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Chicago

La critique d'Excessif

3/5
chicagoz1 L'HISTOIRE : Chicago, 1929, on se presse à l'Onyx Club pour admirer les prestations de Velma Kelly et sa soeur. Parmi les fans les plus acharnés, Roxie Hart, insignifiante femme au foyer qui rêve de gloire et de paillettes et qui se verrait bien devenir la nouvelle star du cabaret. Persuadée que son amant lui ouvrira les portes de la célébrité, elle le tue sans coup férir lorsqu'elle découvre qu'il lui mentait. En prison, Roxie retrouve Velma qui dans le même temps a été arrêtée pour le meurtre de son mari et sa soeur. Pour éviter la peine capitale, une seule chance : faire appel aux services de Billy Flynn, avocat célèbre passé maître dans l'art de la manipulation médiatique...
Grand favori de la prochaine cérémonie des Oscars (avec ses 13 nominations), Chicago profite du formidable succès rencontré par Moulin Rouge pour remettre sur le devant de la scène un des genres de prédilection du cinéma hollywoodien : la comédie musicale. Pour se faire, le débutant Rob Marshall a misé sur les bons chevaux en adaptant le travail de l’un des maîtres en la matière, Bob Fosse (Cabaret, Que le spectacle commence) et en s’adjoignant un casting aussi improbable de prime abord que spectaculairement convaincant. Amateurs de comédie musicale, vous pouvez commencer à trépigner des pieds, Chicago constitue un spectacle euphorisant tout en rendant un hommage respectueux et délicieux à ses glorieux aînés.

CHICAGO
Réalisateur : Rob Marshall
Acteurs : Renée Zellwegger, Catherine Zeta-Jones, Richard Gere, John C. Reilly, Queen Latifah, Colm Feore
Durée: 1h55
Sortie : 26 Février 2003

Chicago, 1929, on se presse à l’Onyx Club pour admirer les prestations de Velma Kelly (Catherine Zeta-Jones) et sa sœur. Parmi les fans les plus acharnés, Roxie Hart (Renée Zellwegger), insignifiante femme au foyer qui rêve de gloire et de paillettes et qui se verrait bien devenir la nouvelle star du cabaret. Persuadée que son amant lui ouvrira les portes de la célébrité, elle le tue sans coup férir lorsqu’elle découvre qu’il lui mentait. En prison, Roxie retrouve Velma qui dans le même temps a été arrêtée pour le meurtre de son mari et sa sœur. Pour éviter la peine capitale, une seule chance : faire appel aux services de Billy Flynn (Richard Gere), avocat célèbre passé maître dans l’art de la manipulation médiatique.



Il ne faut pas plus d’une minuscule poignée de minutes pour comprendre que la vision de Chicago va s’apparenter à un spectacle visuel et sonore ébouriffant de virtuosité. Rythmé par des accords jazzy entraînants et filmé par une caméra au ras du sol virevoltante, on entre de plein fouet dans les coulisses du cabaret à la poursuite des pieds et jambes d’une sulfureuse jeune femme. Cette poursuite haletante prend fin quelques instants plus tard sur la scène et l’on découvre le visage de Catherine Zeta-Jones (Velma) qui entonne alors un fascinant « All the Jazz » avec une voix suave et langoureuse et une chorégraphie mélangeant savamment érotisme et sensualité. Conquis par tant de virtuosité et de générosité, le spectateur pour peu qu’il ne soit pas allergique à l’univers des comédies musicales, en redemande instantanément, l’invitation au rêve et à l’euphorie des sens que propose cet trépignant prologue étant trop séduisant.



Surtout qu'au-delà de la kyrielle de chansons et chorégraphies toutes aussi enlevées et esthétiquement travaillées, Marshall réussissant pour l’occasion à marier parfaitement l’univers de la scène musicale façon Broadway aux impératifs visuels du cinéma (toutes les chansons mises en scène provenant directement des fantasmes de Roxie permettant alors les extravagances les plus folles), Chicago s’offre une vraie histoire. De celle qui permette de dépasser le simple cadre de la comédie musicale s’arche bouquant à ses numéros. Le film de Rob Marshall constitue effectivement une savoureuse satire des affres de la célébrité, du désir absolu d’être sous les feux des projecteurs, de la superficialité des médias et du système judiciaire (in)volontairement complices de cette course à la starification. Tout n’est qu’illusion et seuls l’apparence, les faux semblants et les apparats forcement éphémères possèdent un réel pouvoir d’attraction : avec un tel message à faire passer, on comprend aisément que le cadre de la comédie musicale, genre où l’esbroufe est poussé à son paroxysme, se prête on ne peut mieux au récit (le spectateur restant ainsi impliqué lors des passages musicaux, les paroles ayant leur importance dans l’évolution de l’histoire). Habile dans l’exécution de son histoire, pas manchot pour un sou techniquement et disposant d’un background artistique en béton armé (merci Bob Fosse), Rob Marshall n’avait finalement plus qu’un obstacle (de taille) à franchir pour que la réussite soit totale : le casting.



Le choix de l’héroïne de Jerry Maguire et du Journal de Bridget Jones pour tenir le premier rôle d’une comédie musicale rétro avait de quoi laisser perplexe. La performance de Renée Zellwegger n’en est que plus impressionnante. Assumant avec brio toute la fantaisie du personnage notamment dans un numéro de danse qui renvoie directement à celui qu’interprétait Marilyn dans Les hommes préfèrent les blondes, la comédienne démontre un talent aussi énorme qu’improbable. Si elle est moins en vue en termes de numéros musicaux que sa comparse, Catherine Zeta-Jones parvient à éclipser tout son monde dès qu’elle se met à se mouvoir (une vraie panthère à la féminité et la sensualité exacerbée) et à chanter (une voix envoûtante qu’on aimerait retrouver au plus vite dans une autre comédie musicale ou mieux dans un disque). Quant à Richard Gere, il est aussi étonnant et convaincant dans ses numéros de chant ou de danse (superbe solo de claquettes) qu’il pouvait être insipide dans ses récentes apparitions (La prophétie des ombres). Impossible de ne pas ajouter aux éloges du trio vedette, celle de John C. Reilly (familier de l’univers de Paul Thomas Anderson) qui dans le rôle ingrat du mari de Roxie, est constamment parfait tout en réussissant le temps d’une inoubliable chanson, « Mister Cellophane », à atteindre des sommets d’émotion.



Ne passez donc pas à côté de ce superbe revival des grandes heures de la comédie musicale. Ne passez pas à côté d’un tel bonheur cinématographique susceptible de vous égayer l’existence. Chicago mérite vraiment tous les égards, les films pouvant procurer une telle énergie positive et jubilatoire étant infiniment rares.

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