La critique d'Excessif

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Affiche du film Carnage L'HISTOIRE : Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la « victime » demandent à s'expliquer avec les parents du « coupable ». Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l'affrontement. Où s'arrêtera le carnage ?
L'une des grandes déceptions de l'année.

Pour comprendre la déconvenue que le dernier film de Roman Polanski provoque, il faut le mettre en résonance avec son avant-dernier The Ghost Writer, dans lequel le cinéaste renouait avec toutes ses obsessions (paranoïa, aliénation, absurdité, exclusion, voyeurisme, fatalité). Un peu comme s'il avait signé un film-somme-terminal résumant toute sa carrière, doublé d'un aboutissement extraordinaire. Confirmation de ce qu'il a toujours été : un génie de la mise en scène, capable de construire des univers méandreux, angoissants et plus si affinités. Tout le contraire de Carnage qui, en comparaison, se révèle bien exsangue. Vous avez vu la bande-annonce? Vous avez vu le film. C'est l'adaptation d'une pièce de Yasmina Reza (Le Dieu du Carnage) où deux couples dissertent - au sens propre - sur l'éducation après que leurs rejetons respectifs se soient battus. A l'arrivée, du théâtre filmé claustro où quatre acteurs, au demeurant excellents (Kate Winslet, Jodie Foster, John C. Reilly et Christoph Waltz), se balancent des répliques vachardes et cèdent à l'hystérie «éthylicollective». Et si on déteste le genre, c'est une rude épreuve.

 

Carnage de Roman Polanski

 

Ce qui a pu séduire Polanski dans la pièce d'origine, c'est la dimension cruelle, ironique voire surréaliste d'une intrigue où les personnages semblent incapables de partir d'un lieu défini, à la manière de L'ange exterminateur, de Luis Buñuel (1962). C'est aussi par instinct de préservation qu'ils s'accrochent puisqu'ils symbolisent les valeurs patraques du monde occidental. Hélas, ce qui ne nous séduit pas, c'est l'absence de cinéma - en plus de la tendance au bavardage oiseux, à la répétition gaguesque, à la facilité d'un cinéma embourgeoisé drapé dans son cynisme qui n'a plus grand-chose à dire. Et pourtant Dieu sait si Polanski a pu par le passé maîtriser les espaces clos (Cul de sac, La jeune fille et la mort), transcender des exercices de style de petit malin et éprouver des conventions. On l'a juste connu plus inspiré. Carnage est un coup dans l'eau, mais sans couteau.
Romain LE VERN

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Le verdict des internautes

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Les notes des internautes

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