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California dreamin'

La critique d'Excessif

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california_dreamin_cinefr L'HISTOIRE : En 1999, dans un petit village roumain, le chef de gare, qui est en même temps la fripouille locale, arrête un train NATO qui transporte d'équipement militaire. La cargaison, gardée par des soldats Américains, traverse la Roumanie sans avoir de papiers officiels, mais seulement l'accord verbal du gouvernement roumain. L'arrivée des Américains transforme le village dans la terre de toutes les possibilités...
Le cinéma roumain n'a pas fini de nous surprendre et California Dreamin' ne fait que confirmer le potentiel du pays. 4 mois, 3 semaines, 2 jours est l'autre grand film roumain de la sélection officielle du Festival de Cannes 2007 ; ce dernier a reçu la Palme d'or là où California Dreamin' a décroché le Prix "Un Certain Regard". Hélas, son réalisateur est décédé à la fin du montage dans un accident de voiture en compagnie de son ingénieur du son et ne pourra jamais se rendre compte de l'impact du film. Véritable nouvel espoir du cinéma, il nous laisse une œuvre cruelle et poétique qui ne laissera personne indifférent.

CALIFORNIA DREAMIN'
Un film de Cristian Nemescu
Avec Armand Assante, Jamie Elman, Razvan Vasilescu
Date de sortie : 02 janvier 2008


Le film s'inspire d'un évènement qui s'est déroulé durant la guerre du Kosovo en 1999. Un train transportant des équipements militaires envoyés par l'OTAN est totalement bloqué par un chef de gare dans un village reculé en pleine Roumanie. Son équipage, en majorité des militaires américains et roumains, ne comprend pas l'obstination de l'homme, car l'accord verbal du président roumain a été donné pour que le convoi emprunte les voies ferrées du pays. Les militaires sont préoccupés par le nombre de vies mises en péril par une décision si absurde à leurs yeux. Mais Doriaru, le chef de gare, n'en démord pas et veut absolument voir de ses yeux les papiers en bonne et due forme, arguant qu'il ne fait "que son métier". Au fond ce n'est qu'un prétexte pour narguer les soldats américains qui, pour lui, se croient tout permis.


La présence du convoi sort le petit village de la torpeur dans laquelle il s'enlisait et va cristalliser toute la rancoeur des militants patriotiques qui refusent de se laisser intimider par la présence militaire étrangère. Le film est découpé en différents chapitres qui correspondent chacun à une journée passée "en trop" dans le petit village. Le spectateur assiste au tourbillonnement autour du train qui dévoile le portrait d'une population roumaine tantôt drôle, tantôt cruelle, subsistant malgré les difficultés économiques du pays. La manière dont le scénario a cherché à suivre les différents protagonistes de l'histoire, en leur donnant une véritable épaisseur et en les rendant attachants, procure au film un caractère choral appréciable.


Nous suivons aussi le chef de gare, père antipathique profondément seul et aigri. Il a perdu sa femme et voit sa fille lui échapper un peu plus chaque jour. On découvre petit à petit qu'il nourrit une profonde rancoeur, vieille de 40 ans, envers l'armée américaine qui n'est jamais venue sauver ses parents des prisons communistes. L'histoire individuelle dans l'Histoire avec un grand H se manifeste sous forme de flash-backs en noir et blanc qui nous plongent dans la Roumanie en guerre des années 1939/45. On y voit le jeune Doriaru et ses parents cherchant à survivre à une pluie de bombardements. Les souvenirs douloureux rejaillissent par intermittence. De plus, les armes mortelles lâchées par centaines sur leurs têtes portent les initiales américaines...


Viennent se greffer plusieurs sous intrigues : celle du Capitaine Jones qui reste calme malgré tout et obéit sans sourciller aux ordres de ses supérieurs, celle du maire qui voit cet évènement comme une opportunité pour promouvoir son village auprès des militaires de l'OTAN, ou encore celle de la fille du chef de gare, une post ado rebelle étouffée par un père autoritaire et qui cherche à tout prix à fuir son pays ainsi que la pauvreté qui y règne. La présence de beaux militaires américains devient le prétexte idéal pour quitter le pays et elle use alors de tous ses atouts auprès du beau sergent David McLaren.


Criant de réalisme, les personnages sont traités de manière très soignée. Sans esbroufe visuelle, le réalisateur a réussi à poser sa caméra en essayant de cerner au plus près l'esprit humain dans toutes ses contradictions. Avant tout, c'est tout un pan de l'histoire roumaine qui est mise en scène avec une grande justesse. California Dreamin' est une incroyable comédie humaine qui met en avant tous les problèmes soulevés par un évènement simple en apparence, mais dont les conséquences vont s'avérer dramatiques. Le défunt réalisateur met en scène la faiblesse de chacun des personnages impliqués dans l'histoire. Il arrive avec une habileté rare à présenter une approche sociale, politique, culturelle de son sujet sans jamais que cela ne soit caricatural. Au contraire, Cristian Nemescu offre une sorte de fable humaniste sur la Différence qui ne tombe jamais à plat malgré la durée conséquente du film. Les 2h35 se dégustent du début à la fin, mélangeant émotion et réflexion et brassant une constellation de personnages tous profondément attachants malgré leurs côtés sombres. Une vraie réussite !

Le verdict des internautes

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Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
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    Acteurs
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    Musique

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