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Coco avant Chanel

La critique d'Excessif

3/5
cocochanelpetiteok L'HISTOIRE : L’histoire sera basée sur la biographie écrite par Edmonde Charles-Roux, L’irrégulière, et se concentrera alors entre autres sur la jeunesse de Chanel et son goût pour l’avant gardisme. Nous y découvrirons ainsi son parcours exceptionnel, du sombre orphelinat où tout commença jusqu'aux lumières aveuglantes de la capitale française et de la mode...
Karl Lagerfeld, l’homme aux lunettes noirs et directeur artistique actuel de la maison Chanel, sera bien évidemment en charge des costumes. La plupart seront d’ailleurs des créations renouvelées des dessins de Coco Chanel elle-même. Anne et Camille Fontaine co-écrivent le scénario, avec le soutien de Christopher Hampton (Disparitions, Agent secret).
Anne Fontaine réussit avec brio cette escapade dans le biopic.
2009, l'année Chanel ? Après un premier téléfilm, fin 2008, retraçant la vie de la styliste Gabrielle Chanel, le grand écran s’empare à son tour de l’incroyable destinée. En attendant le Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen (avec Anna Mouglalis), c’est à Anne Fontaine, réalisatrice émérite (Augustin, Nettoyage à sec…) d’ouvrir le bal avec ce premier long-métrage. Un scénario co-écrit avec Camille Fontaine et Christopher Hampton (Les Liaisons Dangereuses). Un film intimiste et prémonitoire sur les années de formation de la future grande couturière qui s'inspire également de L'irrégulière, biographie sur Chanel écrite par Edmonde Charles-Roux. De quoi laisser présager du meilleur. Alors Coco avant Chanel, que du bonheur ?



 

 

Petite main deviendra grande couturière : l’histoire d’une jeune fille fière et volontaire, Gabrielle Chanel et de son parcours initiatique qui la fera devenir la célèbre créatrice de mode de la rue Cambon.

Suivant la vogue des biopics initiée par la môme Piaf, il est des personnages pour lesquels le passage sur grand écran apparaît comme une évidence. À l’instar de Coco Chanel, née Gabrielle Bonheur Chanel, créatrice, modiste et styliste à l'origine de la maison de haute couture du même nom. Et connue autant pour ses créations que pour son célébrissime parfum. Une gageure cinématographique tant la vie tumultueuse et (très) bien remplie de cette Mademoiselle, depuis son enfance dans un orphelinat jusqu’à sa mort en 1971 à l'âge de 87 ans, semble difficile à réduire à un film de moins de 3 heures ! Un travers que la réalisatrice Anne Fontaine évite avec raison en s’attachant prioritairement aux années de formation de la grande couturière.



 

 

Il faut dire qu’entre la réalisatrice et l’icône de la Mode, c’est une longue histoire d’amour. Dès ses débuts, Anne Fontaine a en effet plongé dans l'univers Chanel grâce à sa rencontre avec Lilou Marquand, sa plus proche collaboratrice et auteur de Chanel m'a dit. Un univers que la réalisatrice apprivoise au gré de ses lectures alimentant en cela sa passion pour le mythe Coco. Autant dire qu’en s’orientant vers une période précise de la vie de Chanel et en portant son choix sur ses débuts, Anne Fontaine sait de quoi elle parle. Et c’est tant mieux. On ne prend que davantage de plaisir à suivre le parcours de Gabrielle (très vite surnommée Coco), jeune femme d’origine modeste, autodidacte. Mais dotée d’une forte personnalité, volontaire et non-conformiste. Autant dire, que du choix du rôle principal dépendait en grande partie la crédibilité du film. Et choisir Audrey Tautou aura été incontestablement le coup de maître de cette réalisation !


Définitivement, un fabuleux destin pour la très talentueuse Audrey Tautou, littéralement investie par son personnage. Et qui témoigne ici d’une maturité d’actrice incontestable. Le temps d’un film, Tautou se fait l’incarnation de Coco Chanel. Déjà parce qu'elle lui ressemble physiquement. Mais aussi et surtout car elle possède les traits de caractère semblables à son auguste modèle : une jeune fille fière et obstinée, sûre de ses choix et en pleine évolution…



 

 

Une similitude de comportements qui offre la crédibilité nécessaire au film de Fontaine. Omniprésente, Tautou et son charisme portent ainsi le film de bout en bout. Celui d’un destin de rêve mais filmé à hauteur d’être humain pour un voyage introspectif. Une anatomie du style Chanel qui pousse à un sentiment d’authenticité. Et qu’épaule avec talent, le reste d’un casting impeccable et dans le ton. À l’image de Benoît Poelvoorde (tout en retenue) en Etienne Balsan (le premier « Pygmalion » de Chanel), d’Emmanuelle Devos en Emilienne (courtisane pragmatique plus vraie que nature) ou d’Alessandro Nivola (Grace is Gone) en Boy Capel (le grand amour de Coco). Une direction d’acteurs maîtrisée que complète avec bonheur une équipe technique façon « Dream team » : Olivier Radot (L'Amant, La Reine Margot) pour les décors, la costumière Catherine Leterrier, (déjà à l’oeuvre sur le précédent film d’Anne fontaine, La fille de Monaco). Et enfin le toujours très talentueux, Alexandre Desplat pour la musique...

 

 

 

 

Au final, après La Fille de Monaco, Anne Fontaine réussit avec brio cette escapade dans le biopic. Et passe l’examen difficile du film en costumes, tout en évitant une évocation historique désincarnée. En effet, Coco avant Chanel est tout à fait l’inverse. Davantage une œuvre forte, sentimentale et attachante. Même si le film révèle quelques petites imperfections (à l’image d’une mise en scène parfois hésitante), il bénéficie avant tout de la présence d’une Audrey Tautou magnifiquement possédée par son personnage. De quoi attendre avec une certaine impatience la prestation d’Anna Mouglalis dans la version de Jan Kounen. Et savoir ainsi, concernant, Coco Chanel, si c’est Anne Fontaine qui en parle le mieux…

Henri Ballan

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Le verdict des internautes

Total des votes : 6

Les notes des internautes

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    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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