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Cabin Fever

La critique d'Excessif

4/5
cabinfeverz2 L'HISTOIRE : Trois jeunes hommes et deux jeunes filles ont loué une cabane dans la forêt pour y fêter la fin de leurs études et profiter des derniers jours de liberté avant d'entrer dans le monde du travail. Mais la fiesta tourne au cauchemar quand un ermite infecté par un mystérieux virus fait son apparition. Les cinq jeunes gens vont devoir faire face à ce terrible virus qui dévore les chairs de ses victimes...
Les films d'horreur ne sont pas légions sur les grands écrans : une bonne raison de se réjouir de la sortie de Cabin Fever, qui mis plus d'un an à traverser l'atlantique.

Cabin Fever
De: Eli Roth
Avec: Rider Strong, Jordan Ladd, Joey Kern, Carina Vincent, James Duello
Durée: 1h34
Sortie le 25 Août 2004

Pour fêter la fin de leurs études, cinq jeunes amis décident de louer un petit chalet perdu en pleine forêt. Ils croisent alors le chemin d’un étrange bonhomme infecté par une maladie contagieuse dont le virus a la désagréable manie de ronger les chairs du corps qu’il contamine. Lorsque l’un d’eux présente les premiers symptômes, leur séjour idyllique va se transformer en cauchemar.


Une vieille voiture, cinq jeunes adultes à bord, deux couples et un célibataire déambulant sur des petites routes désertes qui traversent une forêt, cela ne vous rappelle rien ? Evil Dead bien entendu. Cette séquence suivant une introduction terrifiante d’efficacité nous annonce clairement la couleur, Eli Roth aime le cinéma d’horreur qui s’était imposé entre les années 70 et 80 et réunit dans son Cabin Fever un melting-pot de références destiné a ravir les mêmes aficionados de ce genre de production. Outre le film de Sam Raimi qui a également inspiré l’allure général du fameux chalet à moitié déglingué, son cabanon et son banc à bascule, on y retrouvera également l’arrêt pipi au drugstore local et le fils du proprio peu accueillant de Délivrance, une copie conforme du Crystal Lake de Vendredi 13 avec le ponton et le petit canoë qui vont avec, une contre-plongée sur la croupe d’une jeune fille avançant vers une maison aperçue dans Massacre à la tronçonneuse, une hystérie collective après un meurtre collégial digne de Souviens toi l’été dernier, un embrochage au pieu à la méthode d’Une nuit en enfer, quelques jolies nausées aperçues dans 28 jours plus tard, des clins d’œil à The Thing, et même une scène entièrement pompée sur La nuit des morts vivants. Là où beaucoup y verront un plagiat, il faut surtout apercevoir une accumulation d’hommages bien que ceux-ci soient tellement nombreux qu’ils finiront par lasser les connaisseurs...


Des hommages que ne saisira d’ailleurs pas forcement le public auquel le film semble être proposé puisque tout est fait (ou encore une fois, semble être fait) pour satisfaire des fans de films d’horreurs post-Scream. Le réalisateur ne cesse de nous étaler les clichés de bases, nous proposant musique glauque, jeunes gens coiffés chez L’Oréal, et autres mièvreries sentimentales puisées dans les pires épisodes de Dawson. Les héros sont tous très gentils, sauf le débile de service, qui bien entendu est vraiment très très très débile (il vole des barres de chocolat, veut tuer un écureuil, s’amuse à mettre le feu, raconte ses souvenirs masturbatoires, etc.), lequel se voit constamment réprimandé par ses amis, sans doute élevés chez les bonnes sœurs, qui lui expliquent que tuer un animal sans défense, voler, ou mettre le feu c’est pas bien du tout. C’est d’ailleurs à se demander comment le crétin en question a pu être invité à participer au séjour avec des gens dont il ne partage aucune affinité. Les autres sont beaux, pensent à tout, tout le temps et au bon moment, et l’une des héroïnes est bien évidemment une chaude bimbo qui n’hésite pas à montrer ses arguments…qui tiennent bien (la fille constamment à poil dans Sex academy, c’est elle ; la force jaune des Power Rangers, c’est elle aussi). Pourtant, malgré l’enchaînement intempestif de recettes connues, se montrent ici et là quelques signes de folie douce dont on à du mal à saisir le sens : Par exemple dans cette séquence ou deux tourtereaux veulent jouer au docteur (comme dans tout teen movie d’horreur), c’est soudainement mademoiselle qui décide de se placer derrière monsieur qui reste a quatre pattes, voulant démontrer à son homme que les doigts ne servent pas qu’à exceller lors des leçons de piano. Des joyeusetés qui ont certes le mérite de faire lâcher quelques rires à l’audience, mais qui n’empêchent malheureusement pas l’ennui global malgré quelques tentatives d’effets de terreur suggérées ici et là.


Alors d’où diable viens cet engouement pour le film outre-Atlantique ?
Si Eli Roth a tant tourné en rond durant près de 50 minutes à nous baigner dans des flots de bons sentiments c’est pour mieux nous renvoyer en plein visage le monument complètement ahurissant qu’est Cabin Fever, qui s’avère également être la preuve qu’il ne faut jamais arrêter de visionner un film avant la fin sous peine d'en perdre le véritable intérêt.
A ce stade du film un constat s’impose, ce que l’on à sous les yeux est un véritable concentré de stupidité comme il ne faut plus en faire et il faut choisir son camp selon le degré de lecture à adopter : soit l’on considère que c’est débile et on n'accrochera pas plus par la suite vu que les événements vont aller en empirant et le spectateur préfèrera des choses plus "cohérentes" comme Souviens-toi l’été dernier !, soit l'on prend le film au second degré comme l'a probablement voulu le réalisateur et l'on s'offre une demi heure de poilade non stop comme on en avait pas vu depuis longtemps dans le genre. A titre comparatif, Cabin Fever est aux survivors, ce que Le retour des morts vivants de Dan O'bannon est aux films de zombies.


C'est donc avec parcimonie que le réalisateur a volontairement engourdi le cerveau de son spectateur presque une heure durant pour ensuite accentuer à vitesse grand V l'énormité des événements lorsque la première victime montre ses symptômes de contamination. A ce titre la découverte de l'infection en question a franchement de quoi intriguer, notamment lorsque notre héros plonge la main dans la culotte de son amie et où l'ingénieur du son à eu la finesse d'accentuer le bruit de succion accompagnant les mouvements. A partir de là tout s'enchaîne, les gentils héros deviennent de fieffés lâches qui balancent leur copine dans le cabanon pour éviter d'être infectés et mettent quand même plus de quarante huit heures avant de se décider d'aller chercher un médecin. Et durant ces deux fameuses journées vont révéler leur vraie nature dans un enchaînement d'événements complètement hallucinants. Les protagonistes s'entretuent, s'engueulent, se frappent et comme le dit le fameux dicton, plus on est de fous plus on rie, le casting se voit multiplié par trois étant donné que le voisinage par soucis de ne pas refiler le microbe au bled local décide de participer au jeu de massacre.

Un berger allemand passant par là décide d'engloutir entièrement le premier blessé qu'il trouve, un môme complètement abruti se prend pour Chuck Norris et dans l'euphorie générale entre deux meurtres notre bimbo trouve un partenaire histoire de profiter de la vie une dernière fois avant de se prendre un bain façon Mathilda May comme dans la pub pour le savon. Le partenaire en question, sans doute convaincu qu'il ne risque rien alors qu'il viens de coucher avec une contaminée potentielle décide ensuite de plonger la tête là première dans un macchabée en putréfaction pour vérifier qu'il est bien mort. Ce dernier possède d'ailleurs tout ce qu'il faut pour succéder à Ash de Evil Dead (le visage maculé de sang n'es pas là pour rien) tant il nourrit constamment la poisse qui lui tombe dessus, et ce, peu importe l'endroit où il pose le pied. A ce titre, la séquence où il accoste un autre groupe de jeunes eux aussi très stéréotypés, s'avère être un excellent moment de comédie.


Enorme pied de nez aux slashers actuels et petit hommage aux films d'horreur ayant trouvé leur public en vidéoclubs, Cabin Fever, lorgnant entre gore, humour noir de certaines situations rappelant presque les frères Coen, et un final aux allures de Scary Movie, est le délire qu'on espérait plus attendre tant le genre et la bande annonce semblaient annoncer un produit formaté. Le film d'Eli Roth, bien que possédant beaucoup trop de longueurs dans sa première partie, semble suivre les traces des premières amours de Sam Raimi, totalement imprévisible pour le coup, là ou 95% des produits du genre sont téléphonés, et semble bien parti pour être qualifié par de nombreux adorateurs, de film culte. Probablement l'une des meilleures surprises de cet été.

Mag : plus d'actu sur Cabin Fever

  • cabinfeverhaut612
    Preview
    Cabin Fever : Le Test Gore !21 janvier 2009 - 3 commentaires

    Amateurs de films d'horreurs bien gore, Cabin Fever est fait pour vous. Réalisé pour une bouchée de pain, mais bien efficace tout de même, ce premier film d'Eli Roth arrive le mois prochain sous la ...

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