L'HISTOIRE : La formidable et touchante histoire d'amitié entre Albert, un jeune garçon, et son cheval Joey. Vendu à la cavalerie britannique au début de la première guerre mondiale, Joey est directement envoyé au front. Mais il est capturé par les Allemands qui n'hésitent pas à s'en servir dans les combats. Albert, qui est encore trop jeune pour s'engager, décide de se lancer dans une mission de secours pour libérer son cheval. Une récréation magnifique mais dénuée d'émotions.
Steven Spielberg a filmé la guerre comme aucun autre cinéaste. Il a mis en scène la survie de l'humain contre des extraterrestres (La Guerre des Mondes) et apporter plusieurs niveaux de lecture cinématographique à la deuxième guerre mondiale : la comédie (1941), l'aventure (la saga Indiana Jones), le drame intimiste (L'Empire du soleil et La Liste de Schindler) et l'action (Il faut sauver le soldat Ryan). La preuve du talent immense d'un conteur hors normes. Le cinéaste revient au genre avec Cheval de guerre, quelques mois seulement après Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne. En adaptant le roman éponyme de l'écrivain Michael Morpurgo, Steven Spielberg magnifie une aventure miraculeuse à laquelle il manque un supplément d'âme.
En se penchant pour la première fois sur la première guerre mondiale, le cinéaste contemple les ravages de quatre années de lutte. Il est de tous les camps, de toutes les tranchées, de tous les sacrifices. Comme a son habitude, le réalisateur émerveille par sa faculté à créer des tableaux impressionnistes en mouvement, bien aidé par la sublime photographie crépusculaire de Janusz Kaminski. Même quand la peinture est à l'eau de rose, il n'y a rien à redire sur le travail du plan. Steven Spielberg a la maîtrise totale de son champ (de bataille, de course...) : son goût pour les surcadrages délimite les frontières d'un microcosme (la vie d'une famille de paysans endettés) avant que la mise en scène gagne en omniscience pour nous amener au milieu du conflit aux côtés de la chair à canon. Le film bénéficie donc d'une approche technique remarquable et de tonalités classiques héritées des plus beaux westerns américains. Pourtant, cet enchaînement de personnages et de situations confine à l'ennui respectueux.
A l'image de la musique de John Williams, l'orchestration de Cheval de guerre atteint des sommets de savoir-faire sans que le film ne soit traversé par des fulgurances émotionnelles. Le canasson, véritable héros du film et symbole d'espoir, passe de propriétaires en propriétaires sans qu'aucun d'entre eux ne trouvent grâce à nos yeux. Victime d'une guerre qui vous prend tout, l'animal est baladé de camps à camps, ne devant sa survie qu'à son courage et à son... humanité. Il est d'ailleurs étonnant d'éprouver plus de sentiments pour lui que pour les hommes retranchés dans leur souffrance et leur peur. Peut-être est ce dû aux fausses notes du casting, dont le quasi débutant Jeremy Irvine n'est pas étranger.
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