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Casino Royale

La critique d'Excessif

4/5
casino_royale_cinefr L'HISTOIRE : Pour sa première mission, James Bond affronte le tout-puissant banquier privé du terrorisme international, Le Chiffre. Pour achever de le ruiner et démanteler le plus grand réseau criminel qui soit, Bond doit le battre lors d'une partie de poker à haut risque au Casino Royale. La très belle Vesper, attachée au Trésor, l'accompagne afin de veiller à ce que l'agent 007 prenne soin de l'argent du gouvernement britannique qui lui sert de mise, mais rien ne va se passer comme prévu.
Alors que Bond et Vesper s'efforcent d'échapper aux tentatives d'assassinat du Chiffre et de ses hommes, d'autres sentiments surgissent entre eux, ce qui ne fera que les rendre plus vulnérables...
Après s’être cherchée, sans trop de succès, durant les dix dernières années, la franchise James Bond commençait sérieusement à s’essouffler. Après un Meurs un autre jour pourtant plutôt convaincant, MGM et Columbia remettent les compteurs à zéro et prennent le risque de transfigurer une de leur icône. James Bond n’a pas juste changé de visage, il a également changé d’univers.

CASINO ROYALE
Un film de Martin Campbell
Avec Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen, Judy Dench, Caterina Murino, Giancarlo Giannini.
Durée : 2h18
Sortie : 22 novembre 2006


James Bond vient tout juste d’être promu agent double zéro. Il affronte Le Chiffre, un banquier véreux donnant dans le terrorisme international.

JAMES BOND BEGINS

Adaptation du premier James Bond de Ian Flemming, Casino Royale marque la "renaissance" intégrale du héros. A l’instar du Batman Begins de Christopher Nolan, le film de Martin Campbell réinvente le mythe en l’inscrivant aujourd’hui. James Bond n’est qu’un "rookie" et il débute ainsi sa carrière en 2006. Toute la mythologie 007 est subtilement passée au crible et le film nous permet de mieux appréhender le personnage : son rapport si particulier aux femmes, sa facilité à tuer, sa façon de fonctionner...

Clef de voûte et pari apparemment insensé de ce nouveau film, Daniel Craig incarne à la perfection ce James Bond new-look. Le personnage est plus sombre, plus violent, mais également plus sensible. Il drague utile, mais ne couche pas forcément avec ses conquêtes, il tire pour tuer et il tombe amoureux.... Panachant sans se forcer l’homme d’action tête brûlée et le séducteur invétéré, Daniel Craig devrait clouer le bec sans difficulté à ses nombreux détracteurs. "Si vous ne prenez pas de coups en jouant James Bond, c’est que vous ne le jouez pas comme il faut" a livré l’acteur lors de la promotion du film. Son investissement dans le rôle est total et rejaillit à chaque seconde. Il EST James Bond !


Casino Royale nous dévoile ses deux premières missions en tant qu’agent double zéro. 007 est alors loin d’être parfait et accumule erreurs et entorses aux règles. Pire que cela, il se fait manipuler d’un bout à l’autre du récit. Jamais, l’espion de Ian Flemming n’avait paru si vulnérable à l’écran... et en même temps si sûr de lui et si invulnérable.


Il partage l’affiche avec la sublime Eva Green qui compose une James Bond girl atypique : peu de scène en maillot de bain et surtout aucune intervention dans les séquences d’action. Ce qui ne l’empêche pas d’irradier dès que son regard croise la caméra. Première relation amoureuse sérieuse de James Bond, elle marquera à jamais sa relation avec les femmes. Elle éclipse totalement Catarino Murino qui se contente d’ailleurs d’un passage éclair dans le film.

Le cahier des charges inhérent à la franchise semble donc respecté... sur le papier. L’action se situe aux quatre coins du monde, 007 change de voiture aussi vite qu’il les démolit et il passe sa vie entourée de jolies filles vénéneuses.

Les trois scénaristes (dont Paul Haggis, premier auteur à avoir travaillé sur deux longs-métrages ayant remporté l’oscar du meilleur film l’un à la suite de l’autre – Crash et Million Dollar Baby) ont admirablement réussi à jouer avec la franchise, à la détourner afin de ne pas faire sombrer le film dans le grandguignolesque des précédentes productions. Q ne fait ainsi plus partie de l’aventure et seul un kit de survie médical équipe la sublime Aston Martin de l’agent secret. Même si posséder un défibrillateur portable semble exagéré, Casino Royale se passe admirablement bien des montres gadgets et autres voitures invisibles. 007 a juste recours à la technologie actuelle, toujours estampillée Sony (du Blu-Ray en passant par les portables Vaio) pour se sortir des situations les plus létales et déjouer les multiples manipulations. Même les méchants de l’histoire ont recours à des méthodes de torture archaïques : rien de mieux qu’une chaise sans fond et une corde pour essayer de faire parler quelqu’un ! Ce refus délibéré du hi-tech permet de proposer un James Bond plus humain, moins superficiel et qui s’ancre à la perfection dans notre réalité.


Les courses en voitures effrénées sont également moins de mise dans ce nouvel opus. Nous apprenons tout de même comment, avec son salaire d’agent secret britannique, il peut se permettre de rouler en Aston Martin DB5. Fidèle à la tradition, 007 roulera également, pour les besoins de sa mission au Monténégro, avec un nouveau prototype Aston Martin, la DBS, qu’il crashera de manière flamboyante.


Dans la lignée du récit et de l’interprétation de Daniel Craig, la réalisation de Martin Campbell se révèle excellente, sèche et rugueuse. L’homme qui avait donné un nouveau souffle à la série dans les années 90 avec GoldenEye a totalement modifié sa façon d’aborder le sujet. Le film est simplement beau. Au moyen de cadres subtils et d’éclairages léchés, il filme à hauteur d’homme les séquences intimistes et les montées d’adrénaline.

Les séquences d’action, au final, peu nombreuses, marquent les esprits et font avancer le récit. A l’instar de la scène post-générique qui permet de voir James Bond lors de sa seconde mission en tant qu’agent 00. Violente et énergique, cette cavalcade effrénée se déroulant à Madagascar est décapante tout en restant physiquement réaliste. Elle est à l’image du film, qui, s’il ne renie pas le spectaculaire, reste toujours cohérent dans sa mise en images.

Point d’orgue du film, la partie de poker confrontant James Bond au Chiffre se révèle simplement passionnante. Joliment cinégénique, Le Texas Hold’em a remplacé le chemin de fer, une variante du baccarat décrite dans le roman. Le film tient ses promesses à ce niveau également en proposant une partie endiablée, riche en rebondissements. On regrettera juste la vulgarisation apportée à l’exercice afin de ne pas semer les néophytes.


Ce qui n’aurait pu n’être qu’un épisode d’exposition pour une nouvelle ère James Bondienne est au final l’un des meilleurs films d’action de cette année 2006 et certainement le meilleur James Bond à ce jour.

Nous en avons rêvé, Sony (et MGM) l’a fait...

Philip Dowland

Retrouvez pages suivantes les avis à chaud des autres journalistes de la rédaction...
Laurent Tity
Quelle claque ! Casino Royale annonçait un retour aux sources des romans de Ian Fleming, avec un James Bond beaucoup plus sombre et violent… le moins que l'on puisse dire, c'est que Martin Campbell et les scénaristes (dont l'excellent Paul Haggis) relèvent le défi. Oubliez le sourire enjôleur de Roger Moore, le flegme apaisant de Sean Connery ou le séduisant Pierce Brosnan, James Bond sous les traits de Daniel Craig s'apparente plus à une brute épaisse aux manières moins distinguées que ses devanciers mais à l'efficacité démentielle. La réalisation s'avère tout aussi musclée que l'interprétation, Martin Campbell maîtrisant parfaitement les nombreuses scènes d'action, notamment la première poursuite à Madagascar, à couper le souffle. Mais le réalisateur ne se contente pas d'épater la galerie en proposant l'un des meilleurs films d'action de ces dernières années, il profite également des séquences plus calmes pour faire montre d'un sens aigu de la mise en scène. La tension présente lors de la partie de poker apparaît à ce titre comme un modèle du genre. A l'instar du nouveau 007, Casino Royale évite les artifices du type gadgets en tous genres ce qui permet de donner au film un côté réaliste et froid qui sert à merveille son inclinaison plus sombre. Une réelle bestialité se dégage ainsi du personnage. Finalement, la seule ressemblance avec ses devanciers réside dans le rôle potiche des James Bond girls, bien que là encore, le premier échange entre Bond et le personnage interprété par Eva Green vaille largement le détour. Ce casino est effectivement "royale".
Note : 8/10


Pierre Delorme
Dire que l’on attendait cette nouvelle aventure de James Bond relève de l’euphémisme. Un nouvel acteur, Daniel Craig, un scénariste de renom, Paul Haggis (oscarisé pour Million Dollar Baby), le retour de Martin Campbell (réalisateur de GoldenEye, le dernier bon épisode de la série) aux commandes, et surtout une toute nouvelle note d’intention de la part des producteurs : casser l’image de Bond qui commençait à ressembler de plus en plus à ses caricatures (Austin Powers ou OSS 117). Pari risqué mais réussi, puisqu’avec ce Casino Royale version 2006, nous sommes tout simplement en présence d’un des meilleurs épisodes de la saga. L’espion qu’on aimait est de retour, et ça déménage : séquences hallucinantes (la séquence à Madagascar est à mettre dans le top 5 des scènes d’action les plus réussies de ces 5 dernières années), scénario inattendu, mise en scène racée… bref tout y est, y compris des personnages qu’on n'aurait pas pensé voir là un jour. Daniel Craig nous offre un Bond faillible, loin du personnage que l’on avait l’habitude de voir depuis maintenant plus de 20 ans, Mads Mikkelsen est à des kilomètres des méchants habituels (c’est simple, il ne veut pas détruire la Terre) et surtout, la sublime Eva Green, qui réinvente la James Bond Girl et nous hypnotise pendant les 2h18 du film. Rien que pour ses yeux, le film vaut d’être vu. Peut être le moins James Bond de tous les James Bond, mais certainement le renouveau pour une saga qui commençait à battre de l’aile. Une sorte de James Bond Begins en somme.
Note : 8/10


Thomas Legal
Une belle surprise. La série s’essoufflait depuis deux ou trois épisodes. Les réalisateurs successifs ne sachant plus quelle débauche visuelle il fallait déballer pour apporter un intérêt à chaque nouveau film. Ici, tout recommence à zéro. Plus de gadgets excessifs, plus de décors aussi démesurés qu’improbables. Ce James Bond se veut plus réaliste. Les scènes d’action s’en trouvent renforcées, bien plus percutantes et éprouvantes qu’auparavant. Un soin particulier a été apporté à la relation amoureuse (une vraie histoire d’amour !?) entre Bond et Vesper Lynd interprétés avec beaucoup de charme par Daniel Craig et Eva Green. Des rebondissements en pagaille viennent alimenter un récit alternant efficacement scènes de tension et d’émotion. Cette instabilité permanente dans la narration place idéalement le spectateur dans un état d’excitation et de danger assez rare dans une série où la fin ne représentait qu’une simple formalité.
Note : 8/10

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Le verdict des internautes

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Les notes des internautes

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