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Carte des sons de Tokyo

La critique d'Excessif

2/5
Affiche Carte des sons de Tokyo L'HISTOIRE : Ryu est une fille solitaire, son air fragile contraste avec la double vie qu’elle mène: la nuit elle travaille dans une Halle à Marée à Tokyo et occasionnellement elle est recrutée comme tueuse à gages.
Monsieur Nagara est un entrepreneur puissant, affligé par la mort de sa fille Midori qui s’est suicidée. Il en rend responsable David, un homme d’origine espagnole qui tient un commerce de vins à Tokyo.
Ishida, un employé de Mr Nagara qui aimait Midori en silence, engage Ryu pour tuer David...
Un ingénieur du son, obsédé par les bruits de la ville japonaise et fasciné par Ryu, est le témoin muet de cette histoire d’amour qui s’infiltre dans les ombres de l’âme humaine là où seul le silence est éloquent.
Un thriller romantique qui ne manque pas de caractère mais bien de singularité.

Map of the sounds of Tokyo est présenté en compétition à Cannes et c'est une première pour Isabel Coixet, elle qui a rencontré un succès international avec Ma vie sans moi en 2003. En vérité, la réalisatrice espagnole avait déjà mis les pieds à la Croisette pour présenter The secret life of words, un sketch du film collectif Paris je t'aime projeté en ouverture d'Un Certain Regard 2006. Avec Map of the sounds of Tokyo, elle nous embarque dans un thriller romantique qui ne manque pas de caractère mais bien de singularité.


 

 

Avec le film qui l'a véritablement révélée, Ma vie sans moi, la cinéaste avait largement prouvé qu'elle avait le talent de faire naître l'émotion avec délicatesse et surtout avec un sujet casse-tête. Cette jolie entreprise qu'est Map of the sounds of Tokyo promettait donc. Hélas, Isabel Coixet peine à retrouver la sensibilité qui a fait sa marque de fabrique. La faute peut-être à ce croisement de destins superficiel qui semble noyer les différents protagonistes. Le mystère s'essouffle rapidement et ce ballet sensuel est à l'image de la relation amoureuse entre Ryu et David, vain et aussi artificiel que la chambre d'hôtel dans laquelle ils s'adonnent à des jeux sexuels. Le spectateur semble aussi perdu que David (Sergi Lopez), personnage contradictoire, digéré et recraché par l'ambiance morose de Tokyo mais qui certifie aimer cette ville. C'est toute l'ambivalence du film que de confronter l'orient à l'occident (et ce dès la première scène). La désagréable impression vient du fait qu'aucun des sujets forts du long-métrage n'est traité, comme avorté au profit d'une histoire

 d'amour bancale

 

 

 

Au niveau formel, la réalisatrice séduit par intermittences, captant la vacuité des relations ou l'amour destructeur avec la distance adéquate. Ce qui est triste, c'est que ces sons de Tokyo ne sont pertinents que dans la première demi-heure. Dans son introduction, la cinéaste parvient à créer des contrastes saisissants grâce à une construction sonore audacieuse. Le labyrinthe de tonalités cède malheureusement la place à une atmosphère monocorde. Grand sentiment de frustration.
On a l'intime conviction d'être passé à côté d'un grand film existentialiste qu'aurait pu réaliser Wim Wenders époque Paris Texas. Il faudra se contenter d'un thriller mollasson qui ne tient pas ses promesses et dont les sons se meurent dans un écho lointain.

Le verdict des internautes

Total des votes : 3

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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