L'HISTOIRE : L'épopée de Conan le cimmérien et de ses aventures sur le continent d'Hyboria, dans sa quête pour la vengeance du meurtre de son père et pour le massacre de son village. Il vit. On aime. Il tue... On est satisfaits.
Après avoir fait le bonheur des stars de la sphère musicale et, par la même, récolté quelques trophées, Marcus Nispel s'est mis en tête de conquérir Hollywood. Pour ce faire, l'allemand a choisi la voie des remakes, en s'attaquant à des franchises cultes et bien installées. Ainsi, il nous a déjà revisité Massacre à la tronçonneuse et Vendredi 13, avec plus ou moins d'efficacité. En se penchant sur Conan, Marcus Nispel prenait une nouvelle fois un gros risque : celui de soutenir la comparaison avec son illustre prédécesseur. Fort heureusement, il a su suffisamment s'éloigner de l'original pour proposer une vision inédite du barbare le plus célèbre du Septième Art. Le pari était d'autant plus risqué que l'heroic fantasy est loin d'être à son meilleur depuis quelques temps. Exception faite de Trône de Fer mais ça, c'est de la télévision...

La réussite de Conan passe avant tout par Jason Momoa, le successeur d'Arnold Schwarzenegger et acteur de Trône de Fer, justement. Certes, il n'a pas remporté Mister Olympia à sept reprises et ne jouit pas du physique imposant et barbaresque de l'ancien gouverneur de Californie. Néanmoins, il possède une telle intensité dans son regard qu'il foudroie ses ennemis bien avant que ses lames aiguisées ne les tailladent en morceaux. Sombre et tourmenté, il porte en lui les cicatrices d'un passé tumultueux (maman est morte à la naissance, papa au cours de l'adolescence) et doit être prêt pour des rixes endiablées, imposées par son funeste destin (tuer le bourreau de sa famille). Nombreuses, sanguinaires, rythmées et limite crétines (Conan réfléchit peu, il agit), elles prennent place dans des décors somptueux et bénéficient d'un bestiaire riche, accouchant de situations variées et d'un spectacle jouissif. Plus qu'un simple remake, Conan redonne vie à l'heroic fantasy, ses monstres, ses mystères et ses prophéties. En ce sens, Marcus Nispel nous livre donc une relecture d'excellente facture, juste entachée par des raccords bizarroïdes et le sang coulant à flot. Sur ce point, personne ne s'en plaindra...
Maxime CLAUDEL
Dernier volet de nos dossiers consacré à Conan de Marcus Nispel, en salles le 17 août, partons à la découverte des origines et de l'univers du célèbre barbare.