont presque tout raté. Une affaire d'argent, une mort étrange, une tentative pour rapidement régler le problème, et voilà Maxime et son entourage embarqués malgré eux dans une sale histoire...

une histoire qui tient la route sans jamais l'indiquer est un réel plaisir

Dans une tradition omniprésente du film policier familial, Blanc comme neige ne parvient pas à approcher l'ampleur tragique de La nuit nous appartient ou la complexité psychologique de 7h58 ce samedi-là, mais se place comme une alternative somme toute efficace.

 

C'est lorsqu'elles prennent place dans la plus banale des réalités que les histoires noires ont le plus d'impact. Maxime a beau mener une vie luxueuse - voiture haut de gamme, piscine éclairée de nuit, coiffeur à domicile, villa vitrée - il n'en reste pas moins quelqu'un de profondément normal qui n'oublie pas l'anniversaire de sa chère maman et qui s'entoure de personnes plus - une femme aimante - ou moins - deux frères qui s'accrochent - positives. Et c'est justement lorsqu'elles prennent place dans un cadre a priori incompatible que les polars - ou ce qui s'en approche, dans le cas présent - deviennent jouissifs. Jusqu'où va nous mener, nous et Maxime, cette sale affaire de dettes et d'accent finlandais ? Impossible de répondre à cette question, et c'est bien là, dans ce flou narratif, que le spectateur trouve son compte. Etre emporté, lentement mais sûrement, dans une histoire qui tient la route sans jamais l'indiquer est un réel plaisir.

 

 

Blanc comme neige, Christophe Blanc

 
Le problème étant qu'il ne faut pas confondre banalité et simplicité, Blanc comme neige reste un film bancal, incomplet presque. En balayant les personnages et les lieux communs - le frère gentiment bête, le frère sorti de prison, le parking, la maison isolée - Christophe Blanc en oublierait presque de faire naître le cinéma. Souvent répétitif, ponctuellement génial - l'accident de voiture qui fait intervenir Michèle sans que Maxime ne le réalise - Blanc comme neige peine à trouver sa place. A force d'hésiter entre le film policier pur et dur et le drame familial à la limite du social, le film se dissipe peu à peu, les ellipses de la dernière demi-heure n'aidant en rien la tension à exister. Même l'utilité dramatique de la première image finit par totalement disparaître devant un récit dont l'issue se fait attendre un peu plus à chaque nouvelle scène. Une touche de brutalité et de noirceur supplémentaire n'aurait certainement pas fait de mal à cette histoire finalement bien sage. Ni dans la démonstration plastique d'un Guillaume Nicloux, ni dans l'observation humaine d'Un plan simple de Sam Raimi - les deux films partagent ce goût pour la blancheur immaculée de la neige - Christophe Blanc tient une place, timide certes, mais défendable dans le cinéma français. Armé d'un casting solide à défaut d'être explosif - François Cluzet dans son rôle de prédilection, Olivier Gourmet en élément social sorti des Dardenne, Louise Bourgoin en belle plante - il s'aventure sur un terrain glissant dont il ressort avec honneur, notamment grâce à quelques belles scènes - le parking, la forêt dans le brouillard. Pourtant, Blanc comme neige manque indéniablement de cette force qui en aurait fait un grand film, noir et torturé.

 

Geoffrey CRETE

 

Mag : plus d'actu sur Blanc comme neige

Le verdict des internautes

Total des votes : 24

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

Les meilleures critiques

logAudience