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Dans la vallée d'Elah

La critique d'Excessif

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vallee_elah_cine L'HISTOIRE : De retour d'Irak pour sa première permission, Mike Deerfield disparaît mystérieusement et est signalé comme déserteur. Son père, Hank ? un ancien membre de la Police Militaire ? et sa mère Joan se lancent à sa recherche avec le concours d'Emily Sanders, officier de police de la juridiction du Nouveau-Mexique où Mike a été aperçu pour la dernière fois. Face au silence et à l'hostilité croissante des autorités militaires, Hank et Emily soupçonnent bientôt un coup fourré. Les indices troublants s'accumulent, et la vérité sur le séjour en Irak de Deerfield finit par éclater, bouleversant à jamais la vie de Hank et ses croyances...
Paul Haggis, réalisateur émérite de Collision et scénariste de Lettres d’Iwo Jima, passe ici l’épreuve du second long-métrage après avoir remporté l’Oscar du meilleur film en 2006. Il s’entoure d’un casting brillant composé de Tommy Lee Jones, Charlize Theron, Jason Patrick et Susan Sarandon afin de tracer un premier portrait d’une Amérique traumatisée par les évènements en Irak. Traumatismes de l’ancien combattant, troubles de la personnalité et sentiments d’impuissance des soldats sont les thèmes explorés par le cinéaste... Plus ou moins habilement. Mais il y a dans son oeuvre une véritable honnêteté, un profond questionnement sur l’avenir de la jeunesse américaine et les prémices d’un pamphlet politique...

DANS LA VALLÉE D’ELAH
Un film de Paul Haggis
Avec Tommy Lee Jones, Charlize Theron, Jason Patrick, Susan Sarandon
Durée : 2h
Date de sortie : 07 novembre 2007


De retour d’Irak pour sa première permission, Mike Deerfield disparaît mystérieusement et est signalé comme déserteur. Son père, Hank, se lance à sa recherche avec l’aide d’Emily Sanders, officier de police de la juridiction du Nouveau –Mexique où Mike a été apercçu pour la dernière fois... Face au silence et à l’hostilité des autorités militaires, Hank et Emily soupçonnent bientôt un coup fourré. Les indices troublants s’accumulent, et la vérité sur le séjour en Irak de Deerfield finit par éclater, bouleversant la vie de Hank et ses positions...

Paul Haggis, en quelques années, est devenu un pion important dans l’industrie hollywoodienne. Scénariste et réalisateur de films importants, il est désormais attendu au tournant à chacun de ses ouvrages... Faisant suite à Collision, son film sur le racisme et l’intolérance, Dans la vallée d’Elah se penche sur la jeunesse américaine et les conséquences, sur cette dernière, du conflit actuel en Irak. La multiplication des productions sur le sujet témoigne d’une réelle volonté d’exorciser les démons d’aujourd’hui et de montrer au monde la détresse d’un pays, d’une nation et de son peuple. Si Jarhead racontait la dure réalité du terrain, Dans la Vallée d’Elah semble en être la suite directe en témoignant de l’existence d’un jeune soldat lors de son retour au bercail... Une redite du Vietnam.


Dans sa première partie, le film semble étrangement éviter son sujet. Nous suivons tout d’abord ce père d’un soldat déserteur lancé dans une enquête afin de retrouver les traces de son fils. L’enquête est rude, patauge et se retrouve confrontée à l’hostilité d’une autorité militaire muette. Accompagné de Charlize Theron, Tommy Lee Jones interprète cette figure paternelle exemplaire et dont la foi semble inébranlable... Le comédien excelle ! A la fois inquiétant par la froideur de ses sentiments et particulièrement attachant dans son acharnement, il porte le film de bout en bout. Mais voilà, à trop se concentrer sur l’enquête, trouble mais passionnante, le cinéaste perd de vue son propos et met de côté ces jeunes soldats traumatisés... La mise en scène, quelque peu appuyée à certains moments, privilégie les séquences « émotions », notamment avec Susan Sarandon qui, magré son petit rôle, arrive à construire un beau personnage. L’enquête ainsi ponctuée de scènes cherchant l’empathie du spectateur, prend alos une tournure assez classique et manque de toucher au coeur du problème...


Cependant, Haggis se rattrape assez vite et laisse finalement entendre, au bout d’une heure de film, que la guerre dont revient le jeune déserteur serait la clé de sa disparition... Qu’aurait-il-vu ou entendu ? Que s’est-il donc passé pour ce soldat ? Les questions se multiplient et trouvent peu à peu leurs réponses dans les témoignages de ses camarades. En utilisant subtilement le chemin détourné de l’enquête policière, le cinéaste parvient à évoquer le traumatisme de la guerre... Les langues se délient, malgré le silence invoqué par les supérieurs, les peurs s’extériorisent et le propos prend immédiatement une autre ampleur...


Insistant sur la relation père-fils et la responsabilité du personnage de Jones dans la disparition de sa progéniture, le film s’offre une dimension à la fois psychologique et sociale faisant le portrait de la famille américaine dont le modèle semble avoir peu évolué depuis les années 60. La patrie comme première référence, la religion en seconde, la remise en question depuis le Vietnam semble être caduque... Les erreurs se refont, et de la même manière. Laissant quelques uns de ses violons au placard, Haggis fait alors entrer son film dans une phase plus brutale et ancrée dans l’actualité. Malheureusement, le métrage étant déjà bien entamé, la résolution de l’enquête semble soudainement s’accélérer et laisse finalement peu de temps aux jeunes soldats de s’exprimer. Mais les interrogations sont bien présentes et le malaise profondément enfoui, le cinéaste manque juste de recul face à son sujet afin de mieux l’explorer...


Au final, Dans la vallée d’Elah est un véritable appel à l’aide, un cri de détresse chargé de montrer le prochain visage de l’Amérique, meurtrie à nouveau par la perte de son innocence et de sa jeunesse. Si l’enquête du film est palpitante mais sa conclusion baclée, le métrage permet de cerner les violences physiques et morales que subissent ces (trop) jeunes recrues. Un devoir d’Histoire somme toute, malheureusement parfois trop superficiel et didactique. Mais il n’est pas facile de parler d’une Histoire qui est en train de se faire sous nos yeux. Les prises de risque sont énormes et le recul insuffisant... Mais le film participe, dans un sens, à l’effort de guerre. Une guerre différente, celle de changer le cours des choses.

Kevin Dutot



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Le verdict des internautes

Total des votes : 9

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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tinalakiller 17/03/2011 à 18h56
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