La critique d'Excessif

4/5
Affiche du film Bright Star L'HISTOIRE : Londres, 1818. Un jeune poète anglais de 23 ans, John Keats, et sa voisine Fanny Brawne entament une liaison amoureuse secrète.
Pourtant, les premiers contacts entre les deux jeunes gens sont assez froids. John trouve que Fanny est une jeune fille élégante mais trop effrontée, et elle-même n’est pas du tout impressionnée par la littérature.
C’est la maladie du jeune frère de John qui va les rapprocher. Keats est touché par les efforts que déploie Fanny pour les aider, et il accepte de lui enseigner la poésie.
Lorsque la mère de Fanny et le meilleur ami de Keats, Brown, réalisent l’attachement que se portent les deux jeunes gens, il est trop tard pour les arrêter. Emportés par l’intensité de leurs sentiments, les deux amoureux sont irrémédiablement liés et découvrent sensations et sentiments inconnus. « J’ai l’impression de me dissoudre », écrira Keats.
Ensemble, ils partagent chaque jour davantage une obsédante passion romantique qui résiste aux obstacles de plus en plus nombreux. La maladie de Keats va pourtant tout remettre en cause...
Un très beau film, prenant et touchant

C’est en 1986 que la cinéaste néo-zélandaise, Jane Campion, frôle pour la première fois le tapis, venue à Cannes pour y présenter son court, Peel. Elle repart avec la Palme du meilleur court-métrage. Trois ans plus tard, Sweetie, son premier long-métrage, concourt dans la compétition officielle. Si cette année là, elle repart bredouille, elle sera en 1993 la première femme, et la seule à ce jour, à avoir obtenu la palme d’or pour un film qui reste à tout jamais gravé dans nos mémoires, d’une voluptueuse et fougueuse sensualité, La leçon de piano. Depuis son dernier film, In the Cut, en 2003, elle s’était accordée une pause, elle revient aujourd’hui avec un film somptueusement romantique, tranchant avec l’âpreté, la violence, la noirceur des premiers titres de la compétition officielle. Un récit retraçant l’émouvante histoire d’amour du poète anglais John Keats, mort en 1821, à l’âge de 26 ans de la tuberculose.



 

Avec ce très beau film, Jane Campion illumine la Croisette. La cinéaste a réussi à contourner tous les écueils du genre, aucune mièvrerie naïve ou trop poussive ne vient ternir son récit irradiant d’une agréable douceur romantique. C’est sur cette simplicité, éclatante, mais sans fioritures excessives, que repose la puissance de son film, illuminé également par d’excellents comédiens, des premiers aux seconds rôles, qui se sont glissés avec harmonie dans l’ambiance de l’époque. Comme Ang Lee pour Raison et sentiments ou Joe Wright pour Orgueil et Préjugés, qui avaient su saisir eux l’univers de Jane Austeen, Jane Campion parvient à capter avec finesse la fraîcheur de la campagne anglaise, la mêlant harmonieusement à sa mise en scène, l’utilisant pour saisir la sensibilité de ses personnages, leur personnalité, leurs blessures ou leurs joies. La tonalité lyrique du film est parallèlement intelligemment mise en valeur par sa narration se présentant sous la forme d’un poème, scandé par des strophes reflétant l’évolution des personnages et celle de leur liaison. Une approche lui permettant justement de préserver une certaine retenue correspondant à l’époque tout en nous plongeant dans l’intimité des personnages. On se sent proche des ces deux êtres broyés par des convenances qu’ils oseront discrètement contourner, broyés par la vie, une tragédie restant néanmoins auréolée d’une intensité émanant des mots de John Keats. Un très beau film, prenant et touchant s’achevant mélancoliquement sur ces derniers vers :

« Brillante étoile ! Que ne suis-je comme toi immuable,
Non seul dans la splendeur tout en haut de la nuit,
Observant, paupières éternelles ouvertes,
De la nature patient ermite sans sommeil,
Les eaux mouvantes dans leur tâche rituelle,
Purifier les rivages de l’homme sur la terre,
Ou fixant le nouveau léger masque jeté
De la neige sur les montagnes et les landes-
Non-mais toujours immuable, toujours inchangé,
Reposant sur le beau sein mûri de mon amour,
Sentir toujours son lent soulèvement,
Toujours en éveil dans un trouble exquis,
Encore son souffle entendre, tendrement repris,
Et vivre ainsi toujours-ou défaillir dans la mort.
»

John Keats-1819

 

 

 

Sophie WITTMER

Mag : plus d'actu sur Bright Star

Le verdict des internautes

Total des votes : 93

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

Les meilleures critiques

nel-tu 15/06/2011 à 01h33
nel-tu 15/06/2011 à 01h28
logAudience