L'HISTOIRE : L’histoire sera basée sur la biographie écrite par Edmonde Charles-Roux, L’irrégulière, et se concentrera alors entre autres sur la jeunesse de Chanel et son goût pour l’avant gardisme. Nous y découvrirons ainsi son parcours exceptionnel, du sombre orphelinat où tout commença jusqu'aux lumières aveuglantes de la capitale française et de la mode...Anne Fontaine réussit avec brio cette escapade dans le biopic.

Petite main deviendra grande couturière : l’histoire d’une jeune fille fière et volontaire, Gabrielle Chanel et de son parcours initiatique qui la fera devenir la célèbre créatrice de mode de la rue Cambon.


Une similitude de comportements qui offre la crédibilité nécessaire au film de Fontaine. Omniprésente, Tautou et son charisme portent ainsi le film de bout en bout. Celui d’un destin de rêve mais filmé à hauteur d’être humain pour un voyage introspectif. Une anatomie du style Chanel qui pousse à un sentiment d’authenticité. Et qu’épaule avec talent, le reste d’un casting impeccable et dans le ton. À l’image de Benoît Poelvoorde (tout en retenue) en Etienne Balsan (le premier « Pygmalion » de Chanel), d’Emmanuelle Devos en Emilienne (courtisane pragmatique plus vraie que nature) ou d’Alessandro Nivola (Grace is Gone) en Boy Capel (le grand amour de Coco). Une direction d’acteurs maîtrisée que complète avec bonheur une équipe technique façon « Dream team » : Olivier Radot (L'Amant, La Reine Margot) pour les décors, la costumière Catherine Leterrier, (déjà à l’oeuvre sur le précédent film d’Anne fontaine, La fille de Monaco). Et enfin le toujours très talentueux, Alexandre Desplat pour la musique...

Au final, après La Fille de Monaco, Anne Fontaine réussit avec brio cette escapade dans le biopic. Et passe l’examen difficile du film en costumes, tout en évitant une évocation historique désincarnée. En effet, Coco avant Chanel est tout à fait l’inverse. Davantage une œuvre forte, sentimentale et attachante. Même si le film révèle quelques petites imperfections (à l’image d’une mise en scène parfois hésitante), il bénéficie avant tout de la présence d’une Audrey Tautou magnifiquement possédée par son personnage. De quoi attendre avec une certaine impatience la prestation d’Anna Mouglalis dans la version de Jan Kounen. Et savoir ainsi, concernant, Coco Chanel, si c’est Anne Fontaine qui en parle le mieux…
Henri Ballan
Retour en images sur la carrière d'un électron libre, associé à des univers singuliers, de grands éclats de rires et de grandes émotions. Tous les visages de Benoît Poelvoorde.