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Coluche, l'histoire d'un mec

La critique d'Excessif

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coluchesok L'HISTOIRE : Septembre 1980. Coluche triomphe tous les soirs au Gymnase. "Comique préféré des Français", il est au sommet de sa gloire ; télés, radios et journaux se l'arrachent, et sa maison est l'endroit où se croise tout ce que le pays compte de vedettes... Toujours prêt à pousser le bouchon un peu plus loin, il décide, pour rire, de poser sa candidature à la Présidence de la République. Très vite, la France se bidonne, l'acclame, le soutient. Les sondages s'affolent, sa cote monte en flèche. Et si finalement un clown se faisait élire Président ? Lui-même commence à y croire ...
C’est l’histoire d’un mec… Ce « mec », nous le connaissons tous, tant Coluche a marqué chacun d’entre-nous quelque soit son bord politique et son âge. A travers le témoignage décapant d’un artiste authentiquement objecteur de consciences, Antoine de Caunes s’approprie à sa façon un fragment du destin de celui qui inquiéta le pouvoir, avant de se faire broyer par celui-ci et ses propres obsessions grandissantes. L’autre atout du film réside dans la prestation du comédien François-Xavier Demaison, redonnant vie à un Michel Colucci étonnant de justesse. Il devient littéralement Coluche. Son jeu est assurément à retenir et contribue à l’enthousiasme que le film procure. Si l’œuvre autobiographique reste, du point de vue de sa mise en scène, imparfaite, Antoine De Caunes tisse ici le portrait sensible et triste d’un formidable « bouffon » à jamais inscrit dans nos cœurs, ce qui fait la force de son film.

COLUCHE, L’HISTOIRE D’UN MEC
Un film de Antoine de Caunes
Avec François-Xavier Demaison, Léa Drucker, Denis Podalydès, Olivier Gourmet, Jean-Pierre Martins, Alexandre Astier
Durée : 1h43
Date de sortie : 15 Octobre 2008

En Septembre 1980, le comique Coluche occupe tous les terrains, radios, télés, journaux, alors que les français assistent en masse à son dernier spectacle au théâtre du Gymnase. Pendant cette période, sa maison voit circuler un vaste panel de célébrités, et l’excessif Michel Colucci cherche à pousser encore plus loin la provocation en se présentant à la candidature de la Présidence de la République. L’alternative qu’il propose à la politique traditionnelle va enflammer la France, et sa côte de popularité ne cessera de monter. Et si un clown accédait au pouvoir ? L’idée commence à germer jusque dans la tête de l’artiste…

Avec ce film, Antoine de Caunes s’attaque à un pari difficile. Mettre en scène le personnage de Coluche, comique adulé du public, disparu trop tôt, est bien loin d’être une sinécure tant l’on s’expose à toutes critiques possibles de ceux qui l’ont connu. Comment rendre honneur à l’homme sans trahir ce qu’il a été ? A cette question, le cinéaste, dans ses meilleures inspirations, trouve plusieurs réponses. Il choisit ainsi un comédien, à l’époque assez peu connu, François-Xavier Demaison, qui réussit à s’emparer de la célèbre salopette jaune tout en s’effaçant au profit de l’homme Coluche. Un pari difficile et il aura fallu près d’une année à l’acteur pour s’approprier le « mec » et se mouvoir au mieux dans le rôle. Le résultat est bluffant, de l’embonpoint de Coluche, à sa gestuelle, sa gouaille sensible et cassante, Demaison excelle en nous proposant sa propre vision du grand comique. Pari réussi sur ce plan, ce qui nous permet d’aborder l’autre choix important du film, à savoir qu’il ne traite finalement que d’une période assez courte de la vie du comédien. Nous le suivons globalement du début des années 80 lors de l’élection prochaine de Mitterand au sommet de l’Etat.

Ce parti pris n’est pas anodin, et correspond au tournant personnel et public dans la vie du « clown » à la salopette. Cette période lui fait comprendre qu’il peut se dépasser et qu’il n’est pas qu’une simple bête de scène des spectacles du Gymnase, mais un véritable symbole pour certaines minorités françaises. Il signe alors son engagement dans la vie politique et cet immense coup de bluff marque à jamais sa vie, puisqu’il bascule progressivement dans certains de ses travers (la consommation de drogues), tout en perdant sa compréhensive femme, Véronique.


Le choix d’une mise en scène très proche de son personnage est cohérent, tant la prestation de Demaison crève l’écran à chaque plan, on note que la performance ne fait pas appel à une quelconque prothèse sur le corps et tout le tralala, mais seulement à du maquillage et à la prestance du comédien, chapeau ! Mais n’oublions pas qu’il est aussi entouré par des acteurs remarquables, de Denis Podalydès à Léa Drucker, en passant par Alexandre Astier, tous gravitent autour de Demaison, chef de fil, comme l’était Coluche, d’un gigantesque barnum. Si l’émotion est souvent au rendez-vous, on n’en reste pas moins heurté par certaines faiblesses venant parfois atténuer notre plaisir.

Le découpage du film privilégie certains moments clés de l’existence de Coluche, et, à l’écran, cela se traduit par un usage immodéré du fondu au noir, le tout sur un script parfois asthmatique ne parvenant pas à insuffler l’élan nécessaire au personnage et à ses actions. Les scénettes apparaissent parfois un peu trop décousues pour convaincre, et on rage de ne pas s’enticher suffisamment au fil narratif du récit. L’œuvre était en effet attendue, de par le mythe populaire dont fait l’objet Coluche, et il est regrettable que plusieurs sensations désagréables parsèment notre vision. Le ressenti s’en trouve affecté, tandis qu’au contraire les parties tournant autour des spectacles se révèlent toutes enthousiasmantes. On retrouve alors la verve du bonhomme, un véritable jeu de scène avec une scénographie habitée, et dans ces moments, notre attention est de nouveau captée jusqu’à en oublier plusieurs des reproches déjà évoqués.

Biopic engagé ou récit de vie documentaire ? Il serait facile de comparer ce Coluche à la Môme de Olivier Dahan, nous ne sommes pourtant pas en présence du même type de film. Le film de Dahan raconte toute la vie de Piaf en usant d’une narration typiquement hollywoodienne. Le genre peut plaire (nous l’avons vu avec le carton plein au box office), mais la réalisation de De Caunes est finalement bien plus « européenne » dans sa conception. Il est question d’une période relativement courte (environ 3 ans) de la vie d’un homme qui va s’en retrouver fondamentalement changée. Avec une caméra captant les hauts et les bas, l’intime et le public, le cinéaste dresse un constat à fleur de peau d’un homme prônant le plaisir, le changement, et, à sa façon, l’avènement d’un monde meilleur. C’est vers cette orientation que semble s’écouler l’œuvre dans sa dernière partie. A défaut de changer l’ordre établi (la déception des années Mitterand arrive bien assez vite), Coluche crée les Restos du Cœur et marque encore plus l’imaginaire des français.

Film inégal, manquant de piquant, un défaut probablement dû au fait que son propre réalisateur, trop amoureux de son sujet, s’est laissé étouffer par son personnage. Par peur de lui manquer de respect, il n’a pas réussi à pénétrer les strates ténébreuses du comique. Coluche, l’Histoire d’un Mec permettra peut-être à la jeune génération de découvrir un homme exceptionnel, qui nous manque terriblement, sans égal dans le paysage actuel par sa conception anar, festive de la vie, les autres, ayant connu le mariage avec Le Luron, l’épisode de la candidature présidentielle, se replongeront sans doute avec délice dans une œuvre toujours tristement actuelle d’un « mec » aux histoires drôles et cyniques bousculant frénétiquement l’ordre établi.

Vincent Martini






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  • coluche_haut
    Edito
    Blog A La Une : Coluche, L'histoire D'un Mec29 octobre 2008 - 0 commentaires

    Ca n'a pas tardé à réagir dans Blogorama sur un des films évènements de l'année, à savoir Coluche, l'histoire d'un mec, critique écrite par jp33, qui ne se contente d'ailleurs pas du film d'Antoine ...

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