La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film Blindés L'HISTOIRE : Plusieurs agents d'une entreprise de transport de fonds s'apprêtent à risquer leurs vies pour réussir leur ultime convoi... contre leur propre employeur. Appâtés par un butin de dix millions de dollars et munis d'un plan qu'ils pensent parfait, ils espèrent pouvoir réussir leur coup sans que personne ne soit blessé. Mais quand un témoin impromptu fait son apparition lors du méfait, la mécanique si parfaitement huilée déraille et les intérêts de chacun vont alors entrer en conflit...
aussi pur et honnête qu'on pouvait l'attendre

Sous ces airs de remake inavoué du Convoyeur se cache en réalité un petit film d'action sans prétention qui trouvera son public en vidéo. Le film ne se révèle pas être une grande expérience cinématographique, mais est très loin d'être la bouse annoncée (ou vendue). Armored (Blindés en France) est même assez attirant car il s'agit du film qui aurait convaincu Robert Rodriguez d'engager son réalisateur Nimrod Antal pour Predators (on y retrouvera d'ailleurs Laurence Fishburne). Antal avait débuté sa carrière relativement bien avec Kontroll en 2003 avant de sombrer dans le film d'horreur anecdotique en allant à Hollywood (Mortel). Si la facture visuelle était de mise, le scénario laissait place à un classique thriller. Classique pourrait aussi résumer Blindés si le résultat n'était finalement pas aussi fun.

La grosse qualité du film est de ne pas chercher les complications. La trame demeure classique mais au revoir les twists, les retournements de situation, les révélations et les flashbacks invraisemblables. Le film reste complètement linéaire dans sa trame et son exécution, mais ne ment jamais sur ses intentions. Passer un bon moment au cinéma est aussi une des raisons pour lesquelles le public va voir des films. Si en plus il contient un excellent casting et une photographie magnifique, pourquoi s'en priver ?

 

 
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Le film place ses personnages dans une dimension réaliste et un monde moderne, tentant un peu de nous vendre le malheur dans lequel notre héros (Columbus Short) se trouve. Avec son lot d'erreurs et de petites séquences mal arrangées (la visite de l'assistante sociale, typique), Antal semble bien heureusement plus intéressé par le monde des convoyeurs que le reste. Avec son casting entièrement masculin, il s'agit là d'un pur « film de mecs » qui définit ses personnages grossièrement pour qu'ils agissent de façon prévisible. Le retournement de situation sera bien sûr celui vendu dans la bande-annonce : le transport d'une énorme somme d'argent entraînera la plupart des convoyeurs à manigancer le vol de l'argent. Le seul à être opposé est celui qui en a le plus besoin, un « héros » comme on en fait plus, qui défend des simples valeurs morales (et éthiques lorsqu'il s'oppose au meurtre d'un témoin - en vain).

Les adjectifs  « classique » et « prévisible » peuvent évidemment faire peur, mais le film ne perd pas son temps pour laisser le cinéphile lambda analyser ses défauts. Il va vite, enchaîne les différentes situations, et a la qualité de ne pas s'enfermer dans un seul rebondissement. On aurait pu s'attendre à un huis-clos à l'arrière d'un camion blindé, mais Armored réussit à toujours trouver de nouvelles idées pour construire son intrigue. Coincé à l'arrière de son camion, Ty doit alors faire face à la notion de temps (ses collègues ont trouvé une idée pour forcer les portes blindées mais n'ont que cinquante minutes pour y arriver) et de solitude qui l'enferme. A l'intérieur, il essaie tant bien que mal de se faire repérer par les autorités locales (Vilo Mentiglia de Heroes), de redémarrer le camion, ou de se faire des alliés à l'extérieur.

Mais ce qu'il y a de meilleur dans le film est de voir touts ces bad-guys mourir les uns après les autres. Matt Dillon en chef de bande, Jean Reno en vieux de la vieille, Laurence Fishburne, le sous-estimé Skeet Ulrich (qui a laissé ses tics de Scream de côté), Amaury Lonasco (Prison Break) en flic suicidaire et même Fred Ward (Reagan dans L'Affaire Farewell) en commandant bougre composent un casting très sympathique, qui font tous ce qu'ils ont à faire et se tapent dessus dès qu'il s'agit de parler argent ou meurtre. Pas non plus de retour de personnages inattendus après leurs morts : quand quelqu'un se fait tirer dessus, saute d'un immeuble ou a un immense accident de voiture, il meurt, point barre. Et malgré sa tentative de happy-end décevante, Blindés prouve être aussi pur et honnête qu'on pouvait l'attendre.

Ce mélange entre l'excellent Unknown (des étrangers se tuent dans un hangar) et Le Convoyeur tient définitivement du bon divertissement, celui qui introduit l'action petit à petit pour livrer une dernière demi-heure non stop. Antal assure du côté de la réalisation (le plan suivant Ulrich pendant quelques minutes avant de révéler un pistolet pointé dans son dos), prouvant qu'il est définitivement conseillé d'attendre Predators.

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Le verdict des internautes

Total des votes : 39

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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