Drôle de bonhomme que Renny Harlin. Il se fait remarquer en 1988 avec Le Cauchemar de Freddy, puis se voit offrir sur un plateau certaines des plus grosses machines hollywoodiennes des années 90 avant de sombrer lentement mais sûrement dans les abîmes du box-office et des nanars friqués. Renny Harlin is back ! Mais en très petite forme…
CleanerUn film de Renny Harlin
Avec Samuel L. Jackson, Eva Mendes, Ed Harris
Durée : 85 minutes
Sortie le 07 mai 2008Tom Cutler est un ex-flic reconverti dans le nettoyage de scène de crime.,Il va se retrouver au sein d’une machination lorsqu’il se rend compte que le dernier meurtre qu’il a nettoyé n’a jamais été signalé à la police.
Loin de la grosse superproduction qui a fait sa réputation Renny Harlin revient avec
Cleaner, petit film par son ampleur et ses moyens. Une sorte de retour aux sources ou un semblant de maturité pour le réalisateur avec ce petit polar suivant Samuel L. Jackson spécialiste du nettoyage des scènes de crime qui se retrouve embarqué dans une enquête bien mystérieuse sur fond de flics ripoux ? Le problème ce qu’on préférait Renny Harlin plutôt immature. Ceux qui s’attendent à un polar tendance Au Revoir à Jamais, mélangeant fusillades tonitruantes et enquête révélant un passé mystérieux, risquent bien de déchanter une fois passé une première bobine franchement encourageante. Ici pas l’ombre d’une scène d’action ou même de la petite escarmouche syndicale. Même pas une poursuite mollassonne en bagnole à se mettre sous la dent. Et un Renny Harlin sans scènes d’action ni morts violentes bien barrées c’est un peu comme un porno sans scènes de cul : c’est juste con. Mais ici le pire c’est que ce n’est pas seulement con, c’est aussi très chiant.

Le problème de baser tout sur le whodunit ? Avec trois acteurs principaux et sans rien d’autre pour faire diversion pendant les 85 minutes du film, c’est que le spectateur aura très vite compris, au bout de 10 minutes de film grand maximum, le pourquoi du comment. Un mystère pas bien difficile à résoudre sauf pour le héros, un ex-flic en plus, interprété par Samuel L. Jackson à qui il faut encadrer en gros les indices et lui flanquer sous le nez par deux fois dans le film, et qui est la seule personne à croire aux fausses pistes lancées par le scénariste Matthew Aldrich.
Les acteurs font ce qu’ils peuvent et enchaînent chacun leur tour leur petit numéro, Ed Harris en tête. Mais comme d’habitude c’est Samuel L. Jackson qui emporte l’adhésion. Que ce soit dans un futur chef d’œuvre ou bien un nanar se donnant les allures de grosse production, le héros de
Black Snake Moan assure toujours autant et bénéficie de son capital sympathie immense auprès du public. Il est l’unique et bonne raison de se déplacer pour aller voir Cleaner. Chose que l’on fera sûrement pas pour la mise en scène de Renny Harlin que l’on a connu plus inspirée. Le réalisateur Finlandais utilise abusivement d’artifices périmés censés combler le manque d’action et de vivacité de l’ensemble. Artifices se traduisant par des nombreux inserts ultra cut sur les actions des protagonistes, le tout amplifié par un mixage sonore retentissant. Effets déjà pénibles il y a quelques années et qui fait désormais franchement sourire depuis le génial
Hot Fuzz d’Edgar Wright.
Un postulat de départ attrayant que l’on espérait voir partir vers un épisode de CSI déviant et pervers, mais qui se révèle au final aussi palpitant qu’un épisode d’Arabesque.
Malgré la déception, plus ou moins grande suivant l’estime que l’on a pour le bonhomme, le film est largement au-dessus des dernières réalisations de Renny Harlin, telles que
Le Pacte du Sang,
L’Exorciste : au commencement ou bien encore
Driven. Pas non plus un exploit au vu du désastre de ces derniers films, mais un encouragement, voir un espoir de retrouver l’un de nos bourrins préférés aux commandes de productions un peu plus respectables.
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