L'HISTOIRE : Louis, âgé de seize ans, veut savoir d'où il vient, et ce, malgré la réticence de ses parents adoptifs. Il a en fait été abandonné par sa mère alors qu'il n'avait que quelques semaines. Il se met alors en route vers le sud. Après avoir épié sa mère dans la boutique de fleurs où elle travaille, il lui apprend qu'il est son fils. Bouleversée par ce retour brutal, Solange nie. Elle rejette violemment cette vérité : trop douloureux de plonger dans un passé qui refait surface. Mais Louis s'acharne...
Des personnages au pouvoir émotionnel imparable, détenant une dose de souffrance inouïe.
Comme de nombreux jeunes cinéastes, Hubert Gillet a choisi de s'inspirer d'un de ses premiers courts-métrages pour son passage dans la grande section. L'histoire s'inspire aussi grandement de son propre vécu, tournant autour de l'adoption : « J'ai grandi dans une famille qui a accueilli de nombreux enfants sans parents, orphelins ou abandonnés. Les uns venaient en attendant d'être placés ou adoptés, les autres, comme moi, y sont restés de la petite enfance jusqu'à leur majorité. Nos parents d'adoption, qui avaient déjà quatre enfants naturels, se démenaient pour que l'on soit heureux et nous l'étions bien souvent. Cependant, le sentiment d'être de passage ne nous a jamais quittés. A l'adolescence, certains ont éprouvé le besoin de savoir d'où ils venaient. J'étais de ceux-là ». Aujourd'hui, le réalisateur décide donc de faire un point sur son douloureux passé, en triste enfant qu'il était, et de nous faire part de ses nombreuses questions existentielles. Sortez-les mouchoirs !

Adepte des quelques plus grandes comédies populaires de ces dernières années, Michèle Laroque semble vouloir changer de cap et explorer de tout nouveaux horizons. Ainsi, avec Dans tes bras, la comédienne se jette corps et âme dans le mélodrame, genre ô combien difficile à aborder. Pourtant, force est de constater à quel point elle s'en sort remarquablement. Sa maturité, et son physique doté d'un regard on ne peut plus mystérieux, s'insèrent avec merveille dans un univers empli d'interrogations. Le défaut principal de ce long-métrage réside essentiellement dans sa structure, et plus précisément encore, son développement. L'auteur a créé des personnages au pouvoir émotionnel imparable, chacun détenant une dose de souffrance inouïe. Malheureusement, nous ne rentrons jamais au plus profond de leur caractère, et le jeune réalisateur se contente donc de survoler son sujet sans jamais l'exploiter vraiment. L'intrigue s'amincit donc au fur et à mesure des séquences, si bien que les réponses que nous attendions depuis le début nous viennent rapidement à l'esprit, avant d'en avoir la confirmation lors d'un final d'une grande bêtise, justifiant au passage (et de façon inutile) le titre. Pourquoi Solange a-t'elle abandonné son enfant, et surtout pourquoi refuse-t-elle de le reconnaître aujourd'hui ? Les possibilités ne sont pas infinies...

Dès lors, nous décidons de nous rattacher à la psychologie des personnages. Mais là encore, la déception est à son comble. Dans tes bras n'offre en fait qu'un va-et-vient de Je t'aime, moi non plus. Les personnages se fuient d'abord, s'aiment ensuite, puis se fuient encore une fois et ainsi de suite... le tout sans explication véritable. Dans la réalité, les sentiments ne se justifient pas toujours, mais au cinéma, la règle est inévitable pour une bonne compréhension. En conséquence, le film souffre d'un manque de rythme terriblement épuisant. Son aspect prévisible apporte une stagnation soporifique, rendant l'oeuvre presque irregardable. Ajoutez à cela un casting extrêmement « jeune » où le peu d'expérience se fait cruellement sentir, et vous obtenez l'un des pires navets de l'année.
Mélodrame d'une grande banalité, Dans tes bras se regarde finalement avec ennui et sans réel intérêt, accumulant les poncifs avec une naïveté presque inquiétante. Triste, donc, mais pas comme nous l'attendions...