Quand un film français, quel qu’il soit, propose au casting des noms tels que Jean Dujardin, Alice Taglioni, Jean Réno et François Berléand, pour ne citer qu’eux, difficile de ne pas jeter un œil, par curiosité. Et lorsqu’en plus, le scénario pose les bases d’une comédie policière à l’intrigue aux tiroirs multiples, à la façon d’un Ocean’s eleven, impossible de ne pas s’y attarder. Mais
Cash tient-il toutes ses promesses ?
CASHUn film de Eric Besnard
Avec Jean Dujardin, Alice Taglioni, Jean Réno, François Berléand
Durée : 1h40
Date de sortie : 23 avril 2008Cash, arnaqueur professionnel, se lance avec son équipe dans une vendetta contre le responsable de la mort de son frère et associé. Pour cela, il va utiliser tous ses talents, la séduction, les faux-semblants, la roublardise, bref, toute la panoplie du parfait arnaqueur… mais attention à l’arroseur arrosé.Tout d’abord, il convient de préciser que
Cash rentre dans la catégorie du film de divertissement pur. En clair, il ne s’agit pas ici de chercher un propos existentiel ou une réflexion sur quelque sujet que ce soit. Ce qui ne veut pas dire laisser ses neurones au repos. Car Eric Besnard, réalisateur et surtout scénariste, semble bien décidé à brouiller les pistes en prenant le contre-pied de tous les éléments de réponse qu’apporte le déroulement de l’histoire. Entre les trahisons multiples, l’arnaqueur arnaqué, et les retournements de situations constants, on se demande même comment les personnages s’y retrouvent. Car oui, avec cette propension à vouloir en permanence aller à contre-courant de la trame dès que celle-ci devient trop linéaire, le film prend le risque de perdre en intérêt, le trop plein de manipulation atténuant au final l’effet de surprise recherché.

Heureusement, Besnard a d’autres tours dans sa manche qu’un scénario parfois trop manipulateur pour être efficace. Le réalisateur fait ainsi preuve d’une mise en scène chatoyante, mais surtout illustrant à merveille son propos, utilisant à bon escient les split-screen et se permettant même quelques fantaisies (une scène rembobinée et remontée en direct !). La forme rejoint ainsi le fond de manière plutôt maîtrisée et on ne peut s’empêcher de penser à Steven Soderbergh et ses
Ocean’s.
Certes, Besnard n’est pas Soderbergh, et
Cash se rapproche plus de
Ocean’s 12 que du 11, ce qui n’est pas forcément le plus grand des compliments. Mais le film possède une réelle dynamique et une vraie volonté de faire du cinéma, au sens le plus divertissant du terme. Un effort plus que louable qui se voit soutenu par les prestations hautes en couleurs d’un duo Dujardin/Taglioni déchaîné et glamour au possible.
Morale de l’histoire, quand un film français veut faire de l’entertainment et qu’il s’en donne les moyens, c’est possible. Le modèle américain, ou plus précisément hollywoodien, demeure certes encore hors de portée, mais avec des films comme
Cash le divertissement hexagonal se rapproche un peu plus. Encore un petit effort…
Joe C.