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Coffin Rock

La critique d'Excessif

3/5
coffin_rock L'HISTOIRE : Dans un village isolé de la côte australienne, une paisible routine berce le quotidien des indigènes : ils bossent tous dans le poisson, boivent des bières dans le même pub, et savent tout les uns des autres. Ainsi, le fait que Jess et Rob ne parviennent pas à avoir d'enfant n'est un secret pour personne. Un soir de beuverie, désespérée par un énième échec, Jess succombe aux avances d'Ewan, un jeune paumé sorti de nulle part. Sa grossesse subite fait le tour du village. Mais autant dire que la fête ne durera pas. Fou amoureux de Jess, Ewan veut que sa paternité soit reconnue. Elle tente de le dissuader, mais en vain. La gueule d'ange se transforme alors en persécuteur sans merci, menaçant de tout révéler et de mettre le village à feu et à sang.
L'intrusion d’un étranger qui vient bouleverser un mode de vie paisible pour en faire émaner les frustrations.

Soutenu par les producteurs de Wolf Creek, Coffin Rock, premier long-métrage de Rupert Glasson, montre comment un jeune éphèbe va s’introduire dans la vie d’un couple pour prendre la place de l’homme dans le cœur de la femme. Les anges exterminateurs sont à la mode cette année au NIFFF.

 

 

L’action de Coffin Rock se situe sur la côte australienne, dans un village paumé où les habitants fréquentent les mêmes lieux et se connaissent tous. Dans ce cadre, le réalisateur Robert Glasson montre l’intrusion d’un étranger qui vient bouleverser un mode de vie paisible pour en faire émaner les frustrations. Le sujet n’est pas nouveau, et on comprend rapidement où il veut en venir. Mais l’intérêt réside moins dans le suspense que dans la problématique : un homme qui ne peut pas avoir d’enfant avec la femme qu’il aime. Lorsque cette dernière succombe un soir de désespoir à une étreinte avec un loser à la gueule d’ange, elle tombe enceinte. Tout ce qui tient du vaudeville est subtilement détaillé à travers le personnage féminin tiraillé entre un mari stérile qui ne peut pas répondre à son besoin maternel, et un jeune étalon efféminé qui passe pour un gay aux yeux de tous. En fait, c’est sa technique pour mieux tromper les apparences et mener jusqu’au bout son entreprise de destruction.

S’il peut tout se permettre, c’est parce qu’il a perçu la fragilité du couple et que lui aussi réclame un droit humain : connaître l’amour au moins une fois dans sa vie. En opposition, la réaction du mari, heureux de prouver à son entourage qu’il a réussi à mettre sa femme en cloque, est particulièrement bien vue. Robert Glasson prend le temps de décrire les motivations de ces deux personnages masculins, physiquement différents mais taraudés par la même idée de se fondre dans la normalité pour ressembler aux autres. Paradoxalement, c’est lorsqu’il sacrifie la psychologie à l’action que le film perd de son intérêt. Glasson justifie les traumatismes du jeune psychopathe avec des effets visuels maladroits et l’acteur qui l’incarne donne l’impression de singer Robert De Niro dans Les nerfs à Vif. Face à ce mal qui se propage comme le feu, il y a un mari et une collectivité englués dans leurs certitudes qui réagissent trop tard. L’union ne fait pas nécessairement la force. Pour un coup d’essai, il émane quelque chose de suffisamment juste et intrigant pour que l’on ait envie d’en savoir plus sur ce jeune cinéaste prometteur.

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