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Critique De La Guerre

    La critique d'Excessif

    0/5
    L'HISTOIRE : Un réalisateur trentenaire (double de Bonello incarné par Mathieu Amalric) décide de péter tous les plombs de sa vie ordinairement matérielle en suivant un étrange passeur (Guillaume Depardieu) qui lui propose un exil pour un ailleurs. Intrigué, il le suit jusque dans une vieille bâtisse délabrée en pleine campagne. Là-bas, s’épanouit une secte régie par une maîtresse (Asia Argento) qui prône un retour à l’hédonisme archaïque, débarrassé de toute morale. Le titre "De la guerre" est trompeur mais il résume violemment l’état d’esprit d’un film aussi provocant que drôle qui repose sur des sujets éculés au cinéma (le mal-être, l’utopie communautaire) et détourne un combat belliqueux : lutter pour retrouver la notion de plaisir que l’on a tous plus ou moins perdue.

    DE LA GUERRE
    Un film de Bertrand Bonello
    Avec Asia Argento, Mathieu Amalric, Laurent Lucas, Clotilde Hesme, Guillaume Depardieu
    Durée : 2h10
    Date de sortie : 01 octobre 2008

    Si on devait trouver une qualité à De La guerre, ce serait de chercher à prendre au dépourvu en explorant des pistes, des significations, des références et des intuitions qui vont à l’encontre des idées reçues. Le ton bizarre, l’originalité du casting et la liturgie de séquences à la fois grotesques et inquiétantes donnent envie de s’accrocher pour en savoir plus sur les motivations et les comportements des personnages (comment sont-ils arrivés jusqu’ici ?) mais aussi les intentions du cinéaste (où va-t-il déboucher ?). Mais cette ambition fonctionne à double tranchant : il y a une cérébralité dans le propos, voulue par Bertrand Bonello, qui donne trop d’importance aux logorrhées théoriques et aux digressions philosophiques. A travers les lignes, il y a la volonté de rejoindre tous ces films post-L'arrangement, de Elia Kazan, qui brodent sur le désabusement existentiel. Un genre qui se répercute de La plage, de Danny Boyle, où s’exprime la volonté de créer une société idéale basée sur une utopie avant de tourner au cauchemar, à Fight Club, de David Fincher, où les actes des personnages principaux sont ironiquement tournés en dérision par les effets tapageurs du cinéaste. Le nouveau Bertrand Bonello s’inscrit comme le pendant français de cette mouvance en prenant pour cible des personnages ayant besoin de fuir le tumulte urbain pour se ressourcer. Impossible de ne pas y voir une métaphore sur le désespoir des post-soixante-huitards qui ont perdu toutes les illusions de leurs combats juvéniles.

    Sujet passionnant, certes, mais à semi traité. Plus il avance, plus le film fonctionne de guingois et grille même ses meilleures idées, comme le personnage d’Asia Argento en grande prêtresse. Faute de maintenir l’argument jusqu’au bout, le cinéaste ne fait que proposer des balises cinéphiles entre autocitations narcissiques (le réalisateur vient de tourner un film qui s’intitule Tiresia – dont on voit d’ailleurs un extrait, les présences de Laurent Lucas et Asia Argento) et citations écrasantes (pastiches du Apocalypse Now de Francis Ford Coppola pour la dernière partie référencée ; Salo, ou les 120 journées de Sodome, de Pier Paolo Pasolini pour la création d’un univers ambigu et le plaisir des déguisements grotesques ; et du Stalker de Tarkovski pour le passeur promesse d’un nouveau monde et la quête du bonheur illusoire). En réalité, on attendait plus une vraie proposition de cinéma qu’une expérimentation arty à laquelle manque ce "quelque chose d’organique". Comme intimidé par les questionnements que ses enjeux recèlent, De la guerre continue vaillamment en roue libre, mais pour trois fois rien : la crise égotiste – que l’on peut trouver soit épuisante soit fascinante – d’un artiste en pleine révolution intérieure. Dont on attend néanmoins le prochain long métrage.

    Romain Le Vern





    Un réalisateur trentenaire (double de Bonello incarné par Mathieu Amalric) décide de péter tous les plombs de sa vie ordinairement matérielle en suivant un étrange passeur (Guillaume Depardieu) qui lui propose un exil pour un ailleurs. Intrigué, il le suit jusque dans une vieille bâtisse délabrée en pleine campagne. Là-bas, s’épanouit une secte régie par une maîtresse (Asia Argento) qui prône un retour à l’hédonisme archaïque, débarrassé de toute morale. Le titre "De la guerre" est trompeur mais il résume violemment l’état d’esprit d’un film aussi provocant que drôle qui repose sur des sujets éculés au cinéma (le mal-être, l’utopie communautaire) et détourne un combat belliqueux : lutter pour retrouver la notion de plaisir que l’on a tous plus ou moins perdue.

    DE LA GUERRE
    Un film de Bertrand Bonello
    Avec Asia Argento, Mathieu Amalric, Laurent Lucas, Clotilde Hesme, Guillaume Depardieu
    Durée : 2h10
    Date de sortie : 01 octobre 2008

    Si on devait trouver une qualité à De La guerre, ce serait de chercher à prendre au dépourvu en explorant des pistes, des significations, des références et des intuitions qui vont à l’encontre des idées reçues. Le ton bizarre, l’originalité du casting et la liturgie de séquences à la fois grotesques et inquiétantes donnent envie de s’accrocher pour en savoir plus sur les motivations et les comportements des personnages (comment sont-ils arrivés jusqu’ici ?) mais aussi les intentions du cinéaste (où va-t-il déboucher ?). Mais cette ambition fonctionne à double tranchant : il y a une cérébralité dans le propos, voulue par Bertrand Bonello, qui donne trop d’importance aux logorrhées théoriques et aux digressions philosophiques. A travers les lignes, il y a la volonté de rejoindre tous ces films post-L'arrangement, de Elia Kazan, qui brodent sur le désabusement existentiel. Un genre qui se répercute de La plage, de Danny Boyle, où s’exprime la volonté de créer une société idéale basée sur une utopie avant de tourner au cauchemar, à Fight Club, de David Fincher, où les actes des personnages principaux sont ironiquement tournés en dérision par les effets tapageurs du cinéaste. Le nouveau Bertrand Bonello s’inscrit comme le pendant français de cette mouvance en prenant pour cible des personnages ayant besoin de fuir le tumulte urbain pour se ressourcer. Impossible de ne pas y voir une métaphore sur le désespoir des post-soixante-huitards qui ont perdu toutes les illusions de leurs combats juvéniles.

    Sujet passionnant, certes, mais à semi traité. Plus il avance, plus le film fonctionne de guingois et grille même ses meilleures idées, comme le personnage d’Asia Argento en grande prêtresse. Faute de maintenir l’argument jusqu’au bout, le cinéaste ne fait que proposer des balises cinéphiles entre autocitations narcissiques (le réalisateur vient de tourner un film qui s’intitule Tiresia – dont on voit d’ailleurs un extrait, les présences de Laurent Lucas et Asia Argento) et citations écrasantes (pastiches du Apocalypse Now de Francis Ford Coppola pour la dernière partie référencée ; Salo, ou les 120 journées de Sodome, de Pier Paolo Pasolini pour la création d’un univers ambigu et le plaisir des déguisements grotesques ; et du Stalker de Tarkovski pour le passeur promesse d’un nouveau monde et la quête du bonheur illusoire). En réalité, on attendait plus une vraie proposition de cinéma qu’une expérimentation arty à laquelle manque ce "quelque chose d’organique". Comme intimidé par les questionnements que ses enjeux recèlent, De la guerre continue vaillamment en roue libre, mais pour trois fois rien : la crise égotiste – que l’on peut trouver soit épuisante soit fascinante – d’un artiste en pleine révolution intérieure. Dont on attend néanmoins le prochain long métrage.

    Romain Le Vern





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    Les notes des internautes

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      Scénario
    •  
      Réalisation
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      Acteurs
    •  
      Musique

    Les meilleures critiques

    Dirk Digler 01/10/2008 à 19h45
    logAudience